L'AMI

Des membres du Gouvernement commentent les travaux du Conseil des ministres

Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, M. Houssein Ould Medou, et la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mme Messaoud Mint Baham Ould Mohamed Laghdaf, ont commenté, mercredi soir, les résultats des travaux du Conseil des ministres tenu dans la matinée.

À l’ouverture de la conférence de presse, le porte-parole du Gouvernement a mis en relief l’intense activité diplomatique enregistrée par la Mauritanie au cours des derniers jours, marquée notamment par les visites successives des Présidents de la République du Bénin, de la Sierra Leone et de la République démocratique du Congo, ainsi que par celle du ministre somalien des Affaires étrangères.

Il a souligné que cette dynamique traduit le rayonnement grandissant de la Mauritanie sur la scène africaine et reflète la confiance dont bénéficie sa diplomatie, sous la direction de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Selon lui, cette succession de visites de haut niveau illustre la place croissante de la Mauritanie en tant que partenaire de dialogue et de concertation sur les grandes questions africaines, tout en consolidant les acquis réalisés dans le cadre de la présidence mauritanienne de l’Union africaine.

Abordant l’opération « Aoun », le porte-parole du Gouvernement a indiqué que sa mise en œuvre se poursuit dans de bonnes conditions à travers l’ensemble du territoire national.

Il a rappelé que cette opération constitue l’un des principaux dispositifs du système national de protection sociale mis en place sous l’impulsion du Président de la République, afin d’accompagner les populations vulnérables et d’atténuer l’impact de la hausse des prix des carburants et du coût de la vie sur les ménages à faibles revenus.

Il a précisé qu’à ce jour, 87 % des bénéficiaires ciblés ont déjà reçu les transferts monétaires prévus dans le cadre de cette opération.

Concernant l’aide alimentaire, il a indiqué que 90 % des familles bénéficiaires à Nouakchott ont été servies, tandis que le taux global d’exécution des distributions alimentaires atteint 76 % au niveau national, témoignant de l’avancement régulier des opérations conduites sur le terrain.

Abordant ensuite le projet d’arrêté conjoint élaboré par le ministère des Finances et le ministère de la Fonction publique et du Travail, relatif à l’harmonisation et à la simplification du régime de rémunération des fonctionnaires et des agents contractuels de l’État ainsi que de ses établissements publics à caractère administratif, le porte-parole du Gouvernement a précisé que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la vision du Président de la République visant à valoriser le capital humain et à améliorer les conditions professionnelles des personnels des secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle.

Il a expliqué que ce texte vient compléter le décret n° 2023-057 du 15 mars 2023 et prévoit, à compter du 1er janvier 2026, l’octroi aux directeurs des établissements d’enseignement fondamental et secondaire ainsi qu’aux enseignants fonctionnaires exerçant effectivement en classe, d’une prime mensuelle de craie de 6 500 MRU, nette d’impôts, versée pendant douze mois.

Le dispositif prévoit également une revalorisation mensuelle des salaires de 1 000 MRU, également nette d’impôts, au profit des bénéficiaires concernés.

Le porte-parole du Gouvernement a ajouté que ces avantages seront étendus aux enseignants contractuels régis par le décret n° 2019-050, exerçant dans les établissements d’enseignement fondamental, secondaire et technique.

Ces derniers bénéficieront d’une augmentation mensuelle de 1 000 MRU, ainsi que d’une prime de craie d’un montant de 8 666 MRU, nette d’impôts, versée pendant neuf mois, sous réserve de l’accomplissement d’un volume horaire minimum de 20 heures hebdomadaires dans l’enseignement fondamental et de 12 heures dans l’enseignement secondaire.

Revenant sur la communication présentée par le ministre de l’Énergie et du Pétrole concernant les opérations d’exploration et de production dans les blocs offshore du bassin côtier, le porte-parole du Gouvernement a indiqué que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de valorisation des ressources en hydrocarbures et de diversification des partenariats énergétiques.

Il a précisé que le lancement récent des procédures relatives à l’exploration et à la production de trois blocs offshore ouvre de nouvelles perspectives pour le secteur énergétique national, en favorisant la recherche de nouvelles découvertes, la relance des activités de prospection et le renforcement de la contribution des hydrocarbures au développement économique du pays.

Il a souligné que cette démarche intervient dans un contexte marqué par la volonté des pouvoirs publics d’exploiter durablement les potentialités énergétiques nationales tout en accompagnant la transition énergétique engagée par la Mauritanie.

