Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a reçu en audience lundi matin au Palais présidentiel, M. Henry De Raincourt, ministre français de la Coopération, en visite actuellement en Mauritanie.
A sa sortie d’audience le ministre français a fait la déclaration suivante à l’AMI:
“Effectivement, à l’occasion de mon déplacement ici, à Nouakchott et en Mauritanie, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a accepté de me recevoir. Je voudrais exprimer toute ma gratitude pour sa disponibilité pour cet entretien au cours duquel nous avons pu échanger sur tous les grands sujets qui font l’actualité mais aussi qui font la spécificité des relations entre la Mauritanie et la France.
Ces grands sujets, qui occupent tous les cœurs et tous les esprits, sont la sécurité des habitants, la sécurité des communautés étrangères qui peuvent être ici pour travailler ou résider ou être de passage. Il s’agit de voir comment on peut, sur un plan international, coordonner tous nos efforts pour, vraiment, éradiquer ce cancer qui ronge nos sociétés qui est le terrorisme aveugle, barbare. Donc, il faut beaucoup d’efforts, de courage mais aussi beaucoup de ténacité et de constance dans cet effort.
Le Président de la République française a souhaité que l’on puisse exprimer au Président de la République mauritanienne toute la reconnaissance de notre pays pour le travail accompli par les forces armées mauritaniennes pour véritablement faire en sorte que cette région du Sahel retrouve la paix et la stabilité.
C’était un message dont le Président m’avait chargé de transmettre au Président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Nous avons, aussi, évoqué la mission qui a été confiée, récemment, lors du sommet de l’Union Africaine, par les chefs d’Etat du continent à cinq d'”entre eux dont le Président de la Mauritanie pour contribuer à dénouer la situation en Côte d’Ivoire, qui n’a que trop duré. Je rappelle que l’Union Africaine a bien confirmé qu’il n’y avait qu’un seul élu en Côte d’Ivoire à la suite de la mise en œuvre d’un processus électoral porté par la communauté internationale et accepté par les candidats aux élections présidentielles.
En Côte d’Ivoire, le président élu est le Président Ouatara. Véritablement maintenant, je pense que le terme doit être le plus proche possible pour qu’une solution définitive puisse être trouvée pour sortir de cet imbroglio. Si tel n’est pas le cas, c’est le peuple ivoirien, d’abord, qui sera victime de cette situation tout à fait inadmissible.
Deuxièmement, compte tenu du rôle et du poids de la Côte d’Ivoire dans la région, ce sont tous les pays avec lesquels elle entretient des liens qui en pâtiront également. Nous avons donc échangé et nous avons dit toute la confiance que nous faisions à cette mission des cinq chefs d’Etat et tout particulièrement, à la présence du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, en son sein.
Nous avons aussi parlé du prolongement du discours du Président de la République française à Addis-Abeba, dimanche dernier, de toutes les grandes questions qui sont sur la table du G8 et du G20 qui intéressent tout particulièrement le continent africain, que se soit la gouvernance mondiale, la stabilité des prix, la sécurité alimentaire, toutes les questions de santé, de défense, du climat aussi, et que nous avons besoin de cette problématique des nouveaux financements, ce que nous appelons des financements innovants.
J’ai rappelé au Président de la République que la France souhaitait ardemment que l’Afrique soit concernée au premier plan par la mise en place de ces possibilités financières nouvelles pour répondre à ses besoins de financements nouveaux et que l’Afrique se mobilise et, en quelque sorte, affirme collectivement, si possible unanimement, la nécessité absolue qu’il y a à mettre en place des financements innovants. Cela remettrait un poids politique, sans doute déterminant, pour arriver à convaincre les pays qui sont aujourd’hui, encore récalcitrants.
Nous avons évoqué, comme nous l’avions fait hier avec le ministre des affaires économiques et du Développement, la coopération française dans tous ces aspects. Au fil des ans, elle s’est déployée et s’est renforcée. Nous avons fait le constat qu’effectivement les choses concrètes avaient été faites et plutôt bien faites, que nous devions, naturellement, poursuivre parce qu’on partage une même vision de l’avenir du continent africain.
Aujourd’hui, à peine un milliard d’habitants, en 2050, deux milliards d’habitants ; c’est donc maintenant qu’il faut se préparer par des politiques hardies et multiformes de développement appliquées à l’Afrique pour pouvoir répondre aux besoins de cette population plus nombreuse des décennies qui viennent.
C’est maintenant qu’il faut accélérer la cadence de ces politiques de développement.
Voila les sujets qui sont divers mais qui sont tous très importants, non seulement pour l’avenir de l’Afrique mais également pour l’avenir de toute la planète et singulièrement du continent européen. Je crois, à cet égard, que l’actualité des relations qui peuvent exister entre la Mauritanie et la France sont un gage positif pour la réussite d’une vision qui nous est commune, au service des habitants, qu’ils soient mauritaniens, français au d’autres; un espoir qui nous est commun et une volonté de servir l’intérêt général”.
En réponse à une question sur la coopération, le ministre français a indiqué que cette dernière existe déjà entre la France et différents pays du secteurs concerné sur la plan de la sécurité proprement dite, sur la plan militaire également. Chacun connait, a t-il poursuivi, l’appui que la France peut apporter à des pays, s’ils le souhaitent, dans des domaines comme ceux-ci. La France, a-t-il ajouté, est au service des pays, s’ils se manifestent ou s’ils en expriment le désir. Chaque pays a ses spécificités et les besoins des uns ne sont pas transposables aux autres, a expliqué M. Raincourt, notant que “la France est dans un partenariat d’égal à égal dans le respect total de la liberté, de la démocratie et de l’indépendance des Etats, et reste à leur disposition pour leur faire bénéficier, quand elle le peut, de son expertise, par son soutien logistique”. “La France n’impose rien, la France est à la disposition”, a-t-il conclu.
L’audience s’est déroulée en présence de M. Sidi Ould Tah, ministre des Affaires Economiques et du Développement, et de M. Michel Vandepoorter, ambassadeur de France en Mauritanie.