L'AMI

La santé, un secteur qui commence à trouver un début de solution

La communauté Internationale célèbre, demain dimanche 7 Avril, la journée mondiale de la santé consacrée cette année au thème de l’hypertension. Cette journée porte sur la recherche de solutions valables aux questions nouvelles ou émergentes afin d’agir collectivement pour préserver la santé et le bien-être des populations.
Au Gorgol, les activités de santé sont concentrées, en particulier, sur les femmes en âge de procréer (14 à 45 ans), les femmes enceintes et les enfants de zéro à 11 mois qui constituent les groupes les plus vulnérables dans la wilaya et auxquels les pouvoirs publics accordent une importance particulière.
Les actions menées, dans ce cadre, par les structures de santé de la wilaya, sans compter le centre hospitalier de Kaédi, ont permis en 2012 de consulter 149448 personnes qui souffraient d’infections respiratoires aigues, de paludisme, de diarrhées, d’anémie et d’hypertension.
Ces services ont soigné aussi plus 1223 personnes contre la bilharziose et ont enregistré 2012 accouchements en plus de la distribution de 1441 moustiquaires. Ils ont également vacciné 98,40 % des enfants de zéro à 11 mois contre la tuberculose, la poliomyélite, la rougeole, le tétanos et PENTA (diphtérie, épathite B et hémophilus influenzae).
Le centre hospitalier de Kaédi a enregistré, quant à lui, pour la même année 29131 consultations, 1212 accouchements, 169 interventions chirurgicales et 108 évacuations sur Nouakchott.
Dans une déclaration à l’AMI, le directeur régional de l’action sanitaire du Gorgol, Dr. Mohamed Saïd Ould Mohamed Yehdhih a indiqué que la situation des structures de santé de la wilaya est acceptable pour certaines alors que d’autres doivent d’être réhabilitées avant d’ajouter que les postes de santé méritent d’être construits.
Le directeur régional a aussi noté une insuffisance de personnel qualifié notamment les techniciens supérieurs, les techniciens de laboratoire et les sages femmes.
“Malgré ce handicap nous constatons une amélioration de la couverture sanitaire dans la wilaya” a-t-il dit avant d’ajouter que le forfait obstétrical, la disponibilité des médicaments et la sensibilisation ont augmenté la fréquentation des services de santé de la reproduction.
Dr. Mohamed Saïd a ensuite affirmé que l’amélioration constatée en 2012 par rapport à 2011 est due à la réhabilitation et à l’équipement de certaines structures dont le centre de santé de M’bout, le laboratoire de Maghama et la clinique dentaire du centre de santé de Djowol.
Si certaines structures de santé de la wilaya ont bénéficié de soutien, le centre de santé de Monguel est logé actuellement dans une maison conventionnée. Son médecin chef, Dr. Bal Mamadou Mody affirme que pour le moment, le centre est sous équipé et ne dispose d’aucun matériel de diagnostic ou de biologie. “Nous n’avons rien du tout et nous ne pratiquons que la médecine clinique” a-t-il dit.
Au centre hospitalier de Kaédi, les problèmes existent aussi et les plus épineux sont, selon son directeur, Dr. Abbe Ould Chmedde, l’absence de spécialistes en ophtalmologie et en orthopédie en plus d’espace pour mettre les malades dans des conditions acceptables.
Il cite, à titre d’exemple, qu’au niveau de l’hospitalisation, les malades sont entassés dans les mêmes pièces alors qu’en situation normale ceux qui ont subi des interventions chirurgicales doivent être séparés des autres.
Le directeur note ensuite que les routes défectueuses, le transport inadéquat des personnes victimes des accidents de la circulation aggravent encore plus l’état de santé des malades avant d’évoquer l’absence de donneurs de sang.
“Certaines femmes enceintes et atteintes d’anémie quittent leurs lieux de résidence et meurent dès leur arrivée au centre ou peu après à cause des difficultés de transport ou de manque de sang frais pour les sauver” a assuré Dr. Ould Chmedde avant d’ajouter que la sensibilisation et les campagnes organisées n’ont pas changé l’attitude des populations du Gorgol vis-à-vis du don de sang qui reste le problème de tous les jours.
Le directeur du centre ne manque pas de rappeler qu’un jour il a été surpris par l’attitude d’un père de famille qui empêchait ses fils de donner du sang à leur soeur en danger de mort.
Certes, le Gorgol connait des problèmes de santé, mais un début de solution pointe à l’horizon avec la réalisation de nouvelles infrastructures comme la construction de la route de Mounguel qui vient d’être achevée, le passage de la route Kaédi-Sélibaby par M’bout et le début pour bientôt des travaux de construction du tronçon reliant Maghama à la route Kaédi-Sélibaby.
A cela s’ajoutent le nouveau centre hospitalier de Kaédi, spacieux et d’une
capacité de 150 lits dont les travaux sont sur le point d’être achevés et le centre de santé de Mounguel de type “A” dont les travaux de construction ont commencé en mars dernier et qui va abriter plusieurs services parmi lesquels ceux des consultations, de radiologie, d’échographie, de pédiatrie, de gynécologie en plus d’un bloc opératoire et d’une maternité.
Pour l’équipement du centre hospitalier, l’appel d’offre est déjà lancée et la fin de sa construction est très attendue par le ministre de la santé qui a déclaré lors de la visite qu’il a effectuée à cette importante structure qu’elle sera dotée d’équipement moderne et de ressources humaines compétentes pour répondre à l’attente des populations.
La réalisation de nouvelles infrastructures, la réhabilitation ou l’équipement d’anciennes montrent l’intérêt qu’accordent les pouvoirs publics à la préservation de la santé des populations qui doivent, à leur tour, saisir l’opportunité et en profiter afin d’atteindre les objectifs visés.

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