Les travaux du comité de pilotage du programme régional solaire relevant du CILSS ont débuté mardi dans les locaux du palais des congrès de Nouakchott.
Le programme en question vise à lutter contre la détérioration du milieu naturel par le biais de l’utilisation de l’énergie solaire et à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations dans les zones rurales en assurant leur approvisionnement en eau potable.
Le coût total de la deuxième phase du programme qui a débuté en 2002, s’élève à 79 206 541 euros dont 5 288 645 euros destinés à doter la Mauritanie de 30 réseaux d’adduction d’eau potable (AEP) et à l’optimisation de 12 AEP solaires.
La rencontre aura à débattre, durant trois jours, de sujets relatifs à la gestion des infrastructures relevant du programme après la fin de celui-ci, au rôle du secteur privé dans ce domaine et aux perspectives de l’énergie solaire dans les pays membres du CILSS.
Elle aura aussi à examiner le projet de programme pour l’année 2008 et le rapport d’activité des commissions au cours de 2006 et le premier semestre de 2007.
Dans le mot qu’il a prononcé à l’ouverture de la rencontre, le ministre de l’hydraulique, de l’énergie et des TIC, M. Oumar Ould Yaly a indiqué que "dans le monde, plus de 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et à un assainissement digne de ce nom".
Face à cette réalité, a ajouté le ministre, "la communauté internationale, dans le souci de promouvoir et de développer le secteur de l’eau et de l’assainissement, a déclaré la période 2005-2015, décennie internationale de l’eau".
M. Oumar Ould Yaly a signalé qu’en Afrique, près de 300 millions de personnes n’ont pas accès à une alimentation appropriée en eau potable et environ 313 millions de personnes n’ont pas accès à un assainissement adéquat, soulignant que "le faible accès à l’eau potable est la cause essentielle des nombreuses maladies qui affectent notre continent.
Le ministre a ajouté que "le gouvernement mauritanien s’est fixé comme priorité l’accès pour tous à l’eau potable , à l’horizon 2015". Cet ambitieux objectif s’inscrit, a-t-il dit, "dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté qui vise à améliorer les conditions de vie des populations et à doter le pays en infrastructures de base nécessaires pour un développement économique et social durable".
M. Oumar Ould Yaly a précisé que pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2015, 35 milliards d’ouguiyas ont été mobilisés.
Ce montant, a-t-il dit, permettra la réalisation de 2200 forages d’exploitation, 350 APE, 250 puits neufs et 480 réhabilitations de puits.
Pour sa part, M. Issa Martin Bikienga, secrétaire exécutif adjoint du Cilss a indiqué que le programme régional solaire est le plus grand programme-phare du CILSS dans ses Etats membres, car il contribue de façon significative, a-t-il dit, à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement.
Il a précisé qu’une première phase du programme a été exécutée de 1990 à 1998 et a permis l’installation de 610 systèmes de pompage pour l’approvisionnement en eau potable, de 16 systèmes de pompage pour l’expérimentation de la petite irrigation et de 650 systèmes communautaires pour l’éclairage et la réfrigération au bénéfice de plus de 2 millions de personnes du monde rural, précisant que l’enveloppe financière mobilisée à cet effet a été de 52 millions d’euros.
Il a ajouté que malgré les résultats fort appréciables obtenus lors de cette première phase, il demeurait toujours d’énormes besoins en eau potable non satisfaits au niveau des populations rurales des pays membres du CILSS.
Il a été alors nécessaire, a-t-il noté, d’aller dans une deuxième phase de ce programme dont la convention de financement, d’un montant de 73,14 millions d’euros a été signée le 11 mai 2001 pour une durée d’exécution de 9 ans. A terme a-t-il précisé, cette phase permettra la réalisation de 500 nouveaux systèmes d’approvisionnement en eau potable, la consolidation de 210 systèmes d’approvisionnement en eau potable et de 280 systèmes communautaires afin qu’au minimum 1 500 000 nouvelles personnes puissent accéder à l’eau potable, mener une vie saine et décente, et participer au développement économique et social de leurs pays.
De son côté, M. Géza Stammer, chargé d’affaires de la délégation européenne en Mauritanie a précisé que l’objectif principal en Mauritanie est d’améliorer la qualité de l’eau potable, pour les populations rurales vivant dans 40 localités situées dans les wilayas de l’Adrar, de l’Assaba, du Brakna, du Gorgol du Guidimakha, de l’Inchiri, du Tagant et du Trarza.
Il a ajouté que ce programme contribue à l’amélioration des conditions de vie et de santé pour plus de 40 000 mauritaniens en zone rurale".
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’agriculture et de l’élevage, M. Corera Isagha et du secrétaire général du ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des TICs.