L'AMI

Ateliers de réparation automobile entre l’impératif de la nécessité et les nombreux dégâts collatéraux

Le métier de mécanicien automobile connaît une popularité et une affluence grandissantes depuis les années 2000, en raison de l’expansion et de la forte densité démographique de Nouakchott. Il en a résulté l’augmentation du cycle économique, y compris, bien sûr, l’augmentation de l’importation de voitures d’occasion ainsi que des pièces de rechange. Par conséquent, le secteur des transports publics a connu un essor, d’où la prolifération des garages de réparation et ceux de démantèlement des véhicules obsolètes. Tout cela s’est fait en l’absence de réglementation de telles activités.

La moughataa du Ksar abrite la majorité ateliers de Nouakchott et des magasins de vente de pièces de rechange, si bien que le quartier été abandonné par la quasi-totalité de ses premiers habitants, qui ont fini par vendre leurs maisons ou les louer, à cause des désagréments de la propagation des garages, des ateliers de soudure, de tôlerie-peinture et de démantèlement des véhicules usagés.

Autant d’activités salissantes et polluantes qui ont porté préjudice à l’aspect de la ville, à cause des déchets, des émanations liquides, gazeuses et solides qui en résultent tout au long de la journée.

Pour recueillir les avis des gens concernés par le sujet, l’Agence Mauritanienne d’Information a tenu une réunion avec le maire du Ksar, Mohamed Saleck Ould Ammar. L’édile du plus ancien quartier de la capitale mauritanienne a évoqué l’expérience de sa commune en matière domaine d’assainissement et de la nécessité urgente de répondre à la demande répétée de la mairie qui ne cesse d’appeler à résoudre ce problème.

Le maire dit apprécier la compréhension et la patience des habitants du Ksar, particulièrement par rapport à la mise en place d’un espace propre, dit-il en s’excusant du retard des travaux par rapport au rythme antérieur.

Il a ajouté que des efforts doivent être fournis pour réussir l’opération d’assainissement du Ksar, assurant aux habitants de la commune qu’il ne ménagera pour rendre à la zone son aspect d’antan et la préserver autant que possible des préjudices causés par les garages et les activités connexes.

Il a souligné que l’organisation du secteur informel est d’autant plus primordiale et urgente, que la commune a une vision claire à ce sujet, à savoir que la responsabilité de l’assainissement des moughataas devrait revenir incomber aux communes qui devraient être dotées des moyens pour ce faire. Le processus de nettoyage devrait inclure tous les quartiers de la commune, y compris les garages d’automobiles.

Il a ajouté que la première phase de nettoyage de certaines rues dans le cadre du programme “place propre” était partielle car nombre de rues n’étaient pas couvertes par le nettoyage, soulignant que “l’entreprise de nettoyage travaille toujours en dessous du niveau requis”.

Le maire a souligné que la commune a élaboré en début d’année une les travailleurs du secteur, en vertu d’une entente avec une entreprise privée qui nouvelle stratégie basée sur la connaissance de tous fournira deux grues et la mairie adoptera une nouvelle méthodologie dans le traitement de la place propre. Ainsi donc, la commune fournira du travail aux résidents afin de marcher sur elle et de l’utiliser pour nettoyer le reste des quartiers de la municipalité.

En ce qui concerne les travailleurs étrangers, le maire a précisé qu’il procèdera à l’organisation du secteur en procédant au recensement des mécaniques et des effectifs d’employés des différentes nationalités.

Il a ajouté que la majorité de ces gens travaillent dans la rue et que tout atelier doit être enregistré dans le système municipal. Il a indiqué que l’idée d’une place propre doit être mise en œuvre telle quelle en informant les habitants des zones concernées de ses modalités, en coordination avec les riverains et en impliquant les organisations de la société civile.

Il a souligné que 30% des garagistes ont déménagé vers l’ancien aéroport. Il estime qu’il est erroné de considérer la commune non responsable du nettoyage de la ville qui devrait lui être dévolu.

La commune s’emploie à trouver une place modèle dans un court laps de temps, pour en faire un modèle. Un tel processus ne peut être affectif que si la propreté est la compétence de la commune dont l’expérience en matière de propreté n’est plus à démontrer.

Le problème des garages est dû au fait que le nettoyage n’est pas de la compétence de la commune. Aussi demande-t-il aux autorités d’examiner cette question et de réfléchir à la dévolution de la responsabilité de la propreté à la commune afin de surmonter la confusion, le laxisme et le statu quo ante.

Le maire a ajouté que même si la commune n’a aucune responsabilité en matière de propreté, nous avons répondons toujours aux besoins de la population et nous affirmons notre engagement total pour la propreté de la commune.

