L’analphabétisme constitue, aux yeux des spécialistes de par le monde, l’une des causes et sources du sous-développement et de la pauvreté. Elle représente aussi une barrière qui se dresse devant l’émancipation économique et un motif de violation des droits essentiels de l’homme, de l’injustice, de l’exclusion et de la stigmatisation des couches sociales.
En Mauritanie, l’éradication de ce phénomène a été toujours une préoccupation majeure depuis plus d’une décennie. Bien que des efforts louables soient déjà fournis par le département concerné, les résultats enregistrés sont en deçà des attentes en comparaison des fonds injectés dans le secteur.
En réalité, sur le terrain, on constate que les analphabètes n’ont pu se libérer de l’ignorance et les financements absorbés par le secteur pouvaient donner des résultats beaucoup plus tangibles s’ils étaient orientés vers d’autres créneaux de développement touchant directement la vie du citoyen.
Les partenaires au développement ont, en vain, appuyé la politique nationale dans le domaine dans l’espoir d’en faire la clé de tous les problèmes de développement dans le pays. Malheureusement, l’analphabétisme existe parmi-nous avec un taux de 46%, selon le directeur de l’analphabétisme et l’enseignement des adultes, M. Mohamed El Moctar Ould Mohamed Ould Msayid.
Le directeur, qui s’exprimait au cours d’un entretien avec le reporter de l’AMI, a dit que le problème se situe au niveau du citoyen qui n’a pas été suffisamment conscientisé sur l’intérêt de l’alphabétisation. Cette prise de conscience, dit-il, est une condition fondamentale pour la réussite de l’effort visant à juguler le phénomène.
Le directeur a aussi rappelé que son département, soucieux de combler les insuffisances du passé, a élaboré une nouvelle stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme axée sur les aspects suivants:
– la définition des objectifs, les activités à entreprendre, les délais, la population cible et les résultats escomptés,
– un élargissement des compétences du secteur et la décentralisation de l’effort d’alphabétisation par la signature de contrats avec les organisations de la société civile et la création des directions régionales de lutte contre l’analphabétisme équipées suffisamment des moyens humains et matériels,
– création d’un fonds pour l’appui à l’alphabétisation qui sera alimenté par la contribution de l’Etat et celle des partenaires.
Le directeur a, ensuite indiqué que l’accent sera mis, dans la nouvelle stratégie, sur les victimes de la déperdition scolaire, ceux qui n’ont jamais fait l’école, les filles, les handicapés, les prisonniers, les femmes chefs de ménages et les jeunes âgés de 11 à 14 ans.
Pour inciter les gens à l’apprentissage, des investissements seront octroyés sous conditions de s’adonner à l’alphabétisation.
Au sujet de l’enseignement originel, il a indiqué que ce type d’enseignement sera promu par l’introduction de nouvelles disciplines comme l’enseignement des langues étrangères et les matières scientifiques. Le directeur a, enfin, remercié l’ensemble des partenaires au développement pour le soutien qu’ils apportent à notre pays, notamment la radio ECCA espagnole, l’institut qatari pour le développement, l’UNESCO et le PNUD.