Prenant à son tour la parole, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mme Messaoud Mint Baham Ould Mohamed Laghdaf, a présenté les principaux éléments de la communication relative au renforcement de l’action climatique nationale à travers l’adoption de la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et la création d’un Label bas carbone en Mauritanie.

Elle a rappelé que cette démarche s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux souscrits par la Mauritanie au titre de l’Accord de Paris sur le climat, qui prévoit pour chaque État la définition d’objectifs nationaux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La ministre a expliqué qu’après une première Contribution déterminée au niveau national adoptée en 2016, essentiellement consacrée à l’établissement du diagnostic des émissions nationales, puis une deuxième contribution en 2021 axée sur la définition des objectifs climatiques, la CDN 3.0, adoptée en 2025, marque une nouvelle étape orientée vers la mise en œuvre concrète des engagements du pays.

Cette nouvelle phase repose sur des projets opérationnels, des résultats mesurables et la mobilisation des financements nécessaires à la réalisation des objectifs climatiques nationaux.

Elle a précisé que la CDN 3.0 s’articule autour de deux axes majeurs : l’atténuation, à travers la réduction des émissions dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’énergie, les transports, l’agriculture et l’industrie, et l’adaptation, destinée à renforcer la résilience des populations et des écosystèmes face aux effets du changement climatique.

La ministre a également indiqué que la communication prévoit la mise en place d’un mécanisme national de gouvernance climatique permettant d’intégrer les considérations liées au climat dans les politiques et projets de développement, de transformer les engagements internationaux en projets susceptibles d’être financés et de renforcer la crédibilité de la Mauritanie auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que sur les marchés internationaux du carbone.

Dans ce cadre, le Gouvernement procédera à la création d’un Label bas carbone de la Mauritanie, un mécanisme destiné à certifier les projets contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à garantir leur suivi et leur vérification, et à faciliter leur accès aux opportunités offertes par les marchés carbone prévus dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris.

Selon Mme Messaoud Mint Baham Ould Mohamed Laghdaf, ce dispositif permettra également de valoriser les efforts engagés par la Mauritanie en matière de transition énergétique et de mobiliser de nouvelles ressources financières en faveur des projets environnementaux et climatiques.

Répondant à une question relative à l’uniforme et à l’armement des agents de la police environnementale, la ministre a indiqué qu’il s’agit d’une revendication portée par son département afin de permettre à cette structure d’accomplir pleinement ses missions et de renforcer son efficacité sur le terrain.

Elle a précisé que des démarches sont actuellement en cours pour atteindre cet objectif et doter cette police des moyens nécessaires à l’exercice de ses responsabilités.

Concernant la lutte contre les incendies et les campagnes de sensibilisation, la ministre a souligné que la prévention demeure le moyen le plus efficace pour réduire les risques, estimant que les actions de sensibilisation sont souvent plus performantes que les interventions d’urgence.

Elle a indiqué qu’une approche décentralisée a été adoptée dans ce domaine, à travers l’octroi de moyens financiers aux wilayas et aux présidents des conseils régionaux, qui jouent également un rôle important dans la gestion des questions environnementales au niveau local.

Au sujet des unités industrielles implantées dans les zones de Toujounine et Dar Naïm, la ministre a indiqué qu’une vingtaine d’usines y sont actuellement installées, soulignant que le principal défi consiste à assurer un équilibre entre les impératifs du développement économique et les exigences de protection de l’environnement.

Elle a insisté sur la nécessité pour ces unités industrielles de respecter strictement les normes environnementales en vigueur, rappelant que certaines installations avaient déjà fait l’objet de mesures de suspension pour non-conformité.

Concernant les usines de « Moca » à Nouadhibou, Mme Messaoud Mint Baham Ould Mohamed Laghdaf a expliqué que leur situation est examinée conformément aux dispositions de la législation relative à l’évaluation environnementale et sociale, désormais applicable à l’ensemble des entreprises.

Elle a précisé que cette réglementation impose l’obtention préalable d’une validation des études environnementales et sociales auprès du ministère de l’Environnement avant tout démarrage d’activité, une exigence qui permettra de mieux encadrer l’implantation future des unités industrielles et de garantir leur conformité aux normes requises.

S’agissant des opérations de reboisement menées à Nouakchott, la ministre a indiqué que les premières évaluations font ressortir un taux de réussite supérieur à 95 %.

Elle a toutefois relevé certaines difficultés liées notamment aux différences de croissance observées entre les espèces plantées, précisant que cette expérience s’inscrit dans une démarche de recherche et développement visant à identifier les essences les mieux adaptées aux conditions climatiques et environnementales locales.

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More