Le colloque scientifique international sur la biologie et le développement organisé par la faculté des sciences et techniques de l’université des sciences, techniques et de la médecine a clôturé ses travaux mercredi soir à Nouakchott.
Des chercheurs mauritaniens et internationaux spécialisés dans différents domaines des sciences de la vie notamment ont pris part à cette rencontre.
Les participants ont discuté, deux jours durant, de nombreux exposés sur la relation entre la biologie organique et le développement et son rôle dans la promotion des économies des pays ainsi que le développement de la recherche.
Ils ont notamment souligné que nos pays traversent une phase de transition nutritionnelle à l’instar de plusieurs autres en voie de développement avec la prévalence de la malnutrition telle que l’émaciation, l’insuffisance pondérale, le retard de croissance, les carences en minéraux (notamment en fer), en vitamines (vitamine A) en coexistence avec le surpoids et l’obésité, de manière inquiétante. Une telle situation engendre des taux de diabète, d’hypertension artérielle, d’hypercholestérolémie élevés.
L’impact négatif de la malnutrition sur notre développement est important. Il conduit à la morbidité et mortalité maternelles et infantiles, entrave le développement cognitif et engendre des coûts importants de prise en charge nutritionnelle et sanitaire et diminue la productivité.
Les faibles revenus des populations, le manque d’hygiène, les mauvaises pratiques et comportements alimentaires (défaut de l’allaitement maternel exclusif), l’absence de sécurité alimentaire et nutritionnelle pour pallier à l’insuffisance de la pluviométrie sont des causes importantes.
En Mauritanie, les résultats des enquêtes menées depuis 1965 mettent en évidence l’effet de la saisonnalité sur la prévalence de la malnutrition aigue globale.
Afin d’accompagner les efforts des Etats en matière de stratégies d’interventions nutritionnelles telles que la fortification, l’éducation nutritionnelle etc.), les chercheurs sont amenés à contribuer à la valorisation des produits locaux souvent de nature nutritionnelle très qualifiée: exemple du lait de dromadaire et des poissons riches en acides gras polyinsaturés qui peuvent aussi servir comme aliments fonctionnels. Les produits de terroir et leur diversification constituent aussi des substrats pour la recherche nutritionnelle et la sécurité alimentaire. De même que l’utilisation des plantes à valeur médicinale peuvent également trouver dans la recherche une place de valorisation.
Il est fortement recommandé de décloisonner la recherche et de susciter des synergies entre les facultés des sciences et de médecine afin de mieux cerner les problèmes de nutrition appliquée et clinique.
Les débats ont également permis de mettre l’accent sur la nécessité des échanges entre les équipes de chercheurs de nos pays respectifs.
Il s’agit d’arriver à consolider la collaboration dans les domaines de la formation et de la recherche sur la nutrition et la santé et d’élaborer des projets communs de recherche dans les cadres bilatéraux et multilatéraux, entre autres les programmes méditerranéens et européens.