Ces dernières années, le secteur agricole a connu d’importantes transformations, suite à l’attention que lui accorde le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui, dans ses discours et directives, souligne que “la réalisation de l’autosuffisance alimentaire est une question de souveraineté et de sécurité nationales”.
Conformément à cette orientation stratégique, le gouvernement s’est engagé dans des stratégies et des programmes ambitieux afin d’atteindre l’autosuffisance dans les denrées alimentaires les plus consommées et d’atteindre le niveau de souveraineté alimentaire du pays.
La campagne maraîchère 2025-2026, qui sera lancée par le Président de la République mercredi à partir de Rosso (Trarza), s’inscrit dans cette dynamique, afin de consolider les acquis réalisés ces dernières années en termes d’augmentation de la production agricole, des superficies cultivées, d’amélioration de la productivité, de modernisation de l’irrigation et d’intégration des jeunes.
Selon les données du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, la superficie totale programmée pour l’exploitation dans le domaine des légumes durant cette saison est estimée à 12. 000 hectares, avec une production brute attendue de 240 000 tonnes, soit un taux d’autosuffisance de 84% dans les légumes les plus consommés, contre 48% durant la dernière campagne 2024-2025.
Selon la même source, la superficie dédiée à la culture des légumes a bondi de 2094 hectares en 2019 à 8935 hectares durant la campagne 2024-2025, alors que la production des légumes a connu une augmentation constante durant les six dernières années, passant de 31 410 tonnes en 2019 à 134 025 tonnes durant la campagne 2024-2025, soit une augmentation de 426%, ce qui constitue un saut qualitatif reflétant la forte volonté politique d’atteindre la souveraineté alimentaire.
Les cultures maraîchères sont principalement concentrées dans la zone de l’Aftout (Keur Macène, Rosso, N’tékane et R’kiz) dans la wilaya du Trarza, Dar El Barka dans celle du Brakna, et Foum Legleita dans la wilaya du Gorgol, avec une demande croissante de cultures maraîchères sur l’ensemble du territoire national sous forme de coopératives féminines ou de jardins familiaux. Il existe plus de 30 variétés de légumes et de fruits.
Pour assurer la réussite de cette campagne, un certain nombre de mesures ont été prises : 800 tonnes de pommes de terre, 7 920 kg de semences de légumes, 70 kilomètres de clôtures pour protéger les fermes maraîchères des animaux errants, 35 serres, un ensemble de moto-pompes solaires et diesel, la récupération et l’équipement de 40 fermes modèles.
Deux chambres froides pour la conservation des légumes, l’une d’une capacité de 2 400 tonnes et l’autre de 1 000 tonnes, sont en cours de construction, tandis qu’un complexe d’une capacité exceptionnelle est en cours de construction au kilomètre 18 de la route Nouakchott-Rosso.
En ce qui concerne les perspectives sur lesquelles le secteur mettra l’accent pour relever les défis de la souveraineté alimentaire à partir des produits agricoles, l’accent sera mis sur le développement de pôles prometteurs à travers la réalisation d’importants projets, notamment dans le secteur irrigué, la mise en valeur de 220 hectares pour l’extension de la ferme de Mbouri pour l’insertion des diplômés chômeurs, 8043 hectares dans la plaine de Sokam, 3000 hectares entre Rosso et Boki pour l’insertion des jeunes, la réhabilitation et l’extension de la ferme modèle de Boki.
La construction de deux canaux au Brakna et au Gorgol, l’élaboration d’un plan directeur pour la rive du fleuve Sénégal, la construction d’un marché de légumes de 3 hectares à Nouakchott, la création d’un pôle agricole à Tiguent et une étude pour l’ouverture de trois centres de vente d’intrants agricoles à R’kiz et Keur Macène au Trarza et Guerrou en Assaba seront également étudiés.
Dans un entretien accordé à l’AMI, le directeur général de la Société Nationale de Développement Rural (Sonader), M. Hamada Ould Didi a indiqué qu’en raison des crises alimentaires mondiales, l’État a concentré ses efforts sur la création d’un espace national de production à travers la récupération de nombreuses zones agricoles et la mise en place d’équipements de maîtrise des eaux fluviales et pluviales.
Il a précisé que cette approche stratégique, qui se poursuit à ce jour, a permis la relance de plusieurs filières vitales, notamment la filière maraîchère qui est devenue une destination d’investissements privés nationaux, nécessitant la mise en place de procédures techniques pour assurer l’organisation de la filière et des producteurs dans le cadre de groupements économiquement avantageux.
Il a noté que conformément à la vision du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, d’exploiter nos ressources naturelles, la Sonader a établi des partenariats avec un certain nombre d’investisseurs privés à travers la mise en place de trois pôles d’intérêt économique dont l’un dans l’aftout Sahili et les deux autres sur la rive du fleuve à l’est du Trarza. Ces 3 pôles serviront à l’organisation des producteurs en vue de faciliter l’accès aux services publics et la communication directe avec l’État sur les questions liées au développement agricole, en plus de l’organisation de la production, la commercialisation et l’approvisionnement régulier du marché national, en particulier pendant les périodes de pointe de la production, ce qui a permis d’atteindre 40 % des besoins du marché national en légumes.
M. Hamada Ould Didi a affirmé que les mesures prises par l’État, à savoir la levée des droits de douane sur les équipements agricoles et la réduction à 3,5% des droits de douane sur les intrants agricoles, ont permis d’impliquer davantage le secteur privé et stimulé les investisseurs privés dans le domaine, ce qui a permis d’atteindre l’autosuffisance dans certains produits maraîchers et d’exporter le surplus, puisque 100.000 tonnes de pastèque mauritaniens ont été exportées vers les marchés européens et africains.
Dans le domaine de l’agro-industrialisation, le directeur général de la Sonader a confirmé que des plans sont en cours pour établir un pôle agricole (ville agro-industrielle) qui se concentrera sur les agro-industries, le stockage, la réfrigération et la logistique, ce qui permettra, dit-il, d’augmenter la valeur ajoutée du produit et d’encourager les exportations.
De son côté, Le président de l’Union nationale des professionnels de l’horticulture, M. Moulay Ammar Ould Moulay Idriss, a indiqué que le pastèque mauritanien a occupé la première place parmi les exportations agricoles mauritaniennes au cours de l’année 2023 et a battu des records en termes de quantités et de recettes financières, ce qui démontre l’importance de ce produit sur les marchés extérieurs.
Il a indiqué que le total des exportations mauritaniennes de pastèques au cours de l’année 2023 est estimé à 400.000 tonnes, avec des recettes atteignant 5,5 milliards d’ouguiya, ce qui témoigne, selon lui, de l’importance économique sans cesse croissante de ce secteur pour les agriculteurs et les exportateurs.
M. Moulay Ammar Ould Moulay Idriss Il a souligné que les marchés européens qui importent ce produit sont l’Espagne (140 000 tonnes), la France (100 000 tonnes) et l’Italie (60 000 tonnes), en plus de l’exportation d’environ 100 000 tonnes vers les pays africains.
Il a expliqué que les pastèques mauritaniennes se caractérisent par leur maturité précoce par rapport à leurs concurrentes de la rive nord de la Méditerranée, et qu’elles ont un goût sucré concentré et une écorce forte qui facilite le transport sur de longues distances.