L’État a concentré ses efforts et élaboré des stratégies ambitieuses au cours des dernières années pour développer le secteur des légumes, qui constitue le domaine le plus important pour attirer la main-d’œuvre et les investissements privés nationaux et étrangers à notre époque.
Il a fourni et mobilisé tous les moyens et a engagé ses institutions et services spécialisés afin d’atteindre l’autosuffisance en légumes et d’atteindre le stade de leur exportation vers les marchés régionaux et internationaux.
Au milieu de cette orientation sérieuse, plusieurs initiatives individuelles et collectives ont émergé, contribuant largement à améliorer la performance du secteur et à promouvoir et encourager les investissements.
A ce propos, M. Mohamed Ould Nemine, chargé de mission au cabinet du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a déclaré, mercredi à Rosso, à l’Agence Mauritanienne d’Information, en marge de la cérémonie de lancement de la campagne de culture maraîchère à “Chikara”, à l’est de la ville de Rosso, que ‘’la campagne de culture maraîchère de cette année se caractérise, conformément à ses objectifs fixés, par une augmentation des superficies aménagées pour les légumes afin d’accroître le niveau de couverture des besoins nationaux en cette matière vitale grâce à des investissements gigantesques, à l’introduction de mécanismes et de techniques spécifiques à la culture maraîchère, à l’extension des installations de réfrigération et de conservation, et à l’action visant à désenclaver les zones de production intensive, notamment dans la région côtière d’Aftout’’.
Il a indiqué que ‘’la supervision personnelle et directe de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors de l’inauguration de cette campagne, pour la première fois, est une preuve du sérieux de l’orientation et de l’intérêt accordé à ce produit’’.
Concernant la deuxième étape de la visite de Son Excellence le Président de la République, relative au lancement des travaux de nettoyage de l’affluent “SCAM”, le chargé de mission a souligné que cet axe hydraulique permettra de créer un environnement attractif pour les investissements nationaux et étrangers visant à développer les secteurs agricoles, y compris les secteurs des légumes et du blé en particulier’’.
De son côté, le directeur du Centre National de Recherche Agronomique et de Développement Agricole, M. Sidi Ould Ely, a souligné que ‘’les interventions du Centre dans le domaine de la culture maraîchère consistent à fournir un laboratoire d’analyse de la fertilité des sols, un facteur indispensable à l’amélioration et à l’augmentation de la productivité des légumes’’.
Il a déclaré que ‘’le Centre peut contribuer avec les coopératives à la multiplication des semences de légumes à haute productivité, et que l’institution fournit, via son site web, aux utilisateurs toutes les publications techniques sur les légumes et le plan technique pour toutes les variétés concernées, depuis la phase de préparation des semis en passant par la fertilisation et le labour jusqu’à la récolte’’, ajoutant que’’ la technique de l’agriculture de précision est actuellement expérimentée au niveau du Centre National de Recherche Agronomique et de Développement Agricole en utilisant les moyens susmentionnés’’.
A son tour, M. Mohamed El Mokhtar Sidi Mohamed, conseiller du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, chargé de la recherche et de la formation, a affirmé que ‘’la culture maraîchère est une culture stratégique importante et sensible, compte tenu de ses exigences scientifiques et des moyens et techniques dont elle a besoin, et de la facilité d’interruption des chaînes d’approvisionnement de cette matière’’.
Il a ajouté que ‘’pour les raisons susmentionnées, l’État a adopté ces dernières années une stratégie visant à combler le déficit alimentaire en légumes, et a pris une série de mesures qui touchent directement le secteur agricole en général et se reflètent positivement sur la culture maraîchère, soulignant que parmi les mesures prises figure la réduction des droits de douane sur les intrants agricoles, les machines et les équipements agricoles afin de permettre aux agriculteurs de les acquérir à des prix abordables’’.
M. le conseiller a indiqué que les mesures prises comprennent l’encouragement des investissements massifs dans ce domaine par des investisseurs nationaux et étrangers ayant émergé dans le domaine de la culture maraîchère, poussés par le vide du marché imposé par l’absence de certains pays traditionnellement connus pour l’exportation de cette matière, ce qui a permis aux investisseurs nationaux et étrangers d’occuper une place importante dans la liste des fournisseurs de pastèques mauritaniennes’’.
Il a ajouté qu’en raison des exigences de qualité imposées par l’exportation, cela a contribué à l’introduction de techniques modernes qui ont permis de transformer la culture maraîchère, d’une culture visant à satisfaire les besoins familiaux en une culture économique visant à améliorer la qualité et à accroître la compétitivité, et cela s’est traduit par une augmentation du taux de couverture des besoins nationaux en divers légumes de 15% à près de 40% au cours des dernières années.