En ce qui concerne les mesures prises pour faire face à la pandémie de Covid 19, le maire affirme que la commune est proactive dans la mise en place d’un programme clair à ce sujet, dans la mesure où de nombreuses équipes de sensibilisation ont été formées et dotées de voitures munies de haut-parleurs pour sensibiliser les gens, leurs distribuer des masques, des produits de désinfection et les avertir contre les dangers de la pandémie.

Le maire a souligné que les trois centres de santé de la moughataa sont pleins à craquer. Du coup, la mairie a récemment réhabilité et inauguré le point de santé qui était hors d’usage depuis des années dans la zone sud de la Socogim à cause du niveau élevé de l’eau. Il a affirmé que l’accent est mis sur la préparation d’une place propre devant servir de modèle à suivre et à dupliquer, de manière à faciliter le travail de l’entreprise contractuelle pour nettoyer la moughataa de la saleté, du sable sale et enlever les carcasses de voitures.

Mohamed Maarouf, directeur d’une société de commerce et de prestations de services, a déclaré que son entreprise a signé un accord avec la commune du Ksar pour prendre en charge la propreté de la moughataa, notamment l’enlèvement de la saleté, le transport des voitures hors d’usage endommagés et en perpétuel stationnement dans la rue vers les hangars de l’entreprise destinés à cette fin. Le directeur a dit que les travaux ont commencé à travers une vaste campagne de sensibilisation des garagistes et des familles victimes de la pollution, afin d’expliquer les objectifs de la société et sa volonté de coopérer avec tous les acteurs locaux.

Il a ajouté que le travail de l’entreprise n’a pas commencé de façon sérieuse et permanente dans l’attente de l’arrivée de certains équipements spéciaux de haute qualité, notamment des voitures de transport de la saleté, des grues modernes pour l’enlèvement des véhicules vétustes, endommagés ou encore garés sur la voir publique.

Le directeur de la société privée a souligné que l’entreprise a adopté dans son plan d’action la construction d’une place propre qui constituera une zone spéciale de la moughataa. Dans un premier temps, l’entreprise se concentrera sur la propreté de cette zone. Tous les garages situés en face des maisons et dans la rue seront déplacés, le sol sera couvert de sable propre. Cette place propre servira de modèle.

Pour sa part, Mohamed Lemine Ould Mohamed Bilobari, garagiste au Ksar, a dit qu’il est spécialiste des voitures Toyota, qualifié du Centre de formation technique à Nouakchott promotion 2001, soulignant. Il emploie des travailleurs dans son garage, qui lui rapporte des revenus insuffisants en comparaison des exigences de la vie et aux coûts élevés des biens de consommation indispensables. Il a ajouté que ce secteur est essentiel pour l’économie et contribue à l’absorption du chômage s’il est organisé et déplacé de cet endroit. Il demande à l’État de le soutenir.

Mohamed Saleck Lemana, investisseur dans la vente de pièces détachées, a souligné l’importance du secteur, son rôle économique, son impact et sa contribution significative à l’absorption du chômage. Il a déclaré être responsable d’un certain nombre de garages de réparation automobile qui emploient 20 personnes, dont des étrangers maliens et sénégalais, en raison de la réticence des citoyens à travailler dans le secteur malgré sa rentabilité financière. Il a affirmé que tous aspirent à ce que l’État réglemente le secteur et déplace les garages et les ateliers mécaniques et apparentés vers un autre endroit, aménagé selon les méthodes modernes où toutes les exigences du travail moderne sont disponibles.

Il a relevé que les garagistes sont conscients des dommages et risques pour les riverains, précisant le démantèlement de voitures volées dans le but de les revendre sous forme de pièce détachées est devenu quasi-impossible, dans la mesure où le démontage des véhicules est soumis à une autorisation préalable et à l’identification de la voiture qui en est l’objet.

Taleb Sidi, client venu réparer sa voiture, a dit que ce secteur est important, mais manque d’organisation et devrait être déplacé à l’extérieur de la ville.

Abdi Ould Abdi, autre client qui a également conduit sa voiture pour réparation, a déclaré que l’endroit est devenu étroit, insalubre et impropre pour toute activité professionnelle, si bien qu’il devrait être déplacé loin des quartiers résidentiels.

Quoi qu’il en soit, les efforts des autorités municipales en matière de propreté de l’espace communal ne peuvent apporter rien de nouveau à moins que toutes les personnes impliquées dans le processus, y compris les riverains, les organisations de la société civile, les garagistes et les mécaniciens, aient la volonté d’atteindre l’objectif souhaité. Il convient de savoir harmoniser le maintien de l’activité économique avec les exigences d’hygiène, de propreté et d’assainissement, en raison des répercussions sur la santé et la préservation de l’aspect avenant de la ville.

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