Un reporter de l’Agence Mauritanienne d’Information qui a tenté, aujourd’hui mardi, de soutirer une information relative au volume des importations nationales en légumes, est finalement rentré bredouille à sa rédaction.
Les services compétents du port autonome de Nouakchott, dit port de l’amitié, sensés détenir cette information, semblent disposés à accueillir tous les visiteurs sauf les journalistes.
Cette attitude, déplorable, est lisible sur les visages des agents de la sécurité qui ont empêché, à contre cœur, le reporter d’accéder à la direction du port en application stricte des instructions de leurs chefs hiérarchiques.
Cet acte regrettable, est anticonstitutionnel dans la mesure où la loi de la presse de juillet 2006 énonce que l’accès à l’information est un droit garanti au journaliste.
Il est aussi clair que l’ère de la censure est révolue dans notre pays car la circulaire du premier ministre en date du 30 Septembre exprime l’attachement des nouvelles autorités à la liberté de la presse. Elle invite même tous les départements à prendre les dispositions nécessaires pour faciliter aux journalistes l’accès à l’information. Mieux encore, la circulaire convie les départements à anticiper les besoins que le journaliste pourrait avoir par la confection de dossiers actualisés.
Contacté à ce sujet par l’AMI, le directeur de la presse écrite M. Mohamed El Moctar Ould Mohamed Lemine a indiqué que les textes sont clairs et que le droit d’accès à l’information est garanti au journaliste.
Il a ajouté que les autorités ont toujours exprimé leur attachement à la liberté de la presse et à créer les conditions favorables à son épanouissement.
Ould Mohamed Lemine a précisé, dans ce cadre, que des point focaux sont en phase d’installation au niveau des ministères et serviront de relais pour donner les informations.
Il a enfin dit que des cas de difficultés d’accès à l’information sont de temps en temps signalés invitant les journalistes à davantage de patience et de labeur pour surmonter ce genre de contraintes.
Le directeur du département arabe de l’AMI M. Abdellahi Ould Seyid a indiqué qu’il est inconcevable que les difficultés d’accès à l’information persistent encore alors que les hautes sphères de l’Etat ont réuni les conditions favorables à la liberté de la presse et à son épanouissement.
Il a invité les sources de l’information à accompagner les changements réalisés par les nouvelles autorités du pays et à collaborer avec les journalistes afin que ces derniers puissent jouer convenablement leur rôle dans le développement du pays.
Le problème d’accès aux sources de l’information se pose avec plus d’acuité aux confrères de la presse indépendante. M. Isselmou Ould El Moustapha, directeur de publication du journal "Tahalil" a indiqué que les points focaux au niveau des ministères ne sont plus opérationnels et que l’accès à l’information n’est désormais possible qu’à travers les relations personnelles qui influent directement sur l’objectivité de l’information. Il a déploré le manque d’interlocuteurs au niveau des services de la sécurité.
Le rédacteur en chef du journal "Nouakchott info", M .Mohamed Ould Khattat a, lui, soutenu que les rapports entre la presse et l’administration ont toujours été tendus du fait de la rétention de l’information par celle-ci. Il a proposé dans ce cadre l’organisation de séminaires à l’intention de responsables de l’administration pour développer chez eux une prise de conscience de la nécessité de donner l’information exacte et à temps aux journalistes.
Le comportement de certains responsables de l’administration vis à vis de la presse en dit long sur le constat fait par le premier ministre lors de sa visite récente au département de l’emploi quand il a dit que certains établissements publics n’appliquent pas les instructions du gouvernement visant à traduire dans les faits les changements attendus.