Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et des Relations avec le Parlement, Porte-parole officiel du Gouvernement, Dr Mohamed Lemine Ould Cheikh, a commenté jeudi soir à Nouakchott les résultats du Conseil des ministres.
Le ministre a indiqué que le Conseil a examiné et adopté un ensemble de projets de décrets et de communications dont un projet de décret portant application de la loi n°2018.33 du 08 août 2018 abrogeant et remplaçant la loi n°2010.007 du 20 janvier 2010 portant Statut de la Police Nationale.
En réponse à une question sur la position du gouvernement concernant la mesure interdisant l’inscription à l’université des étudiants dont l’âge atteint 25 ans, le ministre a souligné que cette position a été exprimée par le ministre de l’Education nationale la semaine dernière, rappelant que les inscriptions sont ouvertes à tous les bacheliers et que ces derniers seront inscrits dans les institutions de l’enseignement supérieur, mais suivant le classement de priorités fixées par le ministère.
Il a souligné que la priorité des inscriptions sera donnée aux étudiants les plus méritants et il sera également tenu compte de l’âge, ajoutant que finalement tous les bacheliers seront inscrits à l’exception de quelques fonctionnaires de l’Etat relevant de la fonction publique.
A ce sujet, il a dévoilé l’existence d’instructions présidentielles ordonnant l’absorption des détenteurs du diplôme du baccalauréat par les institutions d’enseignement supérieur et professionnel, ajoutant que cela sera fait suivant un plan bien défini.
Le porte- parole officiel du Gouvernement a précisé que la situation économique internationale a été marquée par la stabilisation de la croissance en 2018 autour de 3,5% et il est prévu que cet état de chose persiste en 2019 et ce, en dépit de craintes majeures consécutives aux doutes entourant la guerre commerciale opposant les grandes économies et qui, si elle perdure, va avoir des répercussions sur la situation économique mondiale et sur la fluidité des échanges commerciaux et les pays les moins développés en seront les plus touchés.
Il a indiqué que l’on prévoit que les prix des hydrocarbures continuent à grimper en 2019 sinon ils seront autour de leur moyenne de l’année en cours pendant que l’on s’attend à ce que les prix des autres matières premières, surtout les mines, resteront bas sinon conserveront leur niveau actuel enregistré en 2018 qui demeure relativement bas. Au même moment, les prix des denrées alimentaires conserveront, eux, leur niveau de cette même année.
S’agissant de la situation économique nationale, le ministre a expliqué que la moyenne de la croissance en 2018 est de 3,5% bien que la prévoyait autour de 3%. Les indicateurs disponibles montrent que ce taux pourrait atteindre 4 ,5% alors que les prévisions indiquent que l’année 2019 connaîtra une croissance moyenne de l’ordre de 4,5%, ce qui implique que l’on s’achemine vers la bonne santé de l’économie après l’année 2014 et ce qui dénote de l’efficience des politiques économiques menées ces dernières années.
Dr Mohamed Lemine Ould Cheikh a précisé que le taux moyen de l’inflation est resté stable en 2018 par rapport à 2017 et il est prévu qu’il reste dans les mêmes termes en 2019. Il est également prévu que se poursuive la maîtrise du compte courant en dépit des déséquilibres que va entrainer la hausse des prix des hydrocarbures qui constituent une composante essentielle des importations du pays. Et de relever que les réserves de la Banque Centrale en devises couvrent actuellement plus de 5,5 mois d’importations. De même il est attendu en 2019 que l’augmentation de ces réserves se poursuive. ;
Le ministre a noté que toutes les recettes inscrites au titre de la loi des finances initiale de 2018 : les ressources financées sur le budget de l’Etat et les dépenses prévues sur des ressources extérieures vont atteindre en 2019 quelque 68,87 milliards d’Ouguiya comparées aux 66,03 milliards inscrits au titre de la loi de finance 2018, soit une augmentation de 2,5 milliards de N-UM. Les rubriques du budget financées sur ressources internes seront équilibrées autour de 54,12 milliards de N-UM soit une augmentation de 2,28 milliards de N-UM comparativement au budget initial de l’année précédente.
Il a indiqué que l’année 2019 va connaitre un ensemble de particularités peu favorables à la perception des recettes dont, entre autres, la hausse du prix des hydrocarbures en plus de la compensation dans le cadre de l’accord avec l’union européenne, car les revenus du secteur de la pêche comprennent une compensation financière perçue dans le cadre de cet accord autorisant la flotte de l’UE à pêcher dans les eaux mauritaniennes, lequel accord arrive à son échéance à la fin de 2018.
Le porte- parole du gouvernement a souligné que parmi les éléments qui vont aider la perception des recettes de l’année 2019 figure l’augmentation continue des recettes fiscales, en plus d’un appui budgétaire en cours de négociation avec la Banque mondiale dans le cadre du programme de réformes.
Il a souligné que tout ce qui précède a permis de collecter 54,5 milliards de N-UM représentant les ressources budgétaires pour l’année 2019, dont environ 35,2 milliards N-UM de recettes fiscales et 11,9 milliards N-UM de recettes non fiscales, tandis que les revenus du capital seront de l’ordre de 0,3 milliard de N-UM et les revenus pétroliers décaissés du fonds pétrolier de 3 milliards de N-UN, en plus de 1,1 milliard de N-UM de subventions budgétaires et autres, au moment où les ressources extérieures pour 2018 atteindront les 14,75 milliards, soit une légère augmentation par rapport à l’année précédente, indiquant que le montant global de l’addition des ressources internes et externes atteindrait 69,39 milliards N-UM en 2019.
A propos des dépenses, le ministre de l’économie et des finances a dit que le budget sera équilibré en recettes et dépenses autour de 68,87 milliards de N-UM, ce qui représente l’ensemble des dépenses au titre de la loi de finances initiale 2019. La première rubrique est la masse salariale qui atteint les 15,6 milliards de N-UM au lieu des 14, 51 milliards inscrits dans le budget 2018. Le budget de fonctionnement 2019 quant à lui atteindra 14,7 Milliards d’ouguiya contre 9 milliards en 2018, ce qui représente une augmentation résultant d’une Convention avec la Banque Centrale au terme de laquelle l’Etat prend en charge la dette de la Banque sur l’Etat mauritanien lors des périodes de découverts.
Le budget d’investissement atteindra en 2019 quelque 28 milliards d’ouguiya qui seront mobilisés pour financer 310 projets. Sur ce montant, 14,7 milliards seront financés sur ressources externes et 13,29 Md sur ressources propres, expliquant que ces nouveaux projets comprennent la construction de deux grands hôpitaux dans les wilaya du Guidimagha (à Sélibaby) et du Brakna (à Aleg), une université à Tidjikja, la construction de sièges pour nos ambassades à Abou Dhabi, Rabat, et Niamey en plus de la réfection et de la réhabilitation de l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant et la dépense d’un milliard et demi de N-UM pour la construction de nouveaux établissements scolaires et de 12 sièges pour les conseils régionaux nouvellement créés.
Après avoir abordé en détails et expliqué l’ensemble des rubriques de la loi de finances initiale pour l’année 2019, le ministre a répondu aux questions posées par les journalistes portant sur le sujet.