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Ministre de l’Économie au Sommet sur le climat : l’avenir de l’Afrique est lié à la capacité à faire face au changement climatique

Nairobi

Le ministre de l’Économie et du Développement durable, M. Abdessalam Ould Mohamed Saleh, a déclaré que l’avenir de l’Afrique et de ses peuples est intimement lié à la capacité de faire face au changement climatique, ce qui nécessite des efforts concertés dans un esprit de partenariat et de solidarité pour relever ce défi mondial, soulignant l’engagement de la Mauritanie à contribuer et à œuvrer ensemble avec les autres parties pour y parvenir.

C’est ce qui ressort d’un discours prononcé par le ministre au nom de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors de l’ouverture de la réunion des chefs d’État et de gouvernement participant au premier sommet africain sur le climat tenue hier mardi dans la capitale kenyane, Nairobi.

Le ministre a évoqué les différents effets négatifs du changement climatique à l’échelle du continent africain, passant en revue les solutions proposées pour faire face à cette situation, ainsi que les mesures prises par la Mauritanie dans le cadre d’une approche globale pour contrer ces effets.

Voici le texte de ce discours :

«Excellence M. Razali Othman, Président de la République Unie sœur des Comores, Président en exercice de l’Union Africaine ;

Excellence M. William Ruto, Président de la République sœur du Kenya ;

Excellence Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine ;

Majestés, Excellences, chefs et membres des délégations ;

Honorable assistance,

Permettez-moi d’abord de vous transmettre les salutations de votre frère, le Président de la République Islamique de Mauritanie, Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui a tenu à participer avec vous à cet important sommet, n’eût été certaines circonstances imprévues qui l’ont empêché de le faire, et de féliciter le Président de la République Unie sœur des Comores, Son Excellence Ghazali Othman, pour sa bonne direction de nos séances, et je lui réitère le soutien de la Mauritanie et notre confiance absolue que la direction de la République-Unie des Comores de l’Union africaine sera couronnée de succès.

Je profite également de cette occasion pour remercier le Président de la République sœur du Kenya, Son Excellence William Ruto, pour avoir accueilli ce sommet extrêmement important pour l’avenir du continent africain, et pour la qualité de l’organisation, l’accueil chaleureux et la généreuse hospitalité dont nous avons été l’objet depuis notre arrivée dans ce cher pays.

Merci à M. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine, pour le travail inlassable qu’il accomplit pour atteindre les objectifs pour lesquels l’Union africaine a été créée, notamment l’Agenda 2063.

Mesdames et Messieurs,

Le climat est une question importante et un déterminant fondamental de l’avenir de notre continent et du monde. Au cours des dernières décennies, notre continent a connu de graves répercussions négatives du changement climatique, se manifestant par une augmentation des températures, un recul des niveaux d’eau, et une baisse de la production agricole. A cela s’ajoutent l’augmentation et la récurrence des catastrophes naturelles. Ce sont- là des défis qui menacent particulièrement les pauvres et les franges de la population les plus vulnérables dans nos communautés, et qui accroissent l’insécurité alimentaire.

Bien que l’Afrique ne soit pas elle-même responsable du changement climatique, puisqu’elle n’a contribué qu’à un faible taux aux émissions de gaz à effet de serre, elle souffre gravement de ses effets négatifs. Par conséquent, la lutte contre le changement climatique nécessite une responsabilité commune et une étroite coopération internationale à différents niveaux :

Premièrement : nous devons travailler à renforcer la prise de conscience de l’importance qu’il y a à faire face au changement climatique, de réduire ses effets sur la vie des gens, poursuivre la sensibilisation et l’éducation, et exhorter les citoyens et les institutions à prendre des mesures préventives et à contribuer aux efforts mondiaux visant à réduire les émissions nocives.

Deuxièmement : nous travaillons à renforcer la durabilité et le développement vert sur notre continent en investissant dans les énergies renouvelables et les technologies propres, en travaillant au développement d’une agriculture durable et à une gestion efficace des ressources en eau, et en transformant nos économies pour qu’elles soient davantage impliquées dans l’économie verte, ce qui aura pour effet de renforcer une croissance durable et d’atténuer les effets du changement climatique.

