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Le sénat adopte le projet de loi relatif à l’aide publique à la presse privée

Le sénat a adopté mardi le projet de loi relatif à l’aide publique à la presse privée.
Les sénateurs ont discuté au cours de la séance plénière présidée par M. Ba Mamadou dit M’Baré, président du sénat et en présence du ministre de la communication et des relations avec le parlement Me Hamdi Ould Mahjoub, ledit projet de loi.
Ils ont considéré ce projet comme étant indispensable dans l’avènement d’une presse professionnelle et innovante, insistant avant à la nécessité de définir au préalable la mission du journaliste et à permettre à celui-ci de faire preuve d’objectivité dans le traitement des informations, en particulier celles qui se rapportent à l’unité nationale et au tissu social.
Les sénateurs ont appelé également à permettre aux journalistes l’accès aux sources d’information et à faciliter la publication de ses informations, conformément aux critères en la matière.
Après les interventions des sénateurs, le président de cette chambre parlementaire a donné la parole au ministre de la communication et des relations avec le parlement qui a indiqué que ce projet de loi intervient pour enraciner les valeurs démocratiques, pour soutenir et consolider l’ouverture politique et médiatique, soulignant qu’il vise également à favoriser la naissance d’une presse indépendante, laborieuse, objective et apte à contribuer de manière active au renforcement du développement économique et social du pays.
Le ministre a loué l’important rôle joué par la presse dans l’enracinement des valeurs démocratiques dans les pays du monde, soulignant qu’il est des responsabilités de la presse de permettre l’accès à l’information et sa communication à l’opinion de manière à permettre au citoyen d’être informé des affaires publiques dans tous les secteurs.
Il a considéré aussi que le projet revêt une importance considérable, puisqu’il pose des critères objectifs dans la distribution de l’aide publique à la presse privée, ajoutant qu’il contribue, par ailleurs, à rationaliser les ressources de l’Etat, puisque ledit projet autorise la création d’institutions d’édition véritables suivant des critères bien définis. ” Ce qui aura des répercussions positives sur la qualité, l’objectivité et la crédibilité de l’information, contrairement à la conduite anarchique et désordonnée qui régnait auparavant et qui permettait à n’importe qui de lancer un journal, a-t-il dit. Le ministre a en outre regretté l’état dans lequel se trouvait la presse privée, état qui a conduit “à des conséquences déplorables aussi bien pour les informations publiées que pour le lourd fardeau supporté par l’Etat à travers l’imprimerie nationale, qui s’est trouvée dans l’obligation d’éditer 229 publications en 2009 et 237 en 2010 “, a- t-il dit.
Le ministre de la communication et des relations avec le parlement a répondu par la suite aux questions soulevées par certains sénateurs, indiquant que l’aide visée par ce projet de loi est destinée aux publications qui ont réussi à se fusionner à créer des institutions réelles de presse capables de contribuer activement à l’éclairage de l’opinion publique.
A propos de la gestion de cette aide, le ministre a précisé qu’elle s’effectuera sous la supervision de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), en partenariat avec tous les autres secteurs concernés, soulignant que le département de tutelle étudie la possibilité d’organiser des ateliers de formation au profit des journalistes.
Me Hamdi Ould Mahjoub a répondu également à l’intervention d’ un sénateur qui a affirmé que les organes officiels de presse ne s’ouvrent pas aux opinions de tous les acteurs et que leurs employés souffrent de la faiblesse des salaires et de l’insuffisance des moyens de travail.
A ce propos, le ministre a précisé qu’ ” une réforme globale est difficile à réaliser dans un laps de temps très court, particulièrement pour un pays qui a connu un cumul de gestions anarchiques pendant des décennies, ce qui s’est négativement répercuté sur toutes les affaires du pays “.
Il a poursuivi en indiquant que ces réformes ont effectivement commencé et qu’elles seront généralisées à tous les niveaux du département, soulignant que le présent projet de loi soumis à l’examen des sénateurs est une preuve irréfutable de cet assainissement précédé, par ailleurs, par d’autres mesures allant dans le même sens.
Le ministre a précisé également que les ressources humaines bénéficieront dans ce cadre de la priorité, aussi bien sur le plan matériel que moral.
A propos de la couverture des organes publics d’information de certaines activités et leur refus de la couverture d’autres, le ministre a indiqué qu’il y a lieu de présenter les preuves qui attestent ces affirmations, indiquant que ce dont il ne doute pas, c’est que toute activité signalée par ses initiateurs par lettre adressée au ministère de la tutelle pour des fins de couverture, sera couverte qu’elle émane de l’opposition ou de la majorité.
Concernant l’exemplarité dans les informations présentées par les médias publics, le ministre a indiqué que personne ne s’en réjouit, rappelant qu’aussi bien les autorités publiques, en premier lieu le Président de la République, ne sont pas satisfaites de la qualité de l’information produite par ces médias officiel. Il a ajouté que les efforts se poursuivent promouvoir ce secteur et le rendre plus performant.
Notons enfin que le président du Sénat a appelé les sénateurs au début de l’ouverture de la séancen plénière à se lever et à faire la lecture de la ” Fatiha ” à la mémoire du gendarme martyr tombé sur le champ de bataille lors de la poursuite, récemment, des forces armées et de sécurité de terroristes.

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