Atelier de présentation des résultats du rapport sur la carte des risques de corruption dans la commande publique
L’Autorité de régulation des marchés publics, en collaboration avec l’Inspection générale d’Etat, a organisé, mardi, à Nouakchott, un atelier de présentation du rapport sur la carte des risques de corruption dans la commande publique.
Cet atelier vise deux objectifs principaux : le premier est de présenter les résultats de cette carte à tous les acteurs concernés, tandis que le second est d’ouvrir une discussion participative sur les recommandations pratiques à adopter afin d’améliorer la gestion des risques et de renforcer les capacités institutionnelles dans ce domaine vital.
Les résultats de cette carte constituent un cadre institutionnel et sont le fruit d’une étude rigoureuse, systématique et participative menée par l’autorité des marchés publics avec l’appui d’un bureau d’expertise et en consultation avec toutes les parties prenantes du système des marchés publics.
Dans un discours prononcé à cette occasion, Mme Khadija Bouka, présidente du Conseil de l’Autorité de régulation des marchés publics, a expliqué que l’Autorité, en tant qu’organe indépendant chargé de réguler ce domaine, a œuvré à la conduite de ce projet stratégique, en étroite collaboration avec l’Inspection générale de l’État, les organes de régulation, les autorités contractantes, les acteurs économiques, la société civile, les organisations professionnelles et les différentes parties prenantes.
Elle a ajouté que le système des marchés publics reste vulnérable à de multiples risques – juridiques, financiers, techniques, sociaux et environnementaux – qui peuvent affecter négativement la qualité de la mise en œuvre des projets, entraîner des dépassements de coûts, des retards dans l’achèvement, et même affaiblir la confiance des citoyens dans le travail accompli.
Ce travail a abouti à une analyse complète des différentes étapes du cycle des marchés publics, depuis l’identification des besoins jusqu’à l’exécution des contrats. Ainsi, 41 risques à cet égard ont été passés au crible et identifiés en les classant selon leur nature (stratégique, opérationnelle, financière ou organisationnelle), sur la base du degré de gravité, de la probabilité d’occurrence et du niveau de contrôle.
Les résultats ont montré qu’environ 85 % de ces risques sont considérés comme des risques majeurs ou hautement prioritaires, ce qui souligne l’urgence de prendre des mesures préventives et urgentes.
L’inspecteur général de l’État, M. Sidi Mohamed Ould Cheikh Ould Boida, a déclaré que ce plan vise à préparer des cartes précises des risques de corruption dans un certain nombre de secteurs prioritaires en tant qu’outils scientifiques et méthodologiques clairs et transparents qui contribuent à la compréhension des défis, à l’identification des défauts et à l’orientation des efforts de prévention et de réforme sur la base de critères et de normes spécifiques.
Il a souligné que les marchés publics sont au premier rang des fonctions publiques, en raison de leur importance stratégique et de leur volume financier important, ainsi que de la multiplicité des acteurs et de la diversité des intérêts, ce qui en fait l’un des domaines les plus vulnérables aux risques de corruption ; ce qui fait de la préparation d’une carte des risques une étape proactive très importante dans le processus de promotion de l’intégrité et de prévention de la corruption, notant que cette carte a été préparée par des experts spécialisés sous la supervision de l’Autorité de régulation des marchés publics, ce qui constitue la première pierre de l’édifice d’un système intégré de diagnostic des risques et de renforcement de la transparence dans cette fonction vitale.
L’atelier s’est tenu en présence du Conseiller du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances, M. Mohamed Lemine Ould Hamadi, du Président de la Commission Nationale de Contrôle des Marchés Publics, M. Mohamed Ould Cheine, et de plusieurs membres et agents de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics.