En collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le programme national de lutte contre le tabac a organisé mercredi au Sénat une journée de sensibilisation au profit des sénateurs sur les méfaits du tabac.
L’organisation de cette journée vise à sensibiliser et à mobiliser les sénateurs sur les méfaits du tabac sur la santé ainsi qu’à les inciter à prendre des mesures pratiques en vue de l’application de la convention cadre de lutte contre le tabac de l’OMS, qui est entrée en vigueur depuis 2005.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le ministre de la santé, Dr Cheikh Moctar Ould Horma Ould Bebana a indiqué que l’utilisation du tabac est l’un des plus grands défis actuels et anciens de l’humanité dans le domaine de la santé publique, précisant que le tabac tue annuellement plus de 5 millions de personnes et la moitié de ses actuels consommateurs sont dans leurs derniers jours en raison de leur affection par des maladies liés au tabac.
Le ministre a indiqué que dans le cadre de la lutte contre le tabac, son département a pris un certain nombre de mesures, dont la plus importante est la ratification de la convention cadre de l’OMS pour la lutte contre le tabac entrée en vigueur depuis 2005.
Il a évoqué également parmi ces mesures la diffusion d’une circulaire portant interdiction de fumer dans les locaux du ministère de la santé et dans tous les établissements sanitaires publics et privés, ainsi que l’appui des ONG actives dans le domaine de la lutte contre le tabac.
Le ministre a ajouté également que son département a organisé plusieurs campagnes de sensibilisation destinées au public, aux parlementaires, élèves, professionnels de la santé, instituteurs et journalistes sur les méfaits du tabac, précisant que fumer est devenu un problème pour la santé publique, en raison de la prolifération des complications consécutives à la consommation du tabac, comme les crises cardiaques, les accidents cardiovasculaires et artériels ainsi que les affections respiratoires mortelles en plus de ses impacts économiques et environnementaux.
Il a appelé les parlementaires à oeuvrer pour la prise de mesures destinées à relever les taxes sur l’importation des cigarettes et à favoriser l’éducation, la communication, la formation et la sensibilisation des citoyens sur les méfaits de l’utilisation du tabac et les risques de celui-ci dans les lieux publics.
Il a appelé aussi à l’application de règles portant sur la limitation des publicités en faveur de ce produit dangereux ainsi que sur la prohibition de la commercialisation illégale du tabagisme et l’interdiction de sa vente par ou aux mineurs.
Prenant à son tour la parole, le Représentant de l’OMS en Mauritanie, Dr Jean Pierre Baptiste a indiqué que le tabac tue, entraîne la mort entre un tiers et la moitié de ceux qui l’utilisent et qu’il est la principale cause de décès évitable dans le monde, soulignant également que ” le tabac est le seul produit, qui bien qu’étant reconnu mortel est vendu légalement, au vu et au su de tout le monde.
Evoquant le tabac en Mauritanie, le Représentant de l’OMS a indiqué qu’au niveau de notre pays les enquêtes les plus récentes montrent que prés de 18% de la population fument régulièrement un des composants du tabac, précisant que d’autres investigations faites en 2009 en milieu scolaire indiquent que 70% des jeunes ont touché la cigarette. Ce qui, selon lui, signifie que la prévalence tabagique est en nette augmentation, soulignant que la même enquête avait révélé une grande tolérance sociale vis-à-vis du tabac, ajoutant également que ” le tabac en Mauritanie est disponible et facile d’accès “.
A propos des efforts publics, il a évoqué un début de riposte qui, selon lui, commence à se mettre en place petit à petit depuis que la Mauritanie a ratifié la convention cadre de l’OMS de lutte contre le tabac en 2005, citant dans ce cadre l’organisation de campagnes de sensibilisation et les initiatives prises, notamment par le ministère de la santé qui a rendu publique une circulaire interdisant la fumée dans les établissements sanitaires.
Dr Jean Pierre Baptiste souligné que ” cet effort est certes important, mais il est nécessaire pour la Mauritanie d’adopter cette législation anti tabac afin d’élaborer des politiques appropriées pour prévenir et réduire la consommation de tabac et l’exposition à la fumée du tabac, ainsi qu’à réduire l’offre et la demande de tabac “.
Et d’ajouter que ces politiques ne devant pas être influencées par les intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac, l’OMS sollicite aujourd’hui l’appui mauritanien dans cette lutte et lance un appel pressant pour faciliter l’adoption de cette législation forte qui, selon lui, protège
” nos enfants contre les méfaits du tabac “.