Ministre de l’Autonomisation des Jeunes : la Mauritanie va mettre en place un cadre national visant à encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux
Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi après-midi, les travaux du conseil des ministres qui s’est tenu plus tôt dans la matinée. Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. El Houssein Ould Meddou, de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly, des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens à l’Extérieur, M. Mohamed Salem Ould Merzoug et de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Mme Naha Hamdi Mouknass.
Intervenant le premier, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le Conseil des ministres a étudié et adopté plusieurs projets de décrets et de communications, dont celui relatif à la qualification des entreprises nationales maitres d’œuvres et bureaux de contrôle du secteur du BTP, une communication conjointe portant sur un cadre national encadrant l’accès des mineurs aux plateformes de réseaux sociaux et une autre concernant l’organisation du premier Forum de la diaspora mauritanienne qui se tiendra du 29 au 31 octobre prochain.
Lui succédant, le ministre de l’Autonomisation des Jeunes, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly, a indiqué avoir présenté, au Conseil des ministres, un exposé consacré aux principaux axes d’une communication conjointe portant sur la mise en place d’un cadre national visant à encadrer l’accès des mineurs aux plateformes de réseaux sociaux, ainsi qu’à la situation des infrastructures sportives et au soutien aux fédérations nationales.
Le ministre a précisé que la présente communication, élaborée conjointement par son département, le ministère de la Transformation numérique et le ministère de l’Action sociale, vise à mettre en place des mécanismes juridiques et techniques destinés à protéger les enfants de moins de 16 et de 18 ans contre les risques avérés liés à l’utilisation de certains réseaux sociaux.
Il a indiqué que celle-ci s’articule autour de 7 principaux facteurs de risque, notamment le pédopiégeage, le chantage numérique, le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus préjudiciables, favorisée par les algorithmes de recommandation, l’exploitation commerciale des données des mineurs et la conception addictive des applications. Dans ce contexte, il a annoncé la préparation prochaine d’un projet de loi visant à interdire les jeux de hasard et les paris en ligne.
Le ministre a souligné que la structure démographique du pays, caractérisée par une forte proportion de jeunes – près de la moitié de la population étant âgée de moins de 18 ans –, ainsi que le taux élevé d’utilisation d’Internet, rendent nécessaire une action rapide pour encadrer ce domaine, protéger la santé mentale des jeunes et préserver leur réussite scolaire.
Il a également indiqué que le Conseil des ministres a approuvé la mise en place d’une commission ministérielle regroupant les départements concernés, l’agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés et l’Autorité de protection des données, chargée de proposer une loi-cadre permettant notamment à la Mauritanie de bénéficier des mécanismes techniques destinés à empêcher l’accès direct des enfants aux applications présentant des risques.
Répondant à une question sur l’état de préparation des stades devant accueillir les matchs de l’équipe nationale, le ministre a assuré que le stade olympique sera entièrement prêt, d’ici à la mi-octobre prochaine, à accueillir les rencontres officielles conformément aux normes de la Confédération Africaine de Football (CAF), précisant que le stade sera doté d’une pelouse naturelle de haute qualité, sans équivalent dans le pays depuis 1983.
Au sujet du retard enregistré, il a expliqué que c’est notamment dû à un décalage de près d’un mois dans l’acheminement des sièges, en raison de contraintes liées au transport maritime.
Le ministre a, par ailleurs, annoncé la création, derrière le stade, d’une annexe d’entraînement dotée d’une pelouse naturelle également, afin de renforcer l’autonomie sportive du pays et de mettre à la disposition des équipes nationales des infrastructures intégrées. Il a également évoqué les travaux de rénovation complète en cours au stade Cheikha Boïdiya.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, M. Mohamed Salem Ould Merzoug, a présenté les grandes lignes de sa communication relative à l’organisation de la première édition du Forum des communautés mauritaniennes établies à l’extérieur. Dans son intervention, il a indiqué que cet événement, le premier du genre, constitue un rendez-vous important pour discuter de toutes les difficultés auxquelles la diaspora mauritanienne est confrontée.
S’agissant des justificatifs de son organisation, le ministre a souligné qu’il s’agit avant tout d’une concrétisation d’un engagement du Président de la République, dont l’objectif principal est de consolider la coordination entre les différentes communautés ainsi que leur participation à l’élaboration des mesures et politiques qui les concernent.
La rencontre, qui se déroulera suivant une approche participative incluant : représentants des communautés mauritaniennes, associations de diasporas, experts, députés représentants les Mauritaniens de l’Extérieur et services de l’État, permettra aussi de valoriser les compétences mauritaniennes vivant à l’extérieur.
Le ministre a aussi passé en revue les réformes ambitieuses entreprises au niveau du secteur. Parmi celles-ci figurent, retrace-t-il, la restructuration du département, la ratification de la loi sur la double nationalité, la participation des communautés à l’élection de leurs représentants, ainsi que la mise en place des plateformes facilitant l’accès des ressortissants aux différents services consulaires.
