L'AMI

Poursuite des festivités marquant la fête internationale de la femme

Les festivités marquant le 8 Mars, fête du internationale de la femme célébrée cette année sous le haut patronage du président de la république sous le signe "ensemble pour un développement équilibré" se sont poursuivies dimanche à Aleg. Au niveau du Brakna, ces festivités ont été marquées par une exposition de produits maraîchers et d’équipements mobiliers.

Hier, samedi, à Aleg une table ronde sur le rôle de la famille dans le renforcement de l’unité nationale a été organisée. Ce soir à Aleg, une conférence sur l’islam et les droits de la femme sera également animée.

Pour Mariem Diallo, la femme au Gorgol a constaté le changement intervenu dans la politique nationale et l’a conduite à être consciente et confiante en soi et persuadée que ses activités constituent un soutien à la famille et un apport dans le développement économique. Mme Mariem Diallo a aussi constaté que le problème genre a beaucoup favorisé la participation la femme et a apporté un soutien actif permettant de lui faire assumer l’égalité de chance entre elle et l’homme devant la même opportunité.

Mais les opportunités ne sont pas nombreuses et se limitent souvent aux prêts accordés par la CAPEC de Kaédi et la Caisse de Développement des Femmes du Gorgol (CDFG).

Du 20 Février 1997 au mois de décembre 2007, la caisse de développement des femmes du Gorgol a débloqué 109 millions 276 mille 800 ouguiyas pour financer des activités génératrices de revenus au profit de 502 femmes et de 241 coopératives féminines à travers la wilaya. Le 25 février 2008, cette même caisse a accordé 30 prêts à 27 femmes et trois coopératives d’un montant de 4 millions d’ouguiya.

La gérante de la Caisse, Mme Fatimetou Mint Zenvoure souligne que grâce à ces prêts, des femmes qui ne vendaient que de la menthe et du charbon, possèdent actuellement des boutiques et certaines se déplacent entre Nouakchott, Zouerate et Nouadhibou ainsi qu’au Mali et au Sénégal pour vendre la très prisée teinture de Kaédi. "Certaines femmes, qui ont bénéficié de prêts ont construit des maisons tandis que d’autres possèdent des taxis" a encore indiqué Mint Zenvoure.

Si la pauvreté commence à trouver un début de solution, la femme au Gorgol reste confrontée aux problèmes socioculturels qui peuvent provoquer, à tout moment, l’éclatement familial à cause du travail des enfants ou des déperditions scolaires.

A titre d’exemple, en 2006, 23 cas ont été portés devant la division "Litiges Familiaux" qui en a réglé 18 à l’amiable alors que les cinq autres étaient portés devant les tribunaux.

La responsable de cette Division déclarait en 2007 à l’AMI, que la femme au Gorgol avait honte de poser ses problèmes parce qu’elle fait face à la pression des coutumes et des traditions avant d’ajouter que maintenant elle fait part de ses préoccupations et cherche des solutions à ses difficultés.

Pour Mariem Diallo, l’action de la cellule" litiges familiaux" qui a pour mission la vulgarisation du Code de Statut Personnel, a amélioré la stabilité des foyers tout en diminuant les cas de mariages précoces.

Mme Diallo reconnaît cependant qu’il existe encore de mauvaises pratiques comme battre une femme, surtout en milieu rural où des cas rares ont été constatés cette année. Mme Mariem exhorte les hommes d’accompagner le changement qui s’opère en Mauritanie parce que, dit-elle, il n’y a plus d’obstacle empêchant la femme de briguer une fonction élective ou un poste administratif si elle en a les compétences.

Il reste qu’entre l’ambition des femmes à s’émanciper et leur vécu au Gorgol, un grand écart demeure. Pourront-elles le réduire et prendre leur destin en main comme le souhaite Mariem ou resteront elles, comme auparavant, à la merci de l’autre ?

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