Le ministère de l’Intérieur rend publics des éclaircissements sur les objections soulevées par la direction de campagne du candidat Ahmed Ould Daddah
Le ministère de l’Intérieur a fait parvenir aujourd’hui, dimanche, le communiqué ci-après à l’Agence Mauritanienne d’Information:
"La direction de campagne du candidat à la présidence de la République, M. Ahmed Ould Daddah a organisé, le 24 mars 2007 au soir, à la veille du scrutin du 2ème tour de l’élection présidentielle, une conférence de presse au cours de laquelle elle a affirmé qu’elle n’a pas reçu de réponse notamment à la lettre adressée au ministre de l’Intérieur et relative à une demande d’audit du fichier électoral. Accessoirement, la direction de campagne du candidat M. Ahmed Ould Daddah a fait plusieurs demandes relatives à l’organisation du scrutin du 25 mars 2007.
A cet égard, le ministère de l’Intérieur, des Postes et Télécommunications tient à informer l’opinion publique des points ci-après:
I- En ce qui concerne l’absence de réponse à la demande d’audit du fichier électoral
-Par lettre en date du vendredi 16 mars 2007, déposée le même jour en fin
d’après-midi au ministère de l’Intérieur, le candidat M. Ahmed Ould Daddah a écrit: "afin de crédibiliser davantage le scrutin du second tour de l’élection présidentielle, prévu le 25 mars 2007, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir ordonner un audit indépendant du fichier électoral et des processus de centralisation des résultats".
Il est à noter que cette demande, particulièrement grave, formulée dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, la dernière du processus électoral de la transition n’est assortie d’aucun élément de fait ou de droit pouvant faire douter de la fiabilité du fichier électoral.
Pour en convaincre, le ministère met cette lettre à la disposition de l’opinion publique, en la joignant au présent communiqué.
-le ministère de l’Intérieur a bien répondu à cette demande, au terme de la lettre 208 en date du lundi 19 mars 2007, dûment déchargée le même jour par qui de droit.
Dans sa réponse, et après les formules d’usage le ministère a écrit:
"En ce qui concerne l’objet de votre demande, il y a lieu de rappeler que conformément aux recommandations des journées nationales de concertation, et sous la supervision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’administration a organisé un recensement administratif à vocation électorale pour les besoins du référendum, un Ravel complémentaire pour les élections législatives et municipales et, plus récemment un Ravel pour la révision extraordinaire de la liste électorale, dont les résultats ont servi, à chaque fois pour l’élection en préparation.
"Tous ces recensement ont été entrepris en concertation avec les partis politiques et la société civile, sur fond de campagne civique dans le médias publics de l’Etat et avec l’observation de l’ensemble des voies et délais de recours légaux.
"La liste électorale subséquente a toujours été affichée et publiée en temps utile, sur Internet, et les délais et droits de recours respectés.
"A aucun moment du processus électoral de la transition, la fiabilité et l’objectivité de cette liste électorale n’a été mise en cause. Bien plus, sa validité, d’ailleurs régulièrement prouvée, selon les techniques généralement admises en la matière, a été reconnue par l’ensemble des partenaires de l’opération électorale et en particulier les partis politiques, la société civile, les observateurs nationaux et internationaux et les candidats".
Sur ce, le ministère conclu: "Dès lors et après traitement des réclamations éventuelles soulevées pendant la période d’affichage provisoire, la liste électorale actuelle constitue la liste électorale définitive sur la base de laquelle l’élection présidentielle est organisée". Dans un souci de vérité, le ministère met également cette lettre à la disposition du public en la joignant au présent communiqué.
Certes, la direction de campagne fait état, lors de sa conférence de presse du 24 mars, de l’existence sur la liste électorale de plusieurs électeurs, portant les mêmes noms, prénoms et lieu de naissance, mais ces inscriptions multiples n’ont pas été prouvées, les noms de ces électeurs n’ont pas été précisés et il est par ailleurs reconnu que le numéro de la carte nationale d’indenté diffère…
II) En ce qui concerne les diverses demandes relatives à l’organisation du scrutin
M. le directeur de campagne a, par ailleurs, formulé diverses demandes ayant trait notamment aux modalités de visa au verso des bulletins de vote par le président du bureau de vote, au contrôle de l’identité des électeurs, à la mise en ligne des résultats directement sur le site de la CENI, aux dispositions à prendre en vue de rappeler l’interdiction de l’achat des consciences et à la proclamation des résultats selon une méthode rationnelle…
A cet égard, le ministère tient à rappeler que l’ensemble de ces demandes sont déjà prises en compte par la législation ou à la suite de démarches des candidats, sous la supervision de la CENI. Ainsi, par message N° 496 du 22 mars 2007, le ministre a, entre autres mesures:
-rappelé les consignes de neutralité et de transparence;
-rappelé que le visa du bulletin par le président du bureau de vote devra être fait au moment de la remise du bulletin à l’électeur.
D’autres messages ont eu trait à des mesures demandées par l’un des candidats, en particulier la représentation des candidats au niveau des commissions de recensement des votes des maoughataas.
Dans le même soucis de vérité, copies de ces messages sont jointes en annexes au présent communiqué".