L’Agence de promotion des investissements de Mauritanie (APIM) a organisé, mardi à Nouakchott, le Forum sur l’entrepreneuriat féminin en Mauritanie sous le slogan « Autonomiser les femmes entrepreneures pour en faire des femmes distinguées dans l’industrie ». Le forum d’une journée vise à célébrer les femmes entrepreneures mauritaniennes et à discuter des obstacles et défis à surmonter pour renforcer leur inclusion financière, formaliser et développer leurs activités.
Le ministre de l’Economie et du Développement durable, M. Abdessalam Ould Mohamed Saleh, a indiqué dans un discours prononcé à cette occasion que la Mauritanie s’est engagée dans plusieurs réformes visant à améliorer l’environnement des affaires dans le pays et la compétitivité de son économie, enregistrant une amélioration significative sur le plan économique. La Mauritanie cherche à diversifier son économie et à soutenir les investissements nationaux et étrangers afin que notre pays occupe une place de choix dans le concert des nations, a-t-il ajouté.
Le ministre de l’économie et du développement durable a poursuivi en disant que le secteur privé est le moteur du développement, car il est un levier clé pour accélérer la diversification économique, et que l’entrepreneuriat est un moyen puissant de créer des emplois, de promouvoir la croissance économique et de contribuer à l’amélioration du bien-être social. À cet égard, il est nécessaire de promouvoir une culture de l’entrepreneuriat et de combiner les initiatives publiques et privées en ce qui concerne la promotion d’une culture de l’entrepreneuriat, en conseillant et en encourageant la création d’entreprises.
Bien que les femmes représentent plus de 50 % de la population, elles n’occupent que 20 % des entreprises créées chaque année, ce qui constitue un déséquilibre auquel il faut remédier.
Une plus grande intégration des femmes dans l’économie nationale permettra sans aucun doute un meilleur développement de notre pays et assurera une économie plus durable, a déclaré le ministre de l’économie et du développement durable. Il a ajouté qu’il est donc impératif d’unir les efforts et de mettre en commun les ressources pour améliorer les connaissances des femmes, renforcer leurs activités économiques et créer une structure plus favorable à la participation des femmes et à la compétitivité des entreprises dirigées par des femmes.
Pour sa part, le représentant de l’Union nationale des employeurs mauritaniens, M. Abderrahmane Saad Bouh, a déclaré que les femmes occupent une position distinguée dans la société, car elles sont la force du foyer, et qu’Allah les a pourvues de grandes capacités dans le domaine de la gestion dans divers domaines de la vie. Il a ajouté que les femmes mauritaniennes, malgré les défis et les stéréotypes qui tentent de limiter leur présence dans des domaines spécifiques, ont pu se frayer un chemin dans le domaine de l’entrepreneuriat et de la gestion d’entreprise, réussissant ainsi, à travers ces entreprises, à apporter leur contribution à la création d’opportunités d’emploi, à l’augmentation de la richesse et donc à la croissance économique et sociale du pays.
Le vice-président de la Chambre mauritanienne de commerce, d’industrie et d’agriculture, M. Mohamed Ould El Waled, a indiqué, quant à lui, que la Chambre mauritanienne de commerce, d’industrie et d’agriculture œuvre depuis sa création, en 1958, pour jouer son rôle central au service de l’économie nationale, aidée par sa position stratégique dans le système des institutions nationales qui la placent à égale distance entre les deux secteurs. Il a déclaré que sur la base de la volonté politique visant à promouvoir le secteur privé et à encourager l’entrepreneuriat, en particulier les femmes, la Chambre de commerce, en coopération avec certains partenaires, a mobilisé d’importantes ressources pour mettre en œuvre certains projets visant à améliorer les performances des institutions du secteur privé et à contribuer à la fourniture de nouvelles compétences qui répondent aux exigences du marché du travail.
Il a expliqué que dans ce contexte, plus de 600 jeunes, dont une majorité de filles, ont récemment été formés et encadrés dans divers domaines tels que l’entrepreneuriat et l’appui aux capacités dans la gestion des institutions et des professions techniques, en plus d’appuyer 500 institutions de jeunesse en consolidant leurs compétences et en fournissant une assistance financière et logistique, ainsi qu’en soutenant l’accès aux marchés publics et aux appels d’offres.
Dans le même contexte, la Directrice Générale de l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie, Mme Aissata Lam, a indiqué que la présence des femmes entrepreneures nécessite des efforts concertés des secteurs public et privé. Elle a ajouté que l’Agence formera les femmes dans ce domaine afin de créer un environnement approprié qui permet la présence de femmes capables d’entreprendre. Elle a saisi l’occasion qu’offre l’organisation de ce forum pour saluer le rôle des partenaires dans ce domaine.
La Directrice Générale de l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie a indiqué que le constat qu’ils ont eu, au niveau de l’APIM, est que durant cette dernière décennie, l’on est passé d’un taux de création d’entreprises portées par des femmes de moins de 10% à plus de 20% et moins de 5% du portefeuille de projets agréés au code des investissements appartient à des femmes. Il y a certes une tendance à la hausse du nombre de femmes entrepreneures mais elle reste insuffisante et les profondes disparités de performance et de rentabilité entre l’entrepreneuriat masculin et féminin au niveau national persistent.
D’où l’importance d’unir nos efforts pour faire une analyse profonde afin de comprendre les causes, d’identifier les besoins des femmes entrepreneures Mauritaniennes, de co-construire des écosystèmes innovants et entrepreneuriaux en faveur des femmes, de soutenir les femmes entrepreneures dans leurs défis de croissance, de valoriser l’entreprenariat féminin et de préparer nos jeunes femmes à entreprendre et à réussir cette aventure.
La directrice générale de l’APIM a lancé un appel pour, dit-elle, agir en faveur de la mixité du secteur privé, célébrer les femmes, de « la commerçante à l’industrielle », qui mènent de belles réalisations en entreprenariat, valoriser les parcours et profils des femmes qui se sont distinguées, créer un réseau de championnes qui pourront être des sources d’inspiration pour d’autres femmes entrepreneures et susciter le dynamisme et le leadership des femmes dans l’entreprenariat afin de devenir de véritables cheffes d’entreprises et des actrices du développement économique.
Dans son discours le représentant-résident du PNUD, M. Mansour Ndiaye, a indiqué que les inégalités sont ancrées dans les normes sociales de genre. Selon l’index sur les normes sociales genre du PNUD en 2023, près de 90 % des hommes et des femmes ont des préjugés fondamentaux à l’égard des femmes. Le dernier rapport du développent Humain décrie le recul des politiques en faveur de l’égalité du genre. A titre d’illustration, la participation au marché du travail était d’environ 47 % pour les femmes et 72% pour les hommes en 2022. Les femmes gagnaient 51% pour chaque dollar d’homme (2019).
Il a ajouté que ce forum revêt une double importance stratégique et technique. D’une part, parce qu’il s’inscrit dans notre vision stratégique en faveur d la nécessité de mobiliser tous les partenariats pour accélérer les investissements en faveur des femmes. D’autre part, ce forum consacre notre conviction de construire un partenariat structurant avec le secteur privé mauritanien.