Clôture de la première réunion annuelle du Réseau MENA-ARIN pour le recouvrement des avoirs à Djeddah
Djeddah
La première assemblée générale annuelle du Réseau régional MENA-ARIN pour le recouvrement des avoirs s’est clôturée jeudi 9 octobre 2025.
Organisée par l’Arabie saoudite, représentée par l’Autorité de surveillance et de lutte contre la corruption (Nazaha), la réunion a enregistré une large participation des États membres du Groupe d’action financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (GAFI MENA), ainsi que d’organisations internationales et régionales et de réseaux homologues pour le recouvrement des avoirs.
À l’issue de la réunion, le sous-secrétaire à la coopération internationale de Nazaha, le Dr Nasser bin Ahmed Aba Al-Khail, a prononcé un discours dans lequel il a salué le succès de la réunion, qui a permis de créer le réseau MENA-ARIN et de poser des bases solides pour son avenir.
Il a ajouté que cette étape constitue non seulement une réalisation importante, mais aussi une avancée qualitative établissant un cadre favorisant la coopération, soutenant le renforcement des capacités et consolidant notre engagement collectif dans la lutte contre la corruption et les crimes de toutes sortes.
Aba Al-Khail a souligné que le réseau MENA-ARIN poursuivra son développement et son amélioration continus, notamment grâce à une feuille de route claire et ambitieuse visant à renforcer les efforts de recouvrement d’avoirs dans la région.
Il a réitéré que le Royaume d’Arabie saoudite restait fermement engagé à renforcer ces efforts et continuerait de jouer un rôle actif et influent pour soutenir le succès et le développement continu du réseau MENA-ARIN.
Aba Al-Khail a lu les recommandations de la présidence de MENA-ARIN aux États membres, notamment la consolidation de l’engagement politique et pratique par l’activation des points focaux et l’intensification des échanges d’informations et de demandes liées au recouvrement d’avoirs. Cela renforcera l’efficacité du réseau et en fera un outil performant ayant un impact tangible dans le soutien aux autorités chargées de l’application de la loi.
Les recommandations portaient notamment sur l’élaboration et l’harmonisation des législations nationales afin d’inclure des outils efficaces tels que la confiscation, les transactions et des mesures modernes de traçage et de gel des avoirs illicites, conformément aux obligations et normes internationales, facilitant ainsi les opérations de recouvrement entre les États membres.
Les recommandations appelaient également au renforcement de la coopération avec les organisations et réseaux régionaux et internationaux liés à la lutte contre la criminalité et au recouvrement, et mettaient l’accent sur le renforcement des capacités nationales et régionales par le biais de programmes de formation spécialisés ciblant les acteurs du recouvrement des avoirs illicites.
Le deuxième et dernier jour de la réunion a été marqué par plusieurs séances de dialogue visant à discuter de diverses questions liées au recouvrement d’avoirs et à renforcer la coopération régionale et internationale dans ce domaine.
La première séance a porté sur le thème « Renforcer la coopération internationale pour un recouvrement efficace des avoirs : défis, stratégies et partenariats ». La séance était modérée par Catherine Marty, experte du PNUD, et comptait parmi ses intervenants Adrian Foster, procureur général et chef de l’unité des produits du crime au Crown Prosecution Service (CPS) au Royaume-Uni, Alexandra Velzen, cheffe du bureau du recouvrement des avoirs au ministère français de l’Intérieur, et Natalija Kivelnieks, inspectrice générale du Bureau de recouvrement des avoirs de la Police d’État de la République de Lettonie ; et Modhi bint Mohammed bin Juma, directrice générale du Département des relations internationales de l’Agence de coopération internationale de l’Autorité de surveillance et de lutte contre la corruption (Nazaha).
Au cours de la session, les experts ont présenté les expériences, les meilleures pratiques et les stratégies de coopération des pays visant à renforcer la coopération bilatérale et multilatérale, tant entre les pays qu’au sein des réseaux régionaux de recouvrement des avoirs existants. Les intervenants ont insisté sur le rôle essentiel de partenariats solides et d’une coordination étroite pour un recouvrement des avoirs plus efficace et efficient. Ils ont également abordé les principaux défis auxquels le recouvrement des avoirs est confronté aux niveaux national, régional et international, en mettant en avant les initiatives en cours et les stratégies innovantes pour surmonter ces difficultés et améliorer les efforts de recouvrement.
La deuxième session a examiné les meilleures pratiques et les mécanismes de coordination entre les pays afin d’améliorer la transparence et l’efficacité du recouvrement des avoirs illicites.
La session était animée par Brigitte Strobel Shaw, Cheffe du Service de lutte contre la corruption et la criminalité économique de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Parmi les intervenants figuraient Min-Jin Cho, enquêteur judiciaire au Bureau du Procureur général de la République de Corée ; Daniel Llorens, Inspecteur en chef et Chef du Bureau de recherche des avoirs de la Police nationale du Royaume d’Espagne ; Christian Sunning, Procureur spécialisé principal au Bureau de recouvrement des avoirs de l’Unité nationale des crimes spéciaux du Ministère public du Royaume du Danemark ; et João dos Santos, Procureur général du Ministère public de la République du Portugal.
Une troisième session de dialogue a été organisée avec des organisations internationales, intitulée « Amélioration du recouvrement des avoirs : normes internationales, soutien international et coopération avec le réseau MENA-ARIN ».
La session était animée par Mead Al-Saghir, directeur général du Département des accords internationaux et régionaux de l’Agence de coopération internationale de Nazaha. Parmi les intervenants figuraient Bader Al-Banna, chargé de la prévention du crime et de la justice pénale, représentant de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et de l’Initiative Star ; Bonnie de Moraiz Suarez, conseillère nationale pour les affaires internationales au bureau du procureur général du Brésil et vice-présidente du Réseau mondial des opérations des autorités répressives contre la corruption (GLOBE E) ; et Pier Casanova Moroni, enquêteur financier et directeur par intérim du Bureau italien de recouvrement des avoirs.
Parmi les autres intervenants figuraient également Iker Licuona, directeur du Centre international pour le recouvrement des avoirs de l’Institut de Bâle sur la gouvernance ; Karin Andrea Tirlea, représentante d’Europol et du Secrétariat du Réseau ; Martin Preismann, procureur au Parquet européen ; et Julia Fromholz, cheffe de la division anticorruption de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les intervenants ont passé en revue les normes mondiales reconnues en matière de recouvrement d’avoirs dans le cadre de leurs programmes de travail en cours. Ils ont également apporté de précieuses informations sur le soutien et l’assistance technique offerts aux membres du réseau MENA-ARIN, renforçant ainsi les efforts régionaux visant à développer des mécanismes de recouvrement et à promouvoir la coopération transfrontalière.
La deuxième journée a également été marquée par des présentations de représentants du réseau CARIN et d’autres réseaux ARIN. Les intervenants ont passé en revue les réalisations et les enseignements marquants en matière de recouvrement d’avoirs et de lutte contre la criminalité financière, mettant en avant les stratégies efficaces, les défis relevés et les meilleures pratiques qui contribuent à soutenir et à renforcer les efforts du réseau MENA-ARIN.
Il convient de noter que cette réunion marque un tournant dans les efforts régionaux et internationaux de lutte contre la corruption. Elle marque le lancement officiel du nouveau réseau régional, dont le siège est situé au Royaume d’Arabie saoudite et qui en assure le secrétariat général permanent. Cela marque le début d’une nouvelle phase de coopération institutionnelle et renforce le rôle pionnier du Royaume d’Arabie saoudite dans le soutien au système d’intégrité et la construction de partenariats internationaux efficaces.