L’Alliance régionale des femmes pour la paix au Sahel a été officiellement lancée mercredi soir à Nouakchott, à l’issue d’une session régionale de formation organisée par la Plateforme des femmes du Sahel (PFS)* en partenariat avec le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP) et ONU Femmes.
Cette nouvelle alliance vise à instaurer un cadre permanent de concertation et d’action commune des organisations féminines en faveur de la paix et du développement durable dans la région du Sahel.
Elle regroupe des représentantes de plusieurs réseaux féminins de premier plan, notamment la Plateforme des femmes du Sahel (PFS), le Réseau des organisations de femmes du bassin du lac Tchad (RESOF-BLT), le Réseau de la CEDEAO des femmes pour la paix et la sécurité (REPSFECO) et le Réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders (ROAJELF).
La création de cette alliance s’inscrit dans le cadre du projet régional « Renforcement des capacités des organisations de femmes et création d’un mouvement féminin pour la paix au Sahel ».
Prenant la parole à cette occasion, Mme Nafissa Cheikh Mohamed El Houssein, chargée de mission au ministère de la Justice, a rappelé que son département, dans le cadre du programme du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mis en œuvre par le gouvernement du Premier ministre M. El Moctar Ould Djay, poursuit une vaste réforme du système judiciaire à travers la modernisation des textes législatifs, l’amélioration de l’accès à la justice et le renforcement de la qualité des services judiciaires, afin de consolider la confiance des citoyens et de mieux répondre aux attentes de la société.
Elle a ajouté que le ministère accorde une attention particulière à la conciliation et à la médiation, considérées comme des modes amiables de règlement des différends fondés sur les valeurs religieuses et sociales du pays. Il entend poursuivre le développement de ces mécanismes, renforcer les capacités des acteurs concernés et élargir les partenariats afin de promouvoir la culture du dialogue, de la paix sociale, de la protection des droits et du rapprochement de la justice des citoyens.
De son côté, le coordinateur national du WANEP-Mali, M. Mahamady Togola, a indiqué que le lancement de cette alliance constitue l’aboutissement d’un effort collectif et le point de départ d’une vision régionale faisant des femmes des partenaires stratégiques dans la promotion de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance et du renforcement de la résilience des communautés. Il a également exprimé sa gratitude aux autorités mauritaniennes pour l’accueil de cette rencontre.
Il a souligné que le Sahel fait face à des défis croissants liés à l’insécurité, aux changements climatiques et aux crises humanitaires, précisant que cette alliance entend renforcer la participation des femmes aux instances de décision, aux mécanismes d’alerte précoce, à la médiation et à la prévention des conflits, en vue de contribuer à la stabilité et à la cohésion de la région.
La coordinatrice régionale de la Plateforme des femmes du Sahel, Mme Diyé Ba, a, pour sa part, rappelé que les domaines d’intervention de la plateforme couvrent la prévention des conflits, la médiation, la consolidation de la paix, la lutte contre l’extrémisme violent, l’autonomisation économique des femmes, le renforcement de leur participation aux sphères décisionnelles, l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques ainsi que la protection des droits des femmes et des filles.
Intervenant au nom de l’Alliance, Mme Tahira Jaafar a réaffirmé l’engagement des organisations membres à renforcer les échanges d’expériences et les actions communes de plaidoyer. Elle a appelé les gouvernements et les partenaires internationaux à accroître leurs investissements en faveur des organisations féminines et à consolider leurs capacités institutionnelles, afin de garantir une participation effective des femmes à la prise de décision, à la médiation, à la prévention des conflits, ainsi qu’à la promotion de la sécurité climatique et de la bonne gouvernance.
Pour sa part, la représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en Mauritanie, Mme Olga Sankara, a salué cette initiative, estimant qu’elle traduit les principes de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Elle a également mis en avant le rôle moteur des femmes mauritaniennes dans la mobilisation des réseaux féminins du Sahel et dans la promotion d’une approche associant paix et développement.
Elle a enfin souligné que cette initiative marque une étape importante dans le renforcement de la coordination entre les différentes coalitions féminines et a déjà permis l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle destinée à répondre aux principaux défis de développement de la région. Elle a réaffirmé l’engagement des agences des Nations unies à accompagner sa mise en œuvre et à mobiliser les ressources nécessaires à son succès.
La cérémonie s’est déroulée en présence du maire de la commune de Tevragh Zeina, ainsi que de représentants des organisations partenaires.