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Le ministre de la Culture présente les efforts déployés pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel et promouvoir son rôle dans le développement à l’UNESCO

Paris

Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, et porte-parole du gouvernement, M. El Houssein Ould Medou, a participé ce mercredi à la 11e session de l’Assemblée générale des États parties à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui se tient au siège de l’UNESCO à Paris. La session se poursuit pendant deux jours.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre, au nom de la République islamique de Mauritanie, a exprimé sa profonde gratitude à l’UNESCO, au Secrétariat de la Convention de 2003 et à tous les États parties qui poursuivent leurs efforts pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel et promouvoir son statut de pilier essentiel de la diversité culturelle humaine et de trait d’union entre le passé, le présent et l’avenir.

Il a souligné que la Convention de 2003 a démontré, depuis plus de vingt ans, que le patrimoine culturel immatériel n’est pas seulement une mémoire préservée ou des pratiques héritées, mais bien un savoir vivant et évolutif, une source fondamentale de cohésion sociale et de dialogue interculturel, et un élément essentiel à la construction d’un développement plus durable et plus humain. Il a ajouté que les nations ne se définissent pas uniquement par leurs réalisations matérielles et économiques, mais aussi par les valeurs, les connaissances, les savoir-faire et les traditions qu’elles préservent, qui constituent le cœur de leur identité culturelle.

Le ministre a expliqué que cette session revêt une importance particulière pour la Mauritanie, qui achève son mandat dans le cadre de la Convention de 2003 après des années de participation active à ses différents organes.

La Mauritanie a eu l’honneur de siéger au Comité intergouvernemental pour la période 2022-2026 et a gagné la confiance des États membres en étant élue à son Bureau exécutif, représentant le Groupe arabe. Elle a ensuite assumé la vice-présidence de l’Assemblée générale des États parties pendant la période intérimaire entre les sessions précédente et actuelle.

Il a souligné que, tout au long de ce mandat, la Mauritanie a agi avec la ferme conviction que le patrimoine culturel immatériel constitue une ressource vivante pour l’identité nationale, un facteur de renforcement de la cohésion sociale, un espace de dialogue interculturel et un outil au service du développement durable.

Il a ajouté que la Mauritanie s’est attachée à contribuer régulièrement aux travaux et délibérations du Comité intergouvernemental, en participant activement à la recherche de consensus et en soutenant les approches visant à améliorer l’efficacité de la mise en œuvre de la Convention et à renforcer la crédibilité de ses mécanismes.

Une attention particulière a été portée au renforcement de la coordination au sein du Groupe arabe et à la mise en valeur de sa contribution à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, reflétant la richesse et la diversité du patrimoine culturel arabe.

Le ministre a affirmé que les quatre dernières années ont été marquées par des progrès significatifs dans la mise en œuvre de la Convention, notamment par l’expansion des programmes de renforcement des capacités, le renforcement de la participation des communautés locales et des détenteurs du patrimoine, le développement de mécanismes de coopération internationale et l’intégration du patrimoine culturel immatériel dans les politiques éducatives, sociales, économiques et environnementales.

Dans ce contexte, le ministre a passé en revue la participation active de la Mauritanie aux différentes réunions et sessions organisées par le Royaume du Maroc, le Botswana, le Paraguay et l’Inde. La Mauritanie y a contribué de manière constructive aux discussions visant à développer la mise en œuvre de la Convention, à améliorer ses mécanismes et à renforcer sa capacité à répondre aux défis croissants liés à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Il a déclaré que ces réalisations confirment que la Convention de 2003 n’est plus seulement un cadre juridique d’enregistrement et de sauvegarde, mais qu’elle est devenue un espace mondial d’échange d’expériences, de création de partenariats et de renforcement de la place de la culture dans les politiques publiques. Ceci lui confère une importance croissante dans un monde confronté à des défis en constante évolution qui affectent les identités, les savoirs et les modes de vie traditionnels.

Au niveau national, le ministre a expliqué que les efforts déployés pour sauvegarder le patrimoine culturel immatériel s’inscrivent dans une vision globale portée par Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et mise en œuvre par le gouvernement de Son Excellence le Premier ministre, M. Mokhtar Ould Djay. Cette vision repose sur la conviction que la culture est un pilier fondamental du développement et une source de renforcement de l’unité nationale, dans le respect de la diversité culturelle et linguistique qui caractérise la société mauritanienne.

Il a noté que ces dernières années ont été marquées par un dynamisme culturel renouvelé, concrétisé par le lancement de réformes structurelles et d’initiatives visant à valoriser le patrimoine, à encourager la créativité et à élargir la participation culturelle.

Il a réaffirmé la poursuite des efforts nationaux en matière de sauvegarde, de documentation et de transmission du patrimoine culturel immatériel aux générations futures, conformément à l’esprit et aux principes de la Convention de 2003.

Le ministre a passé en revue les réalisations les plus significatives dans ce domaine, notamment la reconnaissance internationale de l’école islamique traditionnelle mauritanienne (Mahdhara) comme modèle unique de préservation, de production et de transmission du savoir entre les générations.

