L'AMI

Les partenaires réitèrent leur appui au G5 Sahel

Dans son allocution devant la sixième session de la conférence au sommet du G5 Sahel, le ministre français des affaires étrangères et de l’Europe, M. Jean- Yves Le Drian, a indiqué que la communauté internationale a pris la mesure de la gravité de la situation et répondu aux appels du G5 Sahel, peut-être pas de manière suffisante mais des efforts importants ont été consentis. Il convient de rappeler l’affirmation de l’autorité dans le nord Mali avec le redéploiement de l’armée reconstituée avec le soutien de la MINUSMA, en particulier à Kidal.

Voici le texte de cette intervention :

« Je suis très heureux d’être ici à vos côtés pour ce sixième sommet du G5 Sahel ici à Nouakchott, je remercie le président Kaboré pour son invitation et je remercie le président Ghazouani pour son accueil.

Le G5 Sahel été fondé ici en février 2014. Six ans, nous avons fait face à des menaces sans cesse renouvelées pour nous, la violence extrême intensifiée a fait des milliers de morts, des déplacés et des réfugiés sur la route de l’exil. Mais tout au long de ces années des Etats ont tenu, oui vous avez su le faire et le G5 doit de se définir, se construire et se renforcer.

En six ans, la communauté internationale a pris la mesure de la gravité de la situation. Elle a répondu à vos appels, peut être pas de la manière suffisante encore, c’est parfois votre frustration. On ne peut nier le chemin parcouru et les efforts consentis pour la mise en place de la force du G5 Sahel et le développement dans le Sahel. Je vous rejoins pour dire qu’un sursaut de mobilisation et de priorisation est nécessaire, c’était tout l’objet de la réunion qui s’est tenue à Pau le 13 janvier dernier, qui a permis aux chefs d’Etats du G5 Sahel, au Président français Emmanuel Macron de lancer ensemble, en présence des présidents de la Commission africaine, du Conseil européen, du Secrétaire général des Nations Unies, de la secrétaire générale de la francophonie, de lancer ensemble une nouvelle coalition pour le Sahel. Et la première tâche de cette coalition c’est de renforcer la synergie des quatre piliers de notre action conjointe ; l’action militaire, le renforcement des capacités des quatre armées des pays du G5, le retour de l’Etat à son projet de gouvernance et d’appui à la sécurité intérieure, à l’administration régalienne et la stabilisation de nos efforts.

Depuis le 13 janvier, des efforts importants ont eu lieu. En un mois, il convient de le rappeler ici, l’affirmation de l’autorité dans le nord avec le redéploiement de l’armée reconstituée avec le soutien de la MINUSMA, en particulier à Kidal, la reconstitution de l’état-major conjoint rassemblant Barkhane, le G5 Sahel, les Forces nationales à Niamey, le déploiement prévu d’un bataillon tchadien dans la zone des trois frontières, la livraison de tous les équipements militaires promis par l’Union Européenne, la mise en œuvre à la demande du Mali et du G5, des forces spéciales européennes dans le cadre de la plateforme de la Task force « Takouba ». Je pense au projet européen pour l’extension géographique et le renforcement de la mission de la formation militaire qu’elle a déjà initiée au Mali.

Je pense à mon pays, la France qui a déjà initié sur la décision du Président Macron, le renforcement, par 600 soldas supplémentaires de la Force Barkhane.

Le 26 mars prochain, un sommet organisé à Bruxelles par le président du Conseil européen, Charles Michel, permettra aux chefs d’Etats du G5 et de l’Union Européenne de réfléchir ensemble sur les voies et moyens d’aller encore plus loin sur le chemin de la concertation. Ce sera encore un moment important pour continuer à avancer ensemble dans notre coalition.

Les armes, à elles seules, ne suffiront pas pour venir à bout du terrorisme, en tout cas pas dénaturer, il faut aussi répondre aux besoins des populations dans leurs frustrations et parfois leur désespoir pour éliminer le terrorisme. C’est le sens du partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel lancé à l’initiative du Président de la République et de la chancelière allemande.

Nous comptons donc sur un dialogue régulier avec vos gouvernements pour partager notre identification des besoins prioritaires et pour lever les blocages.

A l’issue de cette assemblée de L’Allinace Sahel, nous allons avoir de précisions sur les zones de crise et les besoins les plus urgents pour la stabilisation et le développement rapide de la région du Sahel.

Il y a en effet urgence, dans certaines régions, à passer à des modalités d’engagement nouvelles.

Je suis convaincu que notre action commune donnera ses fruits. Les jihadistes cherchent encore à nous désunir à nous confiner dans notre résignation, autant de raisons supplémentaires pour unir nos efforts pour mettre en échec ces terroristes ».

La ministre espagnole des Affaires étrangères, chargée de Affaires de l’Union européenne et de la Coopération a réitéré l’appui de son pays au G5 Sahel et assuré de son accompagnement de ses actions et programmes de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent, du crime transfrontalier et du trafic des êtres humains.

Elle a souligné la corrélation entre la sécurité et le développement, affirmant que l’action militaire doit être nécessairement accompagnée par des réponses aux besoins des populations et à leur aspiration à une vie décente.

Lui succédant, M. Ahmed Ali Sayigh, ministre d’État des Émirats Arabes Unis, a félicité le Président de la République pour la chaleur de l’accueil et la qualité d’organisation du sommet, réaffirmant la disponibilité de son pays à poursuivre son appui aux pays du G5 Sahel dans leur lutte contre le terrorisme et au renforcement des fondements d’un développement durable dans la région.

Ensuite, le président de la Commission de l’Union Africaine et les représentants de l’Italie, de l’ONU, de l’Union Européenne et de la Banque Mondiale ont fait des interventions dans lesquelles, ils ont mis l’accent sur la nécessité de conjuguer les efforts pour lever toutes les contraintes sécuritaires et de développement auxquelles le Sahel fait face, assurant de l’appui de leurs Etats et institutions.

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