Le Président de la République au Sommet de l’Union africaine: “Je termine mon mandat avec la conviction profonde que l’Afrique a les moyens de réaliser les objectifs de l’Agenda 2063”
Addis-Abeba
Son Excellence le Président de la République et Président de l’Union africaine (UA), Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a souligné ce samedi dans son discours devant la 38ème session ordinaire du sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba qu’il termine mon mandat avec la conviction profonde que l’Afrique a les moyens de réaliser les objectifs de l’Agenda 2063.
Il transmet la présidence de l’UA à Son Excellence M. João Lourenço, Président de la République d’Angola à qui il adresse ses vœux de succès et lui réitère son engagement à soutenir son action.
Voici le texte intégral du discours de Son Excellence le Président de la République, Président de l’Union africaine:
“Excellences, Messieurs les Présidents et Chefs de Gouvernement,
Son Excellence Monsieur Abiy Ahmed, Premier ministre de la République Fédérale Démocratique d’Éthiopie,
Son Excellence Monsieur Moussa Faki, Président de la Commission de l’Union Africaine,
Son Excellence Monsieur António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies,
Son Excellence Monsieur Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne,
Son Excellence Madame Mia Mottley, Première ministre de la Barbade,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs, chers invités,
Je tiens tout d’abord à adresser mes sincères remerciements au gouvernement et au peuple éthiopiens pour les mesures prises afin d’assurer la parfaite organisation de ce sommet, ainsi que pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse dont nous bénéficions toujours dans cette ville historique, berceau de notre organisation, qui incarne l’aspiration de nos peuples africains à une Afrique unie, sûre, stable et prospère.
Je saisis également cette occasion pour exprimer ma gratitude à mes frères, les Chefs d’État et de Gouvernement africains, pour m’avoir confié la présidence de l’Union Africaine au cours de l’année écoulée. J’apprécie profondément leur soutien constant et leur appui indéfectible dans l’accomplissement de cette noble mission.
J’adresse aussi mes remerciements aux Princes, aux Chefs d’État et de Gouvernement, ainsi qu’aux représentants des organisations internationales qui ont répondu à notre invitation et nous honorent de leur présence à cet événement majeur marquant le début de l’année 2025, une année qui s’annonce pleine de défis et d’incertitudes.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Notre prise de fonction à la tête de l’Union Africaine est intervenue dans un contexte international et continental particulièrement complexe et délicat. Cependant, elle a coïncidé avec l’adoption de notre deuxième plan décennal dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Ce plan constitue le cadre de référence des stratégies de développement à moyen terme des États membres, des communautés économiques régionales et des différentes institutions de l’Union Africaine.
L’adoption de ce plan témoigne de notre volonté commune et inébranlable de concrétiser nos ambitions pour une Afrique prospère, malgré les nombreux obstacles et défis colossaux auxquels nous sommes confrontés. Dès mon accession à la présidence de l’Union, j’étais pleinement conscient de l’ampleur de la tâche et de la gravité des circonstances.
Notre monde actuel est marqué par une multiplication des crises, une expansion des conflits et une remise en cause des valeurs et principes fondateurs du système international issu de la Seconde Guerre mondiale. Après une période de relative stabilité et de renforcement du multilatéralisme, nous assistons aujourd’hui à une reconfiguration progressive de l’ordre mondial dont les contours et les conséquences restent incertains.
Malheureusement, ces dernières années ont été marquées par une recrudescence de la violence et de la barbarie, atteignant un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. La situation tragique en Palestine occupée en est une illustration poignante.
Ce climat international instable, aggravé par les guerres, les conflits, l’extrémisme et le terrorisme qui sévissent sur notre continent, impacte profondément nos efforts de développement. L’Afrique, confrontée à des défis majeurs tels que la pauvreté, le chômage, la précarité des systèmes éducatifs et de santé, et la vulnérabilité économique, subit également les effets dévastateurs du changement climatique, de l’insécurité et des conflits armés qui fragilisent sa stabilité et sa cohésion sociale.
Lors de la clôture de la 37ᵉ session de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine, nous nous sommes engagés à relever ces défis avec détermination.
Tout au long de notre mandat, nous avons œuvré en stricte conformité avec les règles de l’Union, en concertation avec la Commission et les communautés économiques régionales, pour favoriser le dialogue et la résolution pacifique des conflits. Nous avons soutenu activement les efforts de médiation menés par Son Excellence Denis Sassou Nguesso pour la Libye, ainsi que les initiatives conjointes de Leurs Excellences Paul Kagame et Félix Tshisekedi visant à mettre un terme aux violences en République Démocratique du Congo.
Dans le même esprit, nous avons organisé en Mauritanie, le 18 décembre 2024, une réunion consultative sur la coordination des initiatives pour la paix au Soudan et accueilli le Président du Conseil de souveraineté de transition, le général Abdel Fattah al-Burhan, à Nouakchott les 13 et 14 janvier 2025, afin de discuter des moyens de rétablir la stabilité au Soudan.
Malgré ces efforts, la paix durable reste un objectif à atteindre en Afrique. Il est donc impératif de renforcer l’architecture de paix et de sécurité du continent en mettant en œuvre les décisions audacieuses adoptées lors du Sommet extraordinaire de Malabo en mai 2022.
Nous avons également accordé une grande importance à l’agenda du développement en œuvrant pour la mobilisation des financements nécessaires. À cet effet, nous avons co-organisé avec Son Excellence William Ruto le Sommet de Nairobi sur le financement de l’Association Internationale de Développement (IDA21), dont le renouvellement a atteint un montant sans précédent de 100 milliards de dollars.
Par ailleurs, nous avons plaidé en faveur d’une réforme du système de gouvernance mondiale lors des sommets du G7 en Italie, du BRICS en Russie et du G20 au Brésil, insistant sur la nécessité d’un accès équitable aux financements pour les pays en développement.
Nous avons aussi mis l’accent sur l’éducation et l’emploi des jeunes, en organisant en Mauritanie un sommet continental sur l’éducation et l’employabilité des jeunes. Ce sommet a débouché sur la Déclaration de Nouakchott, que nous appelons ce Sommet à adopter.
Sur le plan agricole, nous avons initié deux sommets exceptionnels, l’un à Nairobi sur la santé des sols et des engrais, et l’autre à Kampala sur les systèmes agricoles durables. Nous encourageons le Sommet à adopter les Déclarations de Kampala et de Nairobi en faveur de la souveraineté alimentaire.
Enfin, nous avons plaidé pour l’accès à l’énergie en Afrique lors du Sommet de Dar es Salaam, visant à garantir l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
En lui transmettant la présidence de l’Union Africaine, j’adresse à Son Excellence João Lourenço mes vœux de succès et lui réitère mon engagement à soutenir son action.
Je tiens également à exprimer ma gratitude à Monsieur Moussa Faki Mahamat et à l’ensemble de la Commission de l’Union Africaine pour leur soutien précieux tout au long de mon mandat.
C’est avec une immense fierté que j’ai servi notre continent et porté sa voix sur la scène internationale. Je reste convaincu que l’Afrique est capable de relever tous les défis et de réaliser pleinement les objectifs de l’Agenda 2063.
Vive l’Union Africaine ! Vive une Afrique libre, forte et prospère !
Je vous remercie”.