L'AMI

Le ministre de l’Enseignement supérieur présente, dans l’émission « Redevabilité », le bilan du département et ses plans d’extension des établissements, de renforcement de la formation et de la recherche scientifique

Nouakchott

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Yacoub Ould Moine, a souligné que son département a connu une évolution notable, marquée notamment par l’extension des infrastructures institutionnelles, l’amélioration de l’accès à l’enseignement supérieur et la diversification de l’offre académique, ainsi que par le soutien à la recherche scientifique et à la formation dans des spécialités répondant aux besoins du marché du travail et de l’économie de la connaissance.

Ces déclarations ont été faites lors de la présentation du ministre dans le cadre de l’émission « Al-Mousaa’ala » (Redevabilité), organisée par les médias publics — l’Agence mauritanienne d’information (AMI), Radio Mauritanie et la chaîne Al-Mouritaniyya — dans le but de favoriser l’ouverture et de rapprocher l’administration du citoyen.

Cette initiative s’inscrit dans la vision de Son Excellence le Président de la République visant à ancrer la transparence et à informer l’opinion publique, en offrant un espace interactif permettant aux citoyens d’exposer leurs préoccupations et de prendre connaissance du bilan et des perspectives des différents départements gouvernementaux.

Le ministre a souligné que l’enseignement supérieur a bénéficié d’une attention croissante sous le mandat de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en tant que levier fondamental du développement du pays, de la valorisation du capital humain et de la transition vers une économie fondée sur la connaissance.

Il a précisé que le budget alloué à l’enseignement supérieur est passé de 10 milliards d’ouguiyas en 2016 à 23 milliards d’ouguiyas en 2026.

Concernant l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur, le ministre a indiqué que le nombre d’étudiants a connu une augmentation significative ces dernières années. En 2019, il s’élevait à environ 22 679 étudiants, avec un taux d’accès de 5,8 %, contre une moyenne africaine de 9 %. En 2026, ce nombre a atteint 51 214 étudiants, portant le taux d’accès à 10 %, soit un niveau supérieur d’un point de pourcentage à la moyenne africaine.

Il a également précisé que les étudiants de l’enseignement supérieur représentent actuellement environ un quart des titulaires du baccalauréat en Mauritanie, sur un total d’environ 200 000 diplômés, et constituent près de 1 % de la population totale.

En matière d’infrastructures et d’offre académique, le ministre a indiqué que les sept dernières années ont été marquées par la création et le développement de dix nouveaux établissements d’enseignement et de recherche spécialisés. Il s’agit notamment de l’Institut supérieur de statistique, créé en 2019, de l’Institut supérieur de l’énergie, de l’Agence nationale de la recherche scientifique et de l’innovation, créée en 2020, de l’Institut supérieur du numérique, créé en 2021, ainsi que de l’École de commerce de Nouakchott et de l’Institut supérieur de génie industriel, créés en 2024, suivis de l’Université de Nouadhibou en 2025, puis de l’École supérieure d’architecture et de l’École supérieure d’agriculture et de médecine vétérinaire en 2026.

Il a également souligné que l’offre de formation et les programmes académiques proposés aux étudiants ont plus que quadruplé, passant de 30 en 2019 à 136 en 2026, avec une orientation croissante vers les métiers d’avenir, notamment dans les domaines de la technologie, du numérique et de l’intelligence artificielle.

Concernant l’encadrement académique et la situation du corps enseignant, le ministre a précisé que le nombre d’enseignants en poste est passé de 764 en 2019 à 921 actuellement. Avec le nouveau processus de recrutement, l’effectif total atteindra 1 041 enseignants titulaires. Il a également souligné une augmentation de 62 % des salaires des enseignants de l’enseignement supérieur par rapport à leur niveau de 2019.

Le ministre a également évoqué l’expansion des infrastructures et de l’offre académique du nouveau complexe universitaire de Nouakchott, indiquant que celui-ci a accueilli, entre 2022 et 2024, quelque 18 400 étudiants répartis entre les facultés de médecine, des lettres, des sciences et d’économie.

