La 30ème session du Conseil d’Administration de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) a débuté, jeudi au Palais des Congrès à Nouakchott.
Cette session, d’une journée, examinera l’état d’avancement de la mise en œuvre des recommandations de la dernière session (2023), l’état des financements durant la période écoulée, le rapport du commissaire aux comptes et le budget des activités futures de l’Observatoire durant l’année en cours.
La cérémonie d’ouverture de cette session a été marquée par un discours prononcé par Mme Lalya Aly Kamara, ministre de l’Environnement, dans lequel elle a décrit la situation de notre pays en ces termes : ‘’ la Mauritanie, vaste territoire dont la superficie dépasse le million de Km2 avec un territoire désertique a plus de 80% subit les conséquences de la dégradation des terres, d’une désertification qui s’ accélère, des effets néfastes du changement climatique et de la perte de la biodiversité.
Ces phénomènes conduisent, en effet, notre pays à subir de plein fouet la dégradation des parcours pastoraux, le recul des terres arables et des ressources naturelles tel que l’eau, provoquant ainsi un exode rural continu vers les grands centres urbains.
En matière de climat, si les perspectives mondiales sont inquiétantes, cadrés par les projections du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC), l’impact enregistré et prévisible de la crise climatique sur la région africaine est particulièrement alarmante.
Cette situation inquiète à tel point que le rapport sur le climat et le développement des pays du G5 Sahel, élaboré par la Banque Mondiale, avait conclu que si rien n’est fait d’ici 2030, notre pays risquerait de perdre progressivement près de 40 % de son produit intérieur brut’’, fin de citation.
Elle a ajouté que l’action de l’OSS constitue un soutien stratégique pour relever les principaux défis environnementaux, tels que le changement climatique, la dégradation des écosystèmes et de la biodiversité, ainsi que les nouvelles formes de pollution.
Mme la ministre a, en outre, souligné que pour relever ces défis, il faut qu’il y ait une réflexion continue et une gestion pratique des connaissances environnementales, des ressources en eau, de la surveillance écologique, du développement des technologies vertes et des initiatives visant à mobiliser des fonds et à renforcer les capacités.
Intervenant à la même occasion, la ministre tunisienne de l’Environnement, Lila Cheikhaoui Mahdaoui, a affirmé que l’organisation de cette session renforce l’intérêt porté à la préservation du patrimoine des pays membres de l’OSS, saluant, à cet égard, le rôle de cette Organisation dans le renforcement des capacités de mise en œuvre des politiques environnementales au niveau du continent africain, en général, et dans les pays membres, en particulier, ce qui lui a valu la confiance des partenaires et des pays membres.
Elle a souligné que ‘’les programmes et stratégies engagés par l’OSS, conçus et mis en œuvre dans un cadre de partenariat avec les pays partenaires méritent d’ailleurs d’être valorisés pour renforcer les capacités des Etats membres à faire face aux défis de la triple crise environnementales planétaire’’, fin de citation.
De son côté, M. Abdoullah Zaghloul, conseiller du ministre de l’agriculture et de la mise en valeur des terres de la République Arabe d’Égypte, a déclaré que ‘’cette session vise à présenter les réalisations les plus importantes accomplies en 2023, notamment, le lancement du premier projet d’adaptation au changement climatique en Guinée avec un financement du Fonds vert pour le climat, la participation active aux importantes conférences internationales sur le climat, les ressources en eau et la désertification, et la promotion de partenariats avec les États membres, les organisations internationales et les institutions de recherche’’, a-t-il dit.
Il a ajouté que l’Organisation travaillera, au cours de cette année, pour consolider les réalisations et développer de nouvelles initiatives dans les domaines de l’adaptation au changement climatique et de l’atténuation de ses effets, de la gestion durable des terres et de la restauration des écosystèmes.
A son tour, le secrétaire exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), M. Nabil Benkhatra, a prononcé un discours dans lequel il a salué les facilités offertes par la Mauritanie pour assurer le succès de cette session, qui permettra de faire le point sur les initiatives passées et de se projeter dans l’avenir.
Il a souligné que plusieurs étapes importantes ont été franchies par l’Observatoire dans la mobilisation des financements pour la mise en œuvre des différents programmes dans les différents Etats membres, ajoutant que ‘’l’APICA, le tout premier projet d’adaptation, financé par le Fonds Vert pour le Climat en Guinée Bissau, a été singé. Il agira en faveur du renforcement de la résilience d es écosystèmes et des populations, à travers la restauration de mangroves côtières et la mise en place d’activités génératrices de revenus’’, a- t – il affirmé.
Il a indiqué que l’Organisation continuera à mobiliser des ressources et à renforcer les partenariats pour assurer la réalisation de projets et de programmes plus ciblés, et que l’Organisation produira et partagera des connaissances dans le cadre de sa démarche depuis 2022.
Il a ajouté que les défis auxquels le continent est confronté sont de plus en plus nombreux, de même que les effets destructeurs de l’environnement à différents niveaux, mais, que l’Organisation s’emploiera à transformer ces défis en opportunités.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des ministres de l’Agriculture, de l’Elevage, respectivement, Emmeme Ould Beibate, Hemdeit Ould El Cheine, au côté de le ministre de l’Hydraulique et de l’Environnement de l’Ouganda, M. Sam Sheptors, du secrétaire exécutif du Commission conjointe de lutte contre les effets de la sécheresse au Sahel, M. Abdallahe Mohamadou, et d’autres dignitaires et membres du conseil d’administration de l’OSS.