Il a également souligné l’inscription de l’épopée de Samba Galadio au patrimoine culturel commun, qui renforce la mémoire collective des peuples de la région, ainsi que la reconnaissance du soninké comme langue transnationale, témoignant de la profondeur des liens culturels et historiques unissant les peuples de la région.

Le ministre a évoqué plusieurs grands projets culturels que connaît le pays, notamment l’organisation de la Semaine nationale de la culture et des arts, le lancement du premier Salon international du livre à Nouakchott, la création de l’Institut national des arts et l’instauration du Prix du président de la République pour les beaux-arts. Il a également mentionné d’importants projets d’infrastructures culturelles, tels que le Quartier culturel et le Palais de la culture actuellement en construction à Nouakchott, ainsi que le projet du « Monument de la Nation », qui incarnera le symbolisme de la mémoire nationale partagée et renforcera l’identité visuelle et culturelle de la capitale.

Il a souligné la poursuite d’un ambitieux programme d’extension des musées régionaux aux capitales régionales et aux villes historiques, afin de consolider la préservation du patrimoine et de le rendre plus accessible aux citoyens.

Ce programme est mené en parallèle avec la création d’espaces culturels audiovisuels multilingues dans les capitales régionales et les grandes villes, dans le but d’élargir l’accès à la culture et de consolider la diversité culturelle et linguistique nationale.

Il a ajouté que la Mauritanie a renforcé ses politiques visant à préserver la diversité culturelle et linguistique en soutenant les langues nationales et en développant leur présence dans les médias et les sphères culturelles, partant du principe que la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel commence par la préservation de ses contextes sociaux, culturels et linguistiques.

Il a noté que des institutions spécialisées œuvrent à l’élaboration de l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel et au renforcement de la participation des communautés locales aux processus de documentation et de préservation, les reconnaissant comme les gardiennes naturelles de ce patrimoine et les principales actrices de sa continuité.

Dans le domaine de l’archéologie, le ministre a affirmé que des efforts sont déployés pour intensifier la recherche scientifique sur le site archéologique d’Azougui et étendre les études à d’autres sites d’importance exceptionnelle, tels qu’Aoudaghost, Koumbi Saleh et Toumbi Djeri. Ceci contribuera à enrichir la connaissance de l’histoire de la région et à mettre en lumière son rôle civilisationnel, commercial et culturel à travers les âges.

Il a souligné l’importance croissante que la Mauritanie accorde au site de l’« Œil du Sahara » (Guelb de Richat), en soutenant la recherche scientifique et les études visant à mettre en valeur sa valeur géologique, historique et culturelle, et à renforcer son statut de site naturel et culturel majeur de la région.

Il a également évoqué le rôle du Parc national du Banc d’Arguin, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme modèle unique d’intégration entre patrimoine naturel et culturel, et comme espace historique d’interaction entre le désert et la côte atlantique.

Dans le cadre de la valorisation du patrimoine culturel national, le ministre a souligné le récent succès de la Mauritanie dans la récupération d’un tableau historique de l’artiste français Théodore Géricault, créateur du « Radeau de la Méduse », en raison de son lien étroit avec la mémoire nationale et un événement qui a profondément marqué l’histoire de l’humanité.

Il a affirmé que le Festival des Cités du Patrimoine continue de consolider sa position de projet national global qui conjugue préservation du patrimoine, développement local, recherche scientifique et promotion culturelle. Ce succès repose sur le renforcement de ses dimensions culturelles, scientifiques et de développement, et sur l’intégration de la préservation du patrimoine à l’amélioration des conditions économiques et sociales des habitants des cités historiques.

Le ministre a estimé que les défis actuels auxquels est confronté le patrimoine culturel immatériel exigent un renforcement de la coopération internationale, une intensification des programmes de renforcement des capacités et un soutien accru aux pays en développement afin qu’ils puissent protéger, valoriser et transmettre leur patrimoine vivant aux générations futures. Il a souligné que la transformation numérique offre des perspectives prometteuses pour documenter, diffuser et améliorer l’accès au patrimoine, mais qu’il est tout aussi important de veiller à ce que ces outils soient utilisés de manière à servir la diversité culturelle et à préserver ses caractéristiques uniques.

Il a également réaffirmé l’engagement de la Mauritanie envers les objectifs de la Convention de 2003 et sa conviction du rôle essentiel du patrimoine culturel immatériel dans la promotion du dialogue et de la compréhension entre les peuples.

Il a affirmé la volonté de la Mauritanie de poursuivre sa collaboration avec l’UNESCO et les États parties afin de consolider une culture de sauvegarde et de valorisation du patrimoine, et de donner une place plus importante au patrimoine vivant dans les politiques de développement et dans la conscience des générations futures.

En conclusion, le ministre a souligné que le patrimoine culturel immatériel n’est pas seulement un héritage de nos ancêtres, mais aussi un héritage que nous choisissons de transmettre à nos enfants. Sa sauvegarde représente un investissement pour l’avenir et la protection d’une des ressources symboliques les plus importantes dont dispose l’humanité dans sa quête d’une meilleure compréhension, du rapprochement et de la paix.

Outre la ministre de la Culture, Son Excellence l’Ambassadrice Moulaty Mokhtar M’haimid, Déléguée permanente de la Mauritanie auprès de l’UNESCO, a assisté à la session.

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