Dans le domaine de la recherche scientifique, il a indiqué que le secteur a connu, depuis 2019, un développement important du système de formation supérieure. Le nombre d’écoles doctorales est ainsi passé de trois à neuf, accueillant des centaines d’étudiants, parallèlement au lancement de 65 programmes de master dans différentes spécialités et à la conclusion d’accords de double diplôme avec des institutions internationales.

Il a souligné que certains établissements, tels que Polytechnique et l’Institut supérieur du numérique, affichent un taux de chômage nul parmi leurs diplômés, en raison de la forte demande du marché du travail pour les compétences qu’ils forment.

Le ministre a, par ailleurs, dévoilé un plan visant à accroître la capacité d’accueil de l’École normale supérieure, afin de renforcer sa capacité à former les enseignants de « l’École républicaine ».

Concernant la recherche scientifique et les incitations qui y sont liées, il a précisé que le budget actuellement alloué à ce domaine s’élève à 500 millions d’ouguiyas et qu’il est appelé à augmenter. Il a justifié la décision de suspendre l’envoi de doctorants à l’étranger par la volonté d’aligner la recherche scientifique sur les priorités nationales de développement.

Le ministre a également confirmé l’existence de projets visant à ouvrir de nouveaux établissements d’enseignement dans les wilayas de l’intérieur, grâce à des financements provenant de fonds de développement, tels que le Fonds saoudien pour le développement et la Banque islamique de développement.

Il a ajouté que des travaux sont en cours pour transférer la tutelle des écoles de santé situées à l’intérieur du pays vers le département de l’enseignement supérieur, ce qui portera à 17 le nombre d’établissements d’enseignement supérieur dans ces wilayas d’ici à 2028.

Dans ce cadre, le département s’emploiera à faciliter les conditions d’accès et à octroyer des bourses à tous les étudiants inscrits dans ces établissements régionaux.

En réponse à une question sur la prise en compte des spécificités de développement des pôles régionaux lors de la création d’universités et d’instituts et du choix de leurs spécialités, le ministre a expliqué que l’extension de ces établissements reste ouverte et adaptée aux besoins de chaque zone. Ainsi, des instructions ont été données à l’Université d’Aioun pour proposer des spécialités diversifiées, à l’instar de l’Université de Nouakchott.

S’agissant de l’Université de Nouadhibou, le ministre a indiqué qu’elle compte actuellement 857 étudiants et fonctionne provisoirement dans les locaux de l’IMROP.

Il a précisé que les études relatives à la construction d’un nouveau siège universitaire sont achevées et que les travaux débuteront en novembre prochain, sur une superficie de 50 hectares, pour une capacité d’accueil de 5 000 étudiants.

Il a souligné que l’université dispose d’un corps enseignant et de docteurs hautement qualifiés, tout en prévoyant le transfert d’un certain nombre d’enseignants vers cet établissement. Il a également évoqué le recrutement de nouveaux professeurs lors des prochaines campagnes d’embauche et la possibilité, en cas de besoin, de faire appel à des enseignants étrangers sous contrat temporaire afin de combler les déficits dans certaines spécialités.

Concernant les filières ouvertes dans les wilayas de l’intérieur, le ministre a expliqué que le choix de Kaédi pour l’implantation de l’École supérieure d’agriculture repose sur les caractéristiques et les spécificités agricoles de la zone.

Il a ajouté que la formation des enseignants de cette école a débuté à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, avec une sortie de promotion prévue pour 2028.

Il a indiqué qu’une démarche similaire est appliquée pour l’Institut de valorisation des ressources animales et de médecine vétérinaire de Néma, l’objectif étant de proposer des spécialités répondant aux besoins du marché du travail local.

Il a affirmé que la politique du département vise également à offrir aux étudiants un accès à diverses spécialités, contribuant ainsi à la décentralisation de l’enseignement supérieur et au rapprochement des services de formation des familles dans toutes les wilayas du pays.

