L'AMI

Le Commissaire à la Sécurité Alimentaire interrogé par un député à l’assemblée sur le programme Emel

L’Assemblée Nationale a tenu, ce mercredi, une plénière, sous la présidence de son vice- président, M. El Arby Ould Sidi Aly Ould Jiddeyne.
La séance a été consacrée à la réponse du Commissaire à la Sécurité Alimentaire, M. Mohamed Ould Mohamedou à la question orale suivante qui lui a été adressée par le député Yacoub Ould Meyne : ” J’ai appris que le Commissariat à l’Aide Alimentaire a eu à signer un marché ”gré à gré” avec certain distributeurs les 12 mars et 21 mai 2012 et ce en vue de l’importation de quantités d’aliments de bétail d’une enveloppe de 12.471.600.0000 Ouguiyas.
Sur ce, nous voudrions que vous nous donniez des éclaircissements sur les mobiles qui vous ont porté à signer ces contrats gré à gré.
Dans ses réponses, le Commissaire à la Sécurité Alimentaire a rappelé le contexte dans lequel ces contrats ont eu lieu, et a précisé qu’ils ont été signés dans le cadre du programme Emel qui visait à sauver notre cheptel, alors menacé du fait du déficit pluviométrique en 2011 et qui a eu pour conséquences la rareté des pâturages et la baisse de la production agricole.
Et le ministre d’ajouter que son département a, élaboré fin octobre 2011, une évaluation minutieuse de la situation générale consécutive au déficit pluviométrique, afin de pouvoir prendre les mesures adéquates en vue d’y faire face. C’est ainsi, a-t-il dit, que le gouvernement a mis en oeuvre un plan d’urgence dénommé ” Plan Emel “.
Il a précisé que ledit plan d’urgence avait deux objectifs principaux qui étaient les suivants : Fournir de l’aide aux citoyens pauvres à travers des distributions gratuites d’aliments de première nécessité et l’ouverture de boutiques pour la vente à des prix préférentiels. Alors que le second objectif consistait à oeuvrer à sauver le cheptel dont personne n’ignore l’importance qu’elle revêt pour nos concitoyens vivant dans les campagnes pour lesquels l’élevage constitue la première activité économique, et l’on n’est pas sans savoir l’importance ce cette activité pastorale pour l’économie nationale.
Le Commissaire à la Sécurité Alimentaire a, par ailleurs, souligné que la nouvelle loi des marchés publics promulguée en 2010 définit deux types de marchés publics :
Il s’agit du marché public ouvert aux soumissions et celui du gré à gré.
” Ce dernier ne peu être conclu que lorsqu’il s’agit de l’un des deux cas suivants : les situations d’exception telles que les catastrophes naturelles, ou lorsque la marchandise demandée fait objet de monopole “, souligne le commissaire.
LE Commissaire a fait remarquer que son institution s’était, en 2012, fondé sur la situation d’exception définie par la loi pour l’achat des aliments de bétail et après avoir eu l’aval des commissions concernées par les marchés publics.
Il a aussi rappelé qu’en 2012, le cheptel faisait face à une catastrophe réelle et que l’on a même enregistré la perte d’un certain nombre d’animaux, et que juridiquement, les conditions étaient réunies pour pouvoir conclure des contrats gré à gré eu égard à ce qui précède.
M. Ould Mohamedou a aussi rappelé qu’au tout début, le commissariat a lancé un appel d’offre ouvert en vue d’acheter 65 mille tonnes de blé parce que cette denrée s’était révélée moins chère que les aliments de bétail, aussi parce que les éleveurs et vétérinaires la préféraient, mais qu’à la vente, les prix du blé ont grimpé à cause des surenchères, ce qui a amené le commissariat à l’importation des aliments de bétail pour mettre fin aux surenchères.
Le commissaire a, par ailleurs, fait savoir qu’avant de conclure ces marchés gré à gré pour l’importation des aliments de bétail, il a contacté les sociétés produisant ce produit au Sénégal, au Mali et au Maroc pour s’informer sur les prix et même dans les pays européens par le biais de nos ambassades.
Il a ajouté que c’est ainsi qu’un débat a eu lieu entre le commissariat et un certain nombre d’importateurs et des marchés gré à gré ont été conclus avec cinq d’entre eux pour que chacun d’entre les cinq importateurs nous fournisse une quantité d’aliments de bétail bien déterminée et ce suivant un calendrier arrêté sur la base de critères objectifs, tout en tenant compte de la provenance du produit et du moyen de transports.
Le Commissaire a affirmé que programme Emel qui a été mis en oeuvre sur financement de l’Etat a été approuvé par les organisations internationales, soulignant qu’il a permis de sauver le cheptel et empêché que famine ne s’installe dans nos campagnes.
Les députés ont à leur tour loué le programme Emel qui a été mis en oeuvre dans des conditions difficiles et a eu un impact positif sur les citoyens, particulièrement ceux à revenu limité, tout comme il sauvé le cheptel qui était particulièrement menacé.

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