L’élevage au Gorgol : Un moteur économique clé pour la création d’emplois et le développement local
Kaédi
La wilaya du Gorgol possède un potentiel considérable en matière de développement de l’élevage, tant par la taille de son cheptel que par la dépendance des populations locales à cette activité comme principale source de revenus, sans oublier ses importantes ressources pastorales.
Le secteur de l’élevage au Gorgol occupe une place centrale en raison de son rôle prépondérant dans le renforcement de la sécurité alimentaire et le soutien de l’économie locale. C’est pourquoi les pouvoirs publics lui accordent une attention particulière, tant au niveau régional que national, en créant les conditions propices à la préservation de cette ressource. Cela comprend le suivi de la santé animale, l’organisation de campagnes de vaccination contre les maladies, la préservation du couvert végétal et la promotion de la production fourragère.
Afin de faire le point sur la situation du secteur de l’élevage dans la région de Gorgol, l’Agence mauritanienne d’information a interviewé le délégué régional de l’élevage, M. Mohamed Ould Saleck Ould Amar. Il a expliqué que la wilaya possède un cheptel important, estimé à 494 873 bovins, 1 688 949 ovins et 35 000 chameaux, selon le dernier recensement effectué en 2024 par l’Agence nationale des statistiques, de l’analyse démographique et économique (ANSADE).
Il a souligné que l’importance de ce cheptel témoigne du rôle stratégique du secteur, non seulement pour le développement local, mais aussi pour l’économie nationale.
Il a indiqué que le ministère de l’Élevage, par l’intermédiaire de sa délégation régionale, travaille sur plusieurs aspects, notamment la santé animale, la production animale et le suivi continu de la situation du cheptel, grâce à ses bureaux régionaux et ses inspections couvrant l’ensemble de la wilaya du Gorgol.
Le délégué régional a précisé que le secteur de l’élevage contribue à hauteur d’environ 10 % au PIB et offre de nombreuses opportunités d’emploi, en particulier dans les zones rurales, où il emploie entre 70 % et 80 % de la main-d’œuvre totale du secteur.
Il a expliqué que les interventions du département sont réparties sur plusieurs domaines, notamment la santé animale (lutte contre les maladies, surveillance des épidémies et éradication) et la production animale (produits laitiers, viande rouge et blanche, cuirs et volailles).
Il a également indiqué que l’année 2025 a été marquée par des progrès significatifs dans la région du Gorgol, notamment la construction d’un centre vétérinaire dans la commune de Djéol, moughataa de Kaédi, la rénovation et l’entretien de plusieurs centres vétérinaires dans les moughataas de Kaédi, Mbout et Monguel, ainsi que la construction de grands entrepôts d’aliments pour animaux, d’installations de stockage et de traitement des cuirs et d’unités de transformation laitière dans cinq communes.
Il a ajouté que parmi ces réalisations figure la création de centres modèles pour l’amélioration des races ovines, le plus récent étant situé dans la commune de Kanki, moughataa de Lexeiba.
Par ailleurs, une trentaine de centres de vaccination pour le bétail ont été construits, dont quinze dans le cadre du programme de développement régional et quinze dans le cadre du programme régulier du ministère de l’Élevage.
Le délégué régional de l’élevage a expliqué que le département s’emploie également à surveiller les épidémies et maladies transfrontalières, notamment en suivant les mouvements de troupeaux à destination et en provenance du Sénégal. Cela implique la mise en œuvre de procédures sanitaires rigoureuses, telles que le prélèvement d’échantillons et leur envoi au laboratoire central de Nouakchott pour analyse de divers virus et bactéries, le tout dans le cadre de l’approche « Une seule santé », qui associe la santé humaine, animale et environnementale.
Il a indiqué que la production animale englobe plusieurs filières, dont les produits laitiers, la viande rouge et blanche, les cuirs et la volaille.
Il a souligné que la délégation régionale assure le suivi de chaque filière, avec des progrès tangibles réalisés dans divers domaines, notamment l’amélioration des infrastructures, la construction de centres vétérinaires et d’installations de stockage d’aliments pour animaux, ainsi que la création de centres modèles pour l’amélioration des races.
Il a précisé que les campagnes de vaccination ont permis de vacciner environ 100 000 bovins et 400 000 ovins contre diverses maladies, dont la pleuropneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants (PPR), la dermatose nodulaire contagieuse et la pasteurellose chez les bovins et les ovins.
Il a souligné que le suivi de la santé animale et l’amélioration de la production contribuent à la stabilité des populations et à la fourniture de produits alimentaires sûrs, réaffirmant la poursuite des efforts visant à améliorer les services dans toutes les moughataas de la wilaya afin de garantir l’efficacité des interventions gouvernementales et l’atteinte des résultats escomptés.