En réponse à une question sur la tendance persistante des étudiants mauritaniens à vouloir poursuivre leurs études supérieures à l’étranger, le ministre a souligné que l’État a massivement investi ces dernières années dans les infrastructures, le recrutement et l’attraction de compétences académiques.

Il a déclaré que les compétences nationales ont démontré leur capacité à dispenser une formation de haut niveau, relevant qu’un nombre croissant d’étudiants mauritaniens privilégient désormais les établissements nationaux, qui offrent une qualité d’enseignement et de formation compétitive.

Dans ce contexte, il a souligné que les diplômés de la Faculté de médecine de l’Université de Nouakchott démontrent régulièrement leur compétence en réussissant les concours de spécialisation en France, en Tunisie et au Maroc. Il a précisé que leur formation, axée sur les pathologies locales, leur confère une connaissance approfondie de ces maladies, comparativement à certains diplômés formés à l’étranger.

Il a également mis en avant l’excellence des diplômés des filières numériques et des classes préparatoires de Polytechnique, rappelant qu’ils ont remporté des médailles et décroché les premières places lors des concours d’entrée aux grandes écoles françaises.

Il a ajouté que 70 % des titulaires du baccalauréat français privilégient l’enseignement supérieur en Mauritanie.

Concernant l’attribution des bourses et des places d’études à l’étranger, le ministre a affirmé que le processus s’effectue dans le strict respect des directives et selon des critères publiquement établis.

Il a expliqué que les bourses offertes dans le cadre d’accords internationaux sont proposées via une plateforme électronique et attribuées selon un critère unique, à savoir la moyenne académique, garantissant ainsi la transparence de la procédure.

Le ministre a mis au défi quiconque de citer un seul étudiant ayant obtenu une bourse au cours des années 2024, 2025 ou 2026 avec une moyenne inférieure à celle d’un autre candidat retenu, assurant qu’une telle situation ne s’est jamais produite compte tenu des critères en vigueur.

En réponse à une question sur le manque d’équipements de formation et de laboratoires dans les facultés de médecine, de pharmacie, de médecine dentaire et des sciences, le ministre a indiqué que l’État consacre chaque année un budget compris entre 600 et 800 millions d’ouguiyas à l’équipement des laboratoires.

Il a réaffirmé la poursuite des efforts visant à fournir les équipements et matériels nécessaires et à améliorer les conditions de formation et d’apprentissage au sein de ces établissements.

Concernant l’absence d’un institut spécialisé dans les médias, malgré les recommandations de la commission de réforme de la presse, le ministre a souligné l’existence de départements dédiés aux médias au sein de l’Université d’Aioun, de l’Institut supérieur d’études et de recherches islamiques (ISERI) et de l’École Nationale d’Administration, de Journalisme et de Magistrature (ENAJM).

Il a également révélé l’existence d’une collaboration entre le ministère de la Culture et l’UNESCO en vue de créer un nouvel institut spécialisé dans les médias et le journalisme.

En réponse à une question sur la vision du département pour le développement de l’enseignement supérieur, le ministre a affirmé que ce secteur constitue une priorité pour le Président de la République et un axe fondamental des programmes « Mes Engagements » (Taahoudati) et « Mon Ambition pour la Patrie » (Tamoouhi lil-Watan), mis en œuvre en coordination avec le Premier ministre afin de contribuer à stimuler le développement dans divers domaines.

Il a expliqué que cette orientation repose sur le concept d’« économie de la connaissance », considérant que la véritable richesse durable est fondée sur le savoir et que la formation et la qualification des jeunes pour s’intégrer dans cette économie constituent un levier essentiel du progrès du pays et de sa préparation aux défis de l’avenir.

Enfin, le ministre a insisté sur le fait que le développement de l’enseignement supérieur, l’amélioration de la qualité de la formation et le renforcement de la recherche scientifique constituent ensemble des piliers fondamentaux pour bâtir le capital humain et accroître la capacité de la Mauritanie à suivre le rythme des mutations économiques, scientifiques et technologiques rapides.

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