L'AMI

Le président de la République donne le coup d’envoi des journées nationales de sensibilisation sur la loi incriminant l’esclavagisme

Le président de la République Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a affirmé que la célébration, cette année, en Mauritanie, de la journée mondiale des droits de l’homme, à l’instar de la communauté internationale, est marquée par une rupture complète avec les points négatifs du passé et par une orientation, de manière sérieuse et rigoureuse, vers un lendemain meilleur et prometteur.

Le chef de l’Etat parlait au cours d’une cérémonie organisée à l’ancienne maison des jeunes à Nouakchott à l’occasion du démarrage d’une campagne nationale de sensibilisation sur la loi incriminant l’esclavagisme et réprimant les pratiques esclavagistes.

Voici le texte intégral d’une traduction de ce discours :
" Notre pays célèbre, à l’instar de la communauté internationale, la journée mondiale des droits de l’homme qui coïncide avec la proclamation de la déclaration des droits de l’homme le 10 décembre 1948. Nous célébrons cette journée dans une conjoncture particulière de l’histoire de notre pays marquée par une rupture complète avec les points négatifs du passé et par une orientation, avec sérieux et rigueur, vers un lendemain radieux et prometteur.

Nous nous sommes engagés, devant le peuple mauritanien, à appliquer un programme ambitieux que nous espérons parvenir à respecter.
Le renforcement de l’unité nationale grâce au retour digne de nos frères réfugiés au Sénégal et au Mali et le règlement satisfaisant du passif humanitaire ainsi que l’éradication de toutes les conséquences des pratiques esclavagistes, dans un climat de concertation et de tolérance renforçant la cohésion de notre peuple, élargissant la concorde nationale et consolidant l’esprit de citoyenneté et l’unité nationale, constituent la priorité dans ce programme.

Nous avons clôturé, il y a moins d’un mois, les journées de concertations sur le retour des réfugiés et le passif humanitaire et nous voilà aujourd’hui ouvrir une campagne nationale destinée à expliquer le contenu de la loi relative à l’incrimination de l’esclavagisme et à la répression des pratiques esclavagistes qui exprime, en tant que partie d’une stratégie globale qui sera adoptée et exécutée par le gouvernement, notre volonté inébranlable d’éradiquer les conséquences de ce phénomène, aussi bien au niveau des mentalités qu’au niveau des pratiques et de tous les aspects de la vie sociale, économique et culturelle, et ce en consécration des disposition de la constitution et en application de l’esprit et des finalités de notre sainte religion qui est venu consacrer la dignité humaine et libérer l’homme des chaînes qui le ligotaient.

La célébration, aujourd’hui, par notre pays de cet anniversaire sous le thème "ensemble pour éradiquer les pratiques esclavagistes" concrétise totalement la devise des nations unies qui vise à faire des droits de l’homme une réalité vécue et non un slogan que l’on répète dans les circonstances.

Dans ce cadre, la promulgation de cette loi constitue un tournant décisif et une étape importante complétant notre arsenal juridique qui vise à éradiquer toutes les pratiques négatives héritées du passé et qui se dressent devant la promotion de la culture de l’égalité, de la tolérance et de l’attachement à l’esprit de citoyenneté et de la pratique démocratique.

Le renforcement de l’unité nationale et de la concorde entre toutes les franges de notre peuple a constitué une priorité de notre programme politique ce qui requiert la recherche des meilleurs voies et moyens pour régler ces problèmes hérités du passé.

Je ne peux manquer à cette occasion, d’adresser mes remerciements à nos partenaires au développement qui ont exprimé leur disponibilité d’appuyer et d’accompagner notre marche et nos orientations visant à renforcer l’Etat de droit, consacrer la démocratie et renforcer le respect et la promotion des droits de l’homme dans notre pays.

Tout comme j’en appelle à l’ensemble des citoyens à respecter cette loi et demande aux autorités administratives et aux institutions concernées, chacun dans son domaine de spécialisation, de veiller à expliquer le contenu de cette loi et à en respecter les dispositions.

Enfin, je déclare, par la grâce d’Allah, l’ouverture de la campagne nationale de sensibilisation sur la loi incriminant les pratiques esclavagistes.

"Wassalaou Aleykoum wa Rahmatoullah wa Barakatouh"

Quant à Mme Nargess Saidane, représentante du PNUD par intérim, elle a indiqué qu’en Mauritanie, l’évènement se produit dans un contexte propice, marqué par des avancées importantes dont notamment l’installation d’une commission nationale des droits de l’homme et l’adoption de la loi incriminant les pratiques de l’esclavage ainsi que le retour attendu des réfugiés.

La représentante résidente du PNUD a enfin lu un passage du message du secrétaire général des Nations Unies dans lequel celui-ci relève que "cette journée internationale marque la veille de l’année du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme" qui a énoncé pour la première fois, au niveau international un précepte qui nous parait aujourd’hui évident celui de l’égalité et de la dignité intrinsèques de tous les êtres humains.

Mme Nargess Saidane, en outre, rappelé le fait que des milliers d’êtres humains soient encore victimes de pratiques abominables comme la traite des êtres humains, le travail forcé et l’exploitation sexuelle.

Ces manquements, poursuit-elle, interpellent la conscience universelle, les Etats étant désormais comptables du respect des valeurs communes à l’humanité qui supposent que les droits de tous soient protégés en tout lieu et en tout moment.

La cérémonie marquant l’évènement s’est déroulée en présence du Premier ministre, Monsieur Zein Ould Zeidane, du président du Sénat, du ministre secrétaire général à la Présidence, du ministre de la justice, des membres du gouvernement, du chef d’état major particulier du Président de la république, du Président de la commission nationale des droits de l’homme, d’autres hautes personnalités de l’Etat, des autorités administratives de l’Etat, des élus ainsi que des représentants des partis politiques et de la société civile.

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