Radio Mauritanie a organisé, hier soir, à Nouakchott, un colloque sur le rôle du secteur financier mauritanien dans le développement économique. Les conférences et exposés qui ont été présentés au cours de ce colloque ont porté sur un certain nombre de sujets traitant de la relation existant entre les institutions financières mauritaniennes et la situation économique dans le pays et les perspectives de développement des institutions financières et bancaires
en Mauritanie.
Dans son exposé, M. Kane Osmane, gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie a insisté sur l’importance du rôle financier, en général et bancaire, en particulier dans le développement économique qui exige, a-t-il dit, un climat social et culturel réceptif. Il a ajouté que le regime financier mauritanien a besoin d’une conscience collective tenant compte des transformations en cours au plan mondial, soulignant que le développement du pays nécessite d’axer sur la lutte contre la pauvreté, objectif qui ne peut se réaliser, a-t-il estimé, qu’en renforçant et appuyant le rôle des institution des microfinance dans les politiques de développement.
Commentatant l’exposé du gouverneur de la BCM, les intervenants ont affirmé que les institutions bancaires mauritaniennes ne peuvent, à elles seules, se substituer aux approches de développement dans leur portée globale. Ils ont rappelé, dans ce sens, que "le système fiscal mauritanien n’est pas incitatif pour les petites et moyennes entreprises, en général". Pour sa part, le conférencier M. Mohamed El Hanchi Ould Mohamed Saleh a rappelé que le système bancaire mauritanien qui compte 10 banques commerciales et 7 agences bancaires a accordé jusqu’à 2005 plus de 137 milliards d’ouguiyas.
Le conférencier a ajouté que 1,1% de ces financements a été consacré à l’agricultures et à l’élevage alors que la majeure partie des financements est allée aux secteurs du commerce, des transports, des pêches et des bâtiments et travaux publics. M. Mohamed El Hanchi Ould Mohamed Saleh a ajouté que " les perspectives économiques prometteuses du pays exigent d’adapter les lois et la justice mauritaniennes aux différentes évolutions conjoncturelles économiques du pays", soulignat que la voie est encore longue, en raison de ce qu’il a qualifié de baisse du niveau du revenu et de faiblesse de l’épargne.
De son côté, M. Isselmou Ould Mohamed, expert économique a indiqué que "la faiblesse du marché intérieur, des salaires, des recettes, l’absence d’une classe moyenne consommatrice, les inquiétudes des banques concernant le non recouvrement de leurs créances et la concentration des capitaux entre les mains d’un groupe restreint d’hommes d’affaires sont autant de facteurs qui ont influé négativement sur la reforme structurelle de l’économie nationale et limité du rôle des institutions bancaires dans le développement de l’économie nationale.
Certains participants au colloque se sont demandé sur le rôle du secteur bancaire dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent et les autres maux "qui rongent notre économie naissante" et les mesures prises pour assurer la transparence financière.
Ont assisté à ce colloque le ministre de la culture et de la communication, un conseiller principal à la présidence de la république, la secrétaire générale du ministère de la culture et de la communication, le directeur général de Radio Mauritanie, des députés, des représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile mauritanienne