Le Palais des Congrès de la capitale a abrité ce lundi matin, la conférence régionale sur la santé de la femme et les fistules obstétricales. L’évènement, supervisé par la Première Dame de Mauritanie, Mme Khattou Mint El Boukhary, épouse du Président de la république, est organisé par le ministère de la santé en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population.
Quelque 30 pays africains prennent part à cette rencontre en plus de nombreuses organisations régionales et internationales, des ONGs nationales et étrangères opérant dans le domaine de la santé.
M. Sid’Ahmed Ould Raiss, ministre du commerce et de l’industrie, ministre de la santé par intérim a, dans un discours pour la circonstance, indiqué que cette conférence se tient dans notre pays dans un contexte politique marqué par une alternance de pouvoir opérée à travers un processus électoral réussi.
C’est dans ce contexte précis, dit-il, que le Président de la République a instruit le gouvernement à satisfaire les attentes des mauritaniens à travers une administration au service du citoyen, une justice indépendante, un renforcement de l’unité nationale et un ancrage de l’Etat de droit.
La mortalité maternelle et néonatale, fait remarquer le ministre, constitue encore chez nous l’un des défis majeurs en matière de santé publique. En effet, les données de l’Enquête Démographique et de Santé en Mauritanie 2001 montrent que le taux de mortalité maternelle est de 747 pour 100.000 naissances vivantes.
Pour faire face à ce problème, affirme M. Ould Raiss, le département de la santé en collaboration avec le FNUAP et en partenariat avec la société civile, a élaboré une stratégie nationale de la santé de la reproduction couvrant la période 2003-2007 en plus d’une série de mesures pour la prévention et la prise en charge des fistules obstétricales.
A ce titre, conclue M. Ould Raiss, les pouvoirs publics saluent la tenue de cette conférence en Mauritanie et fondent de grands espoirs sur l’atteinte de ses objectifs qui visent entre autres, un échange fructueux d’expériences entre experts venant des différents pays et l’identification d’approches efficientes pour la prise en charge des fistuleuses et leur réinsertion dans la vie active.
Pour sa part, Mme Diane Keita, représentante du FNUAP en Mauritanie a précisé que cette conférence représente une étape supplémentaire dans notre combat commun visant à sortir de l’isolement et de l’oubli des milliers de femmes qui souffrent en silence de cette invalidité. Notre devoir est de leur redonner espoir et de leur permettre de jouir de leur droit de vivre avec dignité.
C’est ainsi, dit-elle, que le programme de lutte contre les fistules obstétricales en Mauritanie a permis de définir la stratégie d’intervention, de briser le silence, de prendre en charge et de réinsérer des victimes et d’engager des campagnes de prévention. Ces résultats consolident, a-t- elle affirmé, les efforts de la Mauritanie vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, particulièrement ceux relatifs à la réduction de la morbidité maternelle.
Les participants attendent de cette conférence qu’elle permette de compiler et de faire les expériences liées aux fistules sur l’année écoulée et de les disséminer entre eux. Un guide compact de renforcement des capacités et d’engagement efficace de la société civile et des médias au niveau central et local mettant l’accent sur la prévention, la réintégration et la transformation sociales, visant une réponse participative et cohérente aux fistules est produit.
Enfin, des approches efficaces en vue d’institutionnaliser la fistule dans les programmes de santé et cadres nationaux seront développées et adoptées.