Des collisions ont eu lieu récemment entre des bateaux étrangers et des embarcations de la pêche artisanale appartenant à des mauritaniens. Ces accidents ont fait des morts et des dégâts matériels du côté mauritanien.
Les observateurs soutiennent que de tels incidents sont imputables au fait que les bateaux étrangers ne respectent pas les limites des zones autorisées et s’adonnent à la pêche nuitamment, en plus du manque de surveillance maritime. A cela s’ajoute l’inobservation des consignes de sécurité par les pêcheurs nationaux.
Selon Monsieur Sid’Ahmed Ould Abeid, président de la section de la pêche artisanale à Nouadhibou, la fréquence des incidents est due à l’insuffisance des moyens logistiques de sauvetage et leur incompatibilité technique avec l’accroissement du trafic maritime.
Il a déploré la disparition de quelques bateaux et pirogues qui sont objet de recherches, précisant que les équipes de sauvetage ont jusqu’ici réussi à en localiser quatre appartenant à des mauritaniens.
M. Abeid a également dit que le nombre des victimes suite à ces accidents a atteint cette année 24 disparus et dénoncé le montant des compensations remises à leurs ayant droits et qu’il a jugé dérisoires. Il a dans ce cadre souhaité la reformulation de la loi relative à l’assurance sur la vie, rappelant que la valeur des vies humaines est inestimable.
IL a aussi déclaré que 12.000 pêcheurs travaillent à bord de 2.500 pirogues dotées d’équipements rudimentaires et limités, expliquant que la pêche artisanale ne dispose pas du minimum d’infrastructures requises.
Le président de la section de la pêche artisanale a indiqué que l’industrie de pêche artisanale à Nouadhibou ne dispose que 30 usines de conserves d’une capacité de production entre 30 et 100 tonnes par jour. Il y a aussi un atelier de réparation des bateaux de pêche pélagique et une unité de construction de pirogues, a-t-il ajouté.
M. Abeid a précisé que l’accord conclu entre la section de pêche artisanale et certaines usines de pêche et qui stipule la vente de la production au prix le plus élevé à la SMCP n’inclut qu’une seule catégorie de poissons. Il a révélé à ce sujet que la recette globale de la pêche artisanale au niveau de Nouadhibou se chiffre à 100 millions de dollars par an.
Pour lui, le problème de manque de port pouvant accueillir le nombre actuel d’embarcations demeure entier, et la construction en cours du port de la Baie du repos avec une capacité d’accueil de 760 pirogues ne résout pas la question.
Les autres problèmes, a-t-il ajouté, vont de l’absence d’une méthode permettant de délimiter les frontières géographiques de la zone de pêche artisanale, la grande étendue de la réserve du Banc d’Arguin interdite à la pêche, l’émigration des poissons vers les côtes sénégalaises et l’insuffisance des montants alloués à l’appui du secteur de la pêche traditionnelle et qui n’ont guère dépassé les 200 millions d’ouguiyas offerts par l’Amicale du crédit maritime.
M. Abeid a lancé un appel aux autorités compétentes à accorder plus d’intérêt aux investisseurs dans la pêche artisanale, qui sont tous mauritaniens, à travers le renforcement du contrôle des eaux mauritaniennes et leur protection face aux pirates étrangers