M. Ould Merzoug a également souligné que le pays a réalisé, ces dernières années, d’importants acquis sur le plan diplomatique, mettant en avant une politique fondée sur l’équilibre, l’ouverture et le renforcement des relations avec les différents partenaires, au service des intérêts du pays et de la consolidation de sa présence aux niveaux national et international.
Pour sa part, la ministre de l’Habitat, Mme Naha Hamdi Mouknass, a indiqué que le Conseil des ministres a approuvé un projet de décret relatif à la qualification et à la classification des entreprises nationales, ainsi qu’à l’agrément des bureaux de contrôle et des maîtres d’ouvrage délégués dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Elle a précisé que ce nouveau décret remplacera le décret n° 172-2022 du 21 novembre 2022, lequel avait abrogé à son tour le décret n° 189-2016 du 31 octobre 2016 portant création de la Commission nationale de qualification et de classification des entreprises.
La ministre a ajouté qu’après une année de mise en œuvre du décret n° 172-2022, une commission ministérielle a procédé à une évaluation du dispositif et formulé des propositions d’amélioration visant à moderniser le système national de qualification des entreprises et à favoriser le développement du secteur du bâtiment et des travaux publics.
Parmi les principales améliorations introduites figurent l’obligation, pour les maîtres d’ouvrage délégués et les bureaux de contrôle nationaux intervenant dans le secteur du BTP, d’obtenir un agrément, ainsi que la réduction du nombre de membres de la commission, qui passe de 22 à 15 membres. Le texte fixe également le quorum légal des réunions de la commission à 50 % plus un, en remplacement de la disposition qui prévoyait la majorité des deux tiers.
Le décret prévoit en outre la création d’une sous-commission technique par décision du ministre chargé des travaux publics, ainsi que le regroupement, au sein d’une même catégorie de qualification, des travaux relatifs aux barrages et aux bassins, d’une part, et ceux liés à l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement, d’autre part.
La ministre a souligné que les opérations de classification et de qualification des entreprises sont désormais exclusivement effectuées à travers une plateforme numérique gouvernementale intégrée, interconnectée avec les bases de données de l’administration fiscale, de l’administration des transports, de la Commission des marchés publics, de la Caisse nationale de sécurité sociale, de l’agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés, ainsi que d’autres organismes concernés.Mme Mint Hamdi Mouknass a précisé que l’objectif principal de cette digitalisation est de réduire les interventions humaines et de prévenir les pratiques frauduleuses, indiquant, à ce sujet, que le nouveau décret fixe également les modalités et les mécanismes d’agrément des maîtres d’ouvrage délégués intervenant dans ce domaine.
Répondant à une question concernant le plan d’aménagement de la ville de Zouerate, la ministre a affirmé que ce plan avait été élaboré antérieurement dans le cadre d’une coordination et d’un travail conjoint entre le ministère de l’Habitat et le ministère des Domaines ; lequel a été officiellement approuvé par le Conseil des ministres.
Elle a annoncé, à cet égard, qu’un groupe de travail conjoint entre les deux départements sera prochainement dépêché sur le terrain afin de superviser la mise en œuvre de l’ensemble du plan d’aménagement.
Répondant aux questions des journalistes à l’issue du point de presse, le porte-parole du gouvernement a abordé plusieurs questions d’actualité, notamment les acquis de la diplomatie mauritanienne, les mesures prises à la suite de l’incendie ayant affecté des transformateurs électriques et les projets destinés à renforcer les infrastructures énergétiques et hydrauliques.
Concernant l’incendie des transformateurs électriques, il a indiqué que le Président de la République avait donné des instructions pour rétablir le service dans les meilleurs délais, rechercher les financements nécessaires à la réalisation de projets permettant de combler le déficit engendré par cet incident et accélérer les projets prioritaires.
Le porte-parole a fait état, dans ce cadre, de plusieurs projets d’envergure programmés dans différents secteurs pour accroître les capacités de production et remédier aux insuffisances enregistrées dans les domaines de l’eau et de l’électricité.
S’agissant du positionnement de la Mauritanie sur la scène internationale, il a estimé que les efforts diplomatiques fournis ces dernières années avaient permis de consolider sensiblement la place du pays. Il a notamment rappelé, qu’au cours des trois dernières années, le Président de la République a assuré la présidence de l’Union africaine, avant que la Mauritanie n’accède à la présidence de la Banque africaine de Développement à l’issue d’une compétition particulièrement disputée.
Il a également souligné que le candidat mauritanien au poste de secrétaire général de l’Organisation de la Coopération islamique avait, par la suite, a été élu suite à un consensus, illustrant, selon lui, la consolidation de la position diplomatique du pays sur les scènes africaine et internationale.