Dans ce contexte, il a souligné que ‘’la dernière saison maraîchère a permis de fournir divers légumes sur le marché national pendant le mois de Ramadan et même au-delà jusqu’à la fin du mois d’août 2025, ce qui signifie une prolongation de la période de production grâce à l’introduction de techniques modernes’’.
Il a affirmé que ‘’la Mauritanie possède nombreux avantages comparatifs, notamment la diversité des climats, la proximité des marchés internationaux et l’ampleur des capacités agricoles et hydriques, ainsi que l’encouragement de l’État à l’entrée de grands investisseurs dans ce domaine’’.
Pour le directeur du développement des filières agricoles au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, M. Baba Ahmed Ould Nagra, il a estimé que ‘’la campagne de culture maraîchère que Son Excellence le Président de la République lancera jeudi prochain incarne la ferme volonté politique de promouvoir cette filière qui a connu ces dernières années un développement remarquable, se traduisant principalement par une réduction des droits de douane de 47% sur certains intrants à 3,53% du tarif douanier, ce qui a eu un impact positif sur les importations de tous les intrants agricoles et des machines entrant dans le cadre de la promotion de cette filière, notamment (semences, engrais, pesticides), ainsi que les tracteurs et leurs accessoires, les grandes semeuses et toutes les machines qui n’entrent pas dans d’autres domaines parallèles, ce qui a incité de nombreux agriculteurs à s’engager dans cette filière, permettant au secteur de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire de couvrir 42% des besoins nationaux’’.
Il a ajouté que la visite de Son Excellence le Président de la République et sa supervision du lancement de la campagne de culture maraîchère visent à encourager les investisseurs à s’engager dans le développement de la filière maraîchère, avec l’engagement de surmonter toutes les difficultés qui entravent son développement, telles que le réseau électrique dont la réalisation a atteint environ 90%, le désenclavement des zones de production et l’ouverture de la route d’Inimich et sa connexion à la route Nouakchott – Boutilimit, ce qui a atténué les problèmes liés à la circulation des marchandises’’.
Il a souligné que certains problèmes persistent, tels que l’assurance et le financement, mais qu’ils font actuellement l’objet d’études qui permettront de trouver des solutions appropriées et adaptées à notre réalité.
Quant à la Société Nationale d’Aménagement Agricole et de Travaux “SNAAT”, elle a, dans le cadre de son contrat avec l’État, mis en œuvre un programme appelé “Axes Hydrauliques”, qui consiste à nettoyer les 15 affluents le long de la rive du fleuve, afin d’assurer la fluidité de l’eau vers les canaux d’irrigation pour la pérennité du processus de production.
La “SNAAT” a, également, désenclavé les zones de production en construisant des passages et des ponts en ciment et en fer, en plus d’aider les coopératives collectives à réhabiliter les aménagements agricoles et les programmes d’urgence de lutte contre les inondations et de protection des villages et des villes.
La société dispose de machines exceptionnelles (excavatrices flottantes et excavatrices à bras longs qui travaillent dans l’eau et dans la boue).
Par ailleurs, en marge du lancement de la campagne de culture maraîchère pour la saison 2025, une exposition a été organisée, comprenant 30 stands sur une superficie de 1600 mètres carrés.
L’exposition, à laquelle participent des institutions publiques et des entreprises privées intervenant dans la culture maraîchère, comprend une plateforme de présentation et un pavillon spécial pour les équipements agricoles, tels que les moissonneuses, les tracteurs, les excavatrices, les excavatrices flottantes et humides, les machines de nivellement du sol de différents types, les semoirs d’engrais et les drones.
.La Société Nationale de Développement Rural “SONADER” à Trarza, à travers sa direction régionale et ses succursales à R’Kiz et Keur Macène, encadre 675 coopératives rurales dans le domaine de la culture maraîchère et du riz, selon M. Mohamed Ould Breika, directeur régional de la SONADER au niveau de la wilaya de Trarza, ajoutant que la SONADER assure à ces coopératives le renouvellement et l’organisation des aménagements au cours des dernières années 2023-2024.
En plus de l’encadrement, la société est également chargée du nettoyage, de l’approfondissement et de l’entretien des axes hydrauliques, ainsi que des aménagements agricoles qui ont atteint près de 8000 hectares au profit des catégories vulnérables au cours de la période 2021-2025, en plus du projet stratégique dont Son Excellence le Président de la République lancera les travaux après-demain jeudi depuis la commune de Jedr El Mohguen, qui est un projet d’approfondissement et de nettoyage de l’affluent de Skam sur une longueur de 34 km.
Il a souligné que ce projet permettra l’aménagement et l’irrigation de 8000 hectares de nouvelles terres, en plus d’améliorer l’irrigation de 4000 hectares d’anciennes terres qui souffraient de problèmes d’irrigation et d’inondation pendant la saison des pluies.