L'AMI

La généralisation des centres d’hémodialyse a-t-elle limité les risques d’insuffisance rénale ?

Le secteur de la santé a connu au cours des dernières années une grande évolution à tous les niveaux, tant en ce qui concerne l’acquisition des équipements médicaux que l’augmentation du cadre humain expérimenté.
La généralisation des centres d’hémodialyse constituent un aspect très important de cette évolution, car les maladies liées à l’insuffisance rénale étaient jusqu’à un passé très récent très répandues dans le pays, occasionnant une énorme charge pour le budget de l’Etat et représentant une menace réelle sur la vie des citoyens.
Pour avoir d’amples explications à ce sujet, l’AMI a rencontré le directeur de la médecine hospitalière, au ministère de la santé, Dr Ba Mamadou a souligné que le secteur des maladies rénales a connu un développement qualitatif après la généralisation des centres d’hémodialyse. En effet, le pays ne comptait qu’un seul centre, créé en 1996, d’une capacité qui ne dépasse pas 10 unités d’hémodialyse.
Maintenant, a poursuivit Dr Ba Mamadou, il existe 20 unités en plus des 10 unités qui se trouvent à l’Hôpital Militaire, faisant remarquer que l’an 2010 a été marqué par la création 64 unités au Centre Hospitalier National, au Centre Hospitalier Cheikh Zayed, à Aïoun, à Néma, à Kiffa et à Nouadhibou.
En 2012, le nombre a atteint 90 unités, 30 au Centre Hospitalier National, 7 à Aïoun, 9 à Néma, 8 à l’Hopital de l’Amitié, en plus des unités dans les cliniques privées telles que El Hayatt qui comprend 22 unités et la clinique Saffa qui contient 20 unités.
Dr Ba a précisé que l’Etat prend en charge les équipements d’hémodialyse, rappelant que le patient payait, jadis, 35000 UM pour chaque séance, ce qui est très coûteux, surtout si on connaît que cette opération doit se répéter 2 à 3 fois par semaine.
Il a signalé que l’Etat dépense, annuellement, 300 millions pour les équipements d’hémodialyse, considérant qu’il n’est plus nécessaire d’évacuer ces malades à l’étranger.
S’agissant des problèmes posés au secteur, Dr Ba a indiqué que l’insuffisance rénale nécessite des séances d’hémodialyse tout au long de la vie du patient, ce qui exige, a-t-il dit, une réflexion pour la mise en place de mécanismes pour l’implantation rénale, et au préalable, la mise en oeuvre d’une loi autorisant cette opération, en plus d’un centre spécialisé dans ce domaine.
Quant au chef de service d’hémodialyse au Centre Hospitalier National, Dr Abdellatif Ould Mohamed, il a précisé que ce service exploite 15 appareils d’hémodialyse. Il comprend, également, un pavillon pour les urgences.
Dr Abdellatif a souligné, dans une déclaration à l’Ami, que le nombre des patients qui subissent ce traitement régulièrement atteint 140 malades avec un taux moyen de 3 séances par semaine, précisant que l’Etat prend en charge les malades qui n’ont pas de cartes d’assurance maladies, par le biais du ministère des affaires sociales.
Il a noté que la recrudescence des maladies des reins pose un véritable problème pour les services sanitaires, précisant qu’une étude récente a montré qu’en moyenne, chaque mois, 15 nouveaux malades sont enregistrés dans le pays. Cette situation est due, a-t-il dit, au mode de vie des populations et à leurs régimes alimentaires, insistant notamment sur l’absence de la pratique du sports par la grande majorité des citoyens.

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