L’Assemblée nationale examine le rapport sur les orientations budgétaires du projet de loi de finances pour 2027
L’Assemblée nationale a consacré sa séance plénière tenue mercredi soir, sous la présidence de M. Mohamed Bamba Meguett, à un débat d’orientation sur le budget de l’État pour l’exercice 2027.
Cette séance permet aux députés d’examiner le rapport préparatoire relatif aux orientations budgétaires qui serviront de base à l’élaboration du projet de loi de finances pour 2027.
Le document s’articule autour de trois principaux axes : un bilan de la situation économique et budgétaire actuelle, une présentation des perspectives macroéconomiques et de la stratégie des finances publiques pour la période 2027-2029, ainsi que les grandes orientations devant guider la préparation du projet de loi de finances de 2027.
Prenant la parole devant les députés, le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallahi Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya, assurant l’intérim du ministre des Finances, a indiqué que cette présentation préliminaire des orientations budgétaires à moyen terme constituait le premier débat parlementaire de ce type dans l’histoire du pays, conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances.
Il a souligné que cette démarche s’inscrit dans le cadre des grandes réformes engagées par le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à permettre au Parlement d’exercer pleinement son rôle dans l’examen et l’évaluation des politiques publiques, tout en modernisant les finances publiques, en renforçant la bonne gouvernance et en consolidant les principes de transparence et de soutenabilité budgétaire.
Le ministre a précisé que cette innovation instaure, pour la première fois dans l’histoire des finances publiques mauritaniennes, une pratique consistant à associer le Parlement à la définition des grandes orientations économiques, financières et budgétaires avant l’élaboration du projet de loi de finances. Cette démarche, a-t-il ajouté, consacre les principes de transparence, de redevabilité et de programmation pluriannuelle, conformément aux meilleures pratiques internationales en matière de gouvernance financière.
Il a expliqué que ce processus de réforme vise à orienter les ressources publiques vers les priorités nationales et à promouvoir un développement durable. Le document présenté repose sur le cadre de programmation budgétaire à moyen terme 2027-2029, élaboré en cohérence avec les orientations du programme présidentiel « Mon ambition pour la patrie ».
Le ministre a rappelé que le Conseil des ministres avait adopté ce document il y a deux semaines, après avoir pris en considération, dans la limite des ressources disponibles, les conclusions des vastes consultations menées par le gouvernement au cours des deux dernières années avec les élus nationaux et locaux ainsi que les acteurs socio-économiques de l’ensemble des wilayas, afin d’identifier les priorités des citoyens et leurs besoins en matière de développement.
Il a indiqué que ces priorités ont été traduites en choix stratégiques, politiques publiques et programmes opérationnels reflétant les attentes des populations et répondant aux besoins les plus pressants. Il a précisé que la première phase de ces programmes a déjà été mise en œuvre et que les préparatifs de la deuxième phase sont en cours.
Évoquant les performances économiques récentes, le ministre a indiqué que*l’économie nationale a enregistré, entre 2023 et 2025, une croissance moyenne supérieure à 5 % par an. L’inflation a été ramenée à 1,6 %, soit en dessous du plafond de 4 % fixé par la Banque centrale. Les recettes publiques ont progressé de 28 % en deux ans, grâce à la modernisation de l’administration fiscale, à la numérisation des procédures et à l’élargissement de l’assiette fiscale. Le déficit global est, quant à lui, passé de 9,3 milliards d’ouguiyas en 2023 à 1,4 milliard d’ouguiyas en 2025, tandis que les dépenses ont été davantage orientées vers l’investissement.
Il a toutefois relevé que le solde primaire hors recettes extractives demeure négatif, à environ 3 % du produit intérieur brut en 2025, ce qui souligne la nécessité de poursuivre les efforts visant à réduire la dépendance du budget aux fluctuations des prix des matières premières.
Concernant les perspectives à moyen terme, le ministre a indiqué que la croissance économique devrait s’établir, entre 2027 et 2029, entre 4 % et 5 % en moyenne, portée notamment par la progression de l’investissement public.
Il a également annoncé que les finances publiques devraient dégager,*pour la première fois à partir de 2027, des excédents croissants. La dette publique devrait reculer à environ 36 % du PIB, un niveau largement inférieur au seuil régional de 70 % et à la limite de 40 % fixée avec les partenaires au développement. Par ailleurs, la part de l’investissement devrait représenter près de la moitié des dépenses publiques totales à l’horizon 2029.
Le ministre a estimé que ce débat constitue une occasion institutionnelle de renforcer le dialogue constructif avec les représentants du peuple et d’enrichir les orientations économiques et financières avant la finalisation du projet de loi de finances pour 2027, dans le but d’améliorer la qualité de la décision publique et de consolider les principes de transparence, de responsabilité et de partenariat entre les pouvoirs exécutif et législatif.
Il a assuré que le gouvernement, à travers le ministère des Finances, tiendra compte des observations, propositions et recommandations issues des débats parlementaires afin d’améliorer l’affectation des ressources publiques vers les priorités nationales, notamment le développement des infrastructures, le désenclavement des régions, le renforcement de la sécurité alimentaire, la valorisation du capital humain et l’accélération de la transition énergétique, au service d’un développement inclusif et durable.
Dans leurs interventions, les députés ont salué l’importance de ce débat, qu’ils ont qualifié d’étape inédite dans la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances et de traduction concrète des réformes engagées par le gouvernement.
Ils ont également exposé les difficultés rencontrées dans leurs circonscriptions, appelant à bâtir une économie plus résiliente face aux chocs extérieurs, à renforcer l’investissement, à promouvoir la production nationale et à développer les secteurs créateurs d’emplois.
Les parlementaires ont en outre plaidé pour un meilleur accompagnement du secteur informel et son intégration effective dans le circuit économique, estimant que l’augmentation de l’investissement public et l’adoption d’un budget-programme traduisent une planification stratégique fondée sur la performance et le lien entre les dépenses publiques et les objectifs de développement.
Ils ont enfin souligné que la réussite des orientations gouvernementales se mesurera à leur capacité à produire des améliorations concrètes et perceptibles dans les conditions de vie des citoyens.