Troisièmement : Renforcer la coopération internationale et les partenariats entre les pays africains et la communauté internationale, et exiger un financement durable et équitable pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique et à en réduire les effets, à soutenir l’échange de technologies et d’expertises, à renforcer les capacités, la formation et l’assistance technique.

En outre, nous devons placer la protection des droits environnementaux et climatiques au cœur de nos politiques et de notre législation, œuvrer pour renforcer les réglementations environnementales et appliquer strictement les lois et contrôles environnementaux, protéger les zones vitales, la biodiversité, les forêts et les plans d’eau, et œuvrer pour préserver notre environnement pour les générations futures.

Mesdames et Messieurs,

Dans ce contexte, la Mauritanie a pris un certain nombre de mesures et de politiques pour faire face aux défis du changement climatique, notamment :

– Stratégie d’adaptation au changement climatique : Notre pays a développé une stratégie nationale d’adaptation au changement climatique, qui vise à parvenir au développement durable et à renforcer les capacités des communautés locales à faire face aux défis climatiques. Cette stratégie se concentre sur des domaines tels que l’eau, l’agriculture, l’élevage et le développement urbain.

– Développement des énergies renouvelables : La Mauritanie est considérée comme l’un des pays aptes à produire des énergies renouvelables, grâce aux énormes capacités dont elle dispose en énergie éolienne et solaire disponibles tout au long de l’année, aux vastes zones inhabitées prêtes pour le déploiement d’installations de production d’énergies renouvelables et la situation géographique stratégique à proximité des marchés internationaux.

À ces avantages s’ajoutent un climat d’investissement attractif. Nous avons commencé à mettre en œuvre des projets de production d’énergie solaire et éolienne et travaillons à faire de notre pays l’un des principaux pays dans le domaine de l’hydrogène vert, en coopération avec des entreprises internationales spécialisées dans ce domaine.

– Gestion des ressources en eau : Notre pays est confronté à des défis liés à la rareté de l’eau et aux fluctuations des précipitations. Nous cherchons donc à renforcer la gestion des ressources en eau, à améliorer l’irrigation agricole et à développer des projets de dessalement et de stockage de l’eau.

– Désertification et restauration des terres : La Mauritanie souffre du problème de la désertification et de la dégradation des terres. Pour résoudre ce problème, nous travaillons à mettre en œuvre des programmes de restauration des terres, de promotion d’une agriculture durable et de réduction de l’érosion des sols.

– Réduire les catastrophes naturelles : Notre pays s’efforce de renforcer ses capacités à faire face aux catastrophes naturelles telles que les inondations et la sécheresse. Les efforts comprennent la mise en place d’un système de prévision des inondations, le renforcement des fortifications et la sensibilisation des communautés locales sur la manière d’agir en cas d’urgence.

Mesdames et Messieurs,

La question du financement de la réponse et des politiques visant à s’adapter au changement climatique et à en limiter les répercussions pose de nombreux problèmes, en particulier pour les pays aux ressources financières limitées. C’est pourquoi des solutions innovantes doivent être trouvées en plus des efforts de toutes les parties concernées, y compris les gouvernements et les institutions financières. Il importe également que les acteurs internationaux remplissent leurs obligations en matière de financement climatique. La contribution du secteur privé africain et étranger est extrêmement importante pour parvenir à la transition énergétique souhaitée.

Pour terminer, j’affirme que l’avenir de l’Afrique et de ses habitants est intimement lié à la capacité de faire face aux changements climatiques. Par conséquent, les efforts doivent être combinés et nous devons agir dans un esprit de partenariat et de solidarité pour relever ce défi mondial. En Mauritanie, nous nous engageons à contribuer et à œuvrer ensemble avec tous pour y parvenir.

Je souhaite aux travaux de notre sommet plein succès.

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