Agriculture d’hiver en Adrar : une production diversifiée pour un approvisionnement local renforcé
Atar
L’agriculture dans la wilaya de l’Adrar est un moteur économique essentiel au développement local. Elle contribue à l’approvisionnement des marchés, stimule les échanges commerciaux, crée des emplois et soutient les efforts du gouvernement pour atteindre l’autosuffisance et renforcer la sécurité alimentaire.
L’agriculture d’hiver dans la région joue un rôle fondamental dans l’approvisionnement des marchés locaux en légumes frais durant la saison froide. Elle garantit un approvisionnement continu et diversifié en produits alimentaires, tout en soutenant l’activité commerciale et en créant des emplois dans les zones agricoles, ce qui en fait un facteur stratégique pour la sécurité alimentaire locale.
Le délégué régional du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire en Adrar, M. Lemhaba Ould Bilal, a déclaré à l’Agence mauritanienne d’information (AMI) que la wilaya compte environ 1,8 million de palmiers dattiers.
Il a indiqué que la superficie cultivée cette saison comprend 1 400 hectares de cultures pluviales, 230 hectares de légumes, 70 hectares de blé et 6,5 hectares de cultures fourragères.
Il a ajouté que deux barrages ont été construits dans la région de Ouadane. La construction du premier, à Tellaba, est achevée, tandis que celle du second est en phase finale.
Il a expliqué que le secteur oasien constitue l’épine dorsale de l’activité agricole de la wilaya, Adrar se classant première au niveau national en termes de nombre d’oasis, de palmiers et de production.
La production maraîchère arrive en deuxième position, notamment pendant la saison hivernale, contribuant à l’approvisionnement des marchés locaux et nationaux, en particulier pour les carottes et les navets, la production étant concentrée dans les zones de Tawaz, Maaden El Irvane et Ouad Segueli.
Il a indiqué que la région contribue également à l’approvisionnement du marché en céréales traditionnelles, notamment dans les zones de Legrayer et de certains barrages, tout en soulignant que la rareté des précipitations constitue le principal défi pour ce secteur.
Il a confirmé le succès de l’expérimentation de la culture du blé et du fourrage, ainsi que des essais modernes de culture de la luzerne et de culture sous palmeraie.
Il a indiqué que la superficie cultivée la saison dernière a atteint 2 100 hectares, dont 225 hectares de légumes, 90 hectares de blé et 6 hectares de fourrage.
Il a souligné que l’un des défis les plus importants était l’invasion de criquets pèlerins, avec des essaims observés dans la région d’Aoujeft, notamment dans la municipalité de ElMedah, et plus particulièrement dans les villages d’Arsh Al-Teli, d’Arsh Al-Guebli et de Graret Levrass. Il a souligné que les autorités sont intervenues en déployant des équipes de lutte spécialisées.
Il a ajouté que la saison actuelle n’avait pas été suffisamment pluvieuse pour les semis dans les principales zones pluviales, ce qui a entraîné la perte quasi totale des récoltes dans les régions d’Aoujeft et d’Ouadane.
Des semis limités ont été enregistrés dans certaines zones, notamment à Graret Levrass, Grarrt Yaghraf (Ain Ehl Taya), Teyarett, Aghsissle (Atar) et dans la coopérative de Touezguit.
Il a expliqué que le ministère avait fourni des intrants agricoles cette saison, notamment des engrais et des semences, dont 486 kg de semences potagères.
Par ailleurs, 180 palmiers dattiers, des pesticides et des pulvérisateurs ont été distribués, et les digues de sable endommagées par les inondations ont été réparées.
Il a exhorté les agriculteurs à unir leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés, insistant sur la nécessité de rationaliser l’allocation des ressources afin qu’elles parviennent aux agriculteurs eux-mêmes et soutiennent ainsi la production.
De son côté, le coordinateur du projet de développement de la culture fourragère à Adrar, M. Sid’Ahmed Ould Savra, a déclaré que le projet avait permis de planter 6,5 hectares de cultures fourragères dans différents moughataas de la wilaya et de distribuer 13 types de semences fourragères, ainsi que du matériel agricole, notamment des semoirs, des pulvérisateurs et des engrais.
Il a indiqué que le projet est financé par l’État afin de garantir l’approvisionnement en fourrage pendant les périodes de manque de pâturages et de réduire la transhumance.
De son côté, le coordinateur régional du projet de développement et d’amélioration des oasis, M. Bamba Ould Moulaye Amar, a confirmé que le nombre de palmiers dattiers dans la wilaya, selon le recensement de 2021, atteignait 1,8 million, employant 10 110 agriculteurs, tandis que la superficie totale des palmiers dattiers est de 5 700 hectares.
Il a ajouté que la production de dattes de l’oasis cette saison a atteint 16 000 tonnes, dont 650 tonnes provenant des 901 hectares aménagés par le projet.
Il a précisé que le projet a permis la réalisation de 129 puits artésiens, 50 puits de surface et 52 réservoirs d’eau. Les réseaux d’irrigation couvrent une superficie de 717 hectares et 89 350 mètres de clôture ont été installés autour des oasis.
Il a expliqué que le projet a également a mis en place un laboratoire dédié à la recherche et aux technologies du palmier à huile, d’une usine de transformation des dattes d’une capacité de stockage et de réfrigération de 1 000 tonnes, ainsi que de coopératives pour la gestion des oasis et le renforcement du rôle des agriculteurs dans le développement local.
Dans le même esprit, M. Mahmoud Ould Ahmed Jeddou, président de la Coopérative de l’Oasis de Kenwal, a lancé un appel à l’aide pour permettre aux agriculteurs de faire face à la pénurie d’eau et à la désertification, en demandant la fourniture d’outils agricoles, de clôtures, de semences et d’énergie solaire.
Pour sa part, la directrice de la coopérative Dhayah, Mme Aïcha Vall Souleymane Mahah, a expliqué que la coopérative est active dans les secteurs des palmiers dattiers, du maraichage et des arbres fruitiers, et contribue à l’approvisionnement du marché local en produits dérivés de la datte, en matières grasses et en produits laitiers.
Elle a plaidé pour un soutien en matière de commercialisation, d’amélioration de l’accès aux zones de production et de mise à disposition d’installations frigorifiques pour la conservation des produits.