L’Assemblée nationale a approuvé, mardi, sous la présidence de M. El Hassen Cheikh Baha, vice-président de l’Assemblée, un projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement signé le 27 juillet 2025 entre la République islamique de Mauritanie et l’Association internationale de développement, et destiné à financer le projet d’intervention régionale pour l’apprentissage et la coopération dans le domaine de l’éducation dans la région du Sahel.
Le financement total du projet s’élève à environ (72.320.000) dollars américains, répartis entre un prêt de l’Association internationale de développement : (44.000.000) dollars américains, inclus dans le projet de loi présenté ; et une subvention de la Banque allemande de coopération (KFW) d’une valeur de (28.320.000) dollars américains, dont (12.900.000) dollars américains ont été mobilisés à ce jour.
Le projet de loi vise à renforcer les capacités de gestion des systèmes éducatifs et à élargir les opportunités d’accès à l’éducation pour les jeunes vulnérables.
Le projet comprend une composante spécifique visant à renforcer l’élaboration et la mise en œuvre des politiques éducatives, à travers la création et l’activation d’un institut régional intergouvernemental axé sur le développement de la recherche appliquée, la formation, le conseil politique et les connaissances.
Il comprend également une autre composante visant à développer des parcours éducatifs flexibles et efficaces pour les jeunes vulnérables, notamment en renforçant les fondations de l’école régionale ouverte et en mettant en œuvre la première génération de ses programmes ouverts à titre expérimental dans les pays participants, dans le but de répondre aux besoins des réfugiés, des nomades et des autres jeunes non scolarisés, âgés de 10 à 18 ans, dans les communautés d’accueil.
Dans son discours à cette occasion, le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallahi Souleymane Cheikh Sidiya, a souligné que le programme de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, accorde une importance particulière au développement du secteur de l’éducation nationale, indiquant que les politiques et stratégies du secteur de l’éducation se concentrent sur la diversification des réseaux de formation et l’augmentation des capacités d’accueil, à travers la création de nouvelles structures et l’amélioration de l’accès à l’éducation et l’élévation de sa qualité.
Il a indiqué que l’accord de financement présenté ne bénéficie qu’à la Mauritanie et au Tchad, aprécisant que l’Association des Universités Africaines représente un partenaire stratégique du projet en fournissant les conseils et l’expertise technique nécessaires à sa mise en œuvre.
Il a affirmé que le siège de l’Institut régional sera à Nouakchott, et que le projet vise à développer des parcours éducatifs flexibles et efficaces pour les jeunes, dont 850 000 étudiants des catégories vulnérables bénéficieront, en particulier les enfants de réfugiés et de nomades, afin qu’ils aient une seconde chance d’accéder à l’éducation.
Concernant la gestion, le suivi et l’évaluation du projet, le ministre des Affaires économiques et du Développement a souligné que le projet est basé sur le renforcement de la gouvernance éducative selon les normes de transparence et d’efficacité, au service du peuple mauritanien, en plus d’élargir l’accès à l’éducation innovante, à travers le modèle de “l’école ouverte”, ainsi que la création d’une plateforme solide de suivi et d’évaluation, garantissant la responsabilité et la qualité.
De leur côté, les députés ont souligné dans leurs interventions l’importance des prêts destinés au développement, et en particulier ceux liés au secteur de l’éducation, qui renforce son rôle dans l’économie nationale.
Ils ont insisté sur la nécessité de réaliser des études d’évaluation de l’impact des prêts sur le développement de l’éducation, afin d’accroître l’efficacité, l’efficience et la rapidité dans la réalisation des projets éducatifs à financement externe.
Ils ont demandé l’incarnation du principe de souveraineté nationale dans la gestion des projets financés de l’étranger, surtout au vu des allégations concernant l’exigence des donateurs de limiter le conseil et le contrôle aux entreprises et bureaux étrangers appartenant aux pays actifs dans les fonds financés.
Ils ont appelé à allouer une part significative de ce projet aux personnes handicapées en se concentrant sur le développement de méthodes d’enseignement utilisant les signes et le “braille” afin d’assurer l’intégration de cette catégorie importante dans le système éducatif.