L'AMI

Politique générale du gouvernement : Des choix ambitieux, des objectifs réalistes

Nouakchott

La politique générale du gouvernement, annoncée par le Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay devant l’Assemblée nationale mercredi dernier, qui a joui de l’assentiment des députés à une écrasante majorité (140 députés contre 25), s’est caractérisée par un diagnostic précis des problèmes majeurs du pays et des citoyens d’une part, et par le réalisme des solutions proposées à ces problèmes et des objectifs fixés à cet effet, loin des promesses mirobolantes et des engagements mirifiques qui ne sont pas réalisables.

Les réponses du Premier ministre aux interventions des députés se sont également caractérisées par une focalisation sur les préoccupations des citoyens ordinaires dans leur vie quotidienne, puisqu’elles ont abordé la plupart de leurs problèmes essentiels tels que l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, les transports et la subsistance quotidienne, ainsi que les grandes questions nationales telles que la corruption, l’immigration, l’unité nationale, le chômage et les tares sociales et les stéréotypes surannés qui handicapent l’émancipation de la société.

Le autant dans son allocution préliminaire que dans ses réponses aux députés, le Premier ministre a fait montre d’une clarté sans équivoque et d’une sincérité profonde en se confinant dans une démarche cohérente dont l’objectivité et le réalisme forcent la conviction.

Sa déclaration de politique générale du gouvernement décline fidèlement le programme de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors des dernières élections présidentielles, « Mon Ambition pour la Patrie », qui a remporté l’adhésion de la majorité des électeurs.

Le Premier ministre a très distinctement identifié les préoccupations du citoyen soulignant que le gouvernement ne permettra en aucun cas de transgresser les grille des prix des produits de première nécessité, de monopoliser l’importation ou la vente de produits alimentaires ou de spéculer en vue d’entrainer une augmentation des prix des produits de base (riz, huile, blé, sucre, lait, ciment, viande). Ce n’est pas un vœu pieux, parce que le gouvernement a pris les dispositions nécessaires pour protéger le consommateur contre toute augmentation illicite des prix au travers de textes qui énoncent des sanctions dissuasives pour toute personne qui serait tentée de s’adonner à ces pratiques.

M. Mokhtar Ould Diay a également été ambitieux dans sa vision pour améliorer les conditions de vie des citoyens à moyen et à long terme, en se basant sur la réalisation de l’autosuffisance dans ces produits de base et dans d’autres, grâce au développement du secteur agricole et industriel.

C’est ainsi qu’il a annoncé que le gouvernement mettra en œuvre un train de mesures pratiques pour atteindre l’objectif d’autosuffisance céréalière comme pas décisif sur la voie de la souveraineté alimentaire et de la lutte contre la pauvreté.

S’agissant du chômage, le Premier ministre a fait observer que l’un des plus grands obstacles au plein emploi des jeunes est le manque de formation et de qualification en plus de certaines appréhensions sociales vis-à-vis de certains métiers, entrainant du coup une réticence des jeunes à s’orienter vers certains emplois professionnels. A ce titre, il cité comme exemple le secteur de l’agriculture irriguée, qui emploie actuellement 20.000 travailleurs, dont la moitié sont des étrangers, et a appelé l’élite de la société à contribuer à changer ce genre de mentalité, en promettant d’œuvrer pour créer plus de formation pour les jeunes.

M. Mokhtar Ould Diay a évoqué sans détours la question du passif humanitaire en reconnaissant d’abord la phase difficile que le pays a traversée et les étapes importantes qui ont déjà été franchies pour la surmonter. Il a souligné la volonté du gouvernement, plus que jamais, de clore ce dossier une fois pour toutes d’une manière qui satisfasse les parties prenantes, appelant tous les acteurs de la société à coopérer avec le gouvernement dans ce domaine en instaurant la confiance et en faisant de cette question une affaire interne.

Le premier ministre s’est montré ferme en abordant la question de l’unité nationale et des mentalités et comportements sociaux qui ne sont plus acceptables aujourd’hui et qui sont contraires à l’instauration d’un État moderne. Ces mentalités rétrogrades et les stéréotypes qu’elles véhiculent ont été dénoncés par le Président de la République dans son célèbre discours dans la ville historique de Ouadane, et sont antinomiques avec le projet de société dont il est porteur.

C’est pourquoi, a-t-il dit, le gouvernement continuera à conduire les réformes économiques et sociales pour réduire les disparités par un nivellement vers le haut, poursuivra avec plus de vigueur le projet de l’école républicaine et en commençant l’enseignement des langues nationales dans les cycles d’enseignement dès cette année pour assurer une plus grandes interpénétration linguistique qui consolide notre pluri-culturalité, renforce notre unité nationale et raffermit notre cohésion sociale .

Plus que jamais, la lutte contre la gabegie , la corruption et toute forme de concussion et de malversation sont aujourd’hui au centre de l’action gouvernementale, et c’est avec toute la rigueur et le fermeté que le Premier ministre qu’il sera fait face de façon implacable à ces fléaux a assuré le Premier ministre, précisant que ce choix irréversible procède d’une conviction profonde, d’une volonté réelle et d’une nécessité incontournable.

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