L'AMI

Organisation d’un atelier national sur les stratégies de gestion du portefeuille de la dette

Nouakchott

Le secrétaire général du ministère des Finances, M. Diallo Mamadou Abdallahi, a supervisé, ce lundi à Nouakchott, le lancement du premier atelier national sur les stratégies de gestion du portefeuille de la dette pour renforcer les réserves budgétaire de la Mauritanie. Cet atelier est organisé en coopération entre le ministère des Finances et la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (CESAO) et la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED).

Pendant deux jours, les participants aborderont un certain nombre de points liés à l’état de la dette publique en Mauritanie, les défis qui en découlent, la stratégie du gouvernement pour y faire face, l’état de l’économie nationale et les besoins de financement.

Au cours de l’atelier, une méthodologie d’évaluation de la qualité des données sur la dette sera présentée pour analyser sa soutenabilité, identifier les lacunes de cette base de données, ainsi que les principaux défis et besoins pour améliorer sa qualité, et clarifier les procédures appropriées pour y remédier en mettant en évidence les lacunes institutionnelles et arrangements gouvernementaux pour la gestion des dettes du pays.

Les sujets qui seront abordés au cours de l’atelier porteront également sur la structure générale de la dette en Mauritanie, les caractéristiques de la dette extérieure et ses différents outils, les vulnérabilités qui y sont liées et les défis à sa soutenabilité à moyen terme, les créanciers, la relation entre la gestion du portefeuille de la dette et les politiques macroéconomiques.

En outre les participants passeront en revue les liens de la dette avec la politique budgétaire et monétaire et l’évaluation du rôle du soutien international relatif à la suspension du service de la dette et son impact sur les réserves monétaires.

Ils suivront une présentation sur les techniques d’amélioration et de stabilisation de la dette à moyen terme, les risques de financement, et les moyens de mesurer les coûts, les risques et les indicateurs associés.

Dans une allocution qu’il a faite à cette occasion, le secrétaire général du ministère des Finances a déclaré que la gestion optimale du portefeuille de la dette demeure un défi majeur pour les pays, ce qui rend nécessaire une gestion efficace et rigoureuse de la dette pour assurer la stabilité macroéconomique, maintenir la confiance dans les marchés financiers et créer un environnement propice à une croissance globale et durable.

Il a ajouté que malgré une longue expérience en matière de restructuration de la dette à travers huit accords de rééchelonnement conclus avec le Club de Paris, des renégociations avec d’autres créanciers bilatéraux et la mise en œuvre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés et celles des créanciers multilatéraux, le risque d’endettement en Mauritanie existe toujours.

Le secrétaire général du ministère des Finances a souligné que Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a fait très tôt de l’endettement du pays un sujet de grand intérêt aux niveaux national et continental. Il a noté à cet égard que notre pays avait entamé des négociations bilatérales à la fois avec l’État du Koweït et le Royaume d’Arabie saoudite, ce qui a permis à notre pays d’atteindre une situation caractérisée par un risque moyen d’endettement, et d’entrer progressivement et de manière mesurée au statut de pays éligible au financement commercial pour réaliser son programme de développement économique et social tout en maintenant la soutenabilité de la dette à long et moyen terme.

M. Diallo Mamadou Abdallahi a indiqué que le Premier ministre, M. Mohamed Ould Bilal Massoud, a fait observer dans la déclaration de politique générale du gouvernement publiée en janvier 2023 que « grâce à la discipline interne en matière d’emprunt extérieur et grâce à la coopération fructueuse des pays frères, le risque de surendettement du pays est tombé à un niveau moyen. »

Il a noté que malgré tout cela, l’alignement de la gestion de la dette sur les meilleures pratiques internationales nécessitait un cadre macroéconomique et budgétaire cohérent, qui permettrait d’identifier des stratégies optimales de gestion de la dette.

Le président du Groupe « Prospérité économique partagée » au niveau de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale, M. Mohamed El Moctar Ould Mohamed El Hacen, a précisé que l’amélioration de la qualité des données sur la dette et l’élaboration de stratégies d’amélioration de la gestion du portefeuille de la dette sont des questions essentielles pour améliorer les finances publiques et renforcer les capacités budgétaires pour le financement des ODD.

Il a ajouté que cet atelier offre une occasion unique à la Mauritanie de bénéficier de l’assistance technique fournie par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (CESAO) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), notant que les discussions fructueuses au cours de l’atelier permettront d’appuyer la Mauritanie dans l’élaboration de ses stratégies d’amélioration de la dette et de réformes financières.

Mme Rola Katerji, chargée des affaires économiques à la CNUCED, avait auparavant souligné l’importance de cet atelier, qui offre, a-t-elle dit, un espace pour discuter des meilleures façons de gérer la dette.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier s’est déroulée en présence du directeur de la dette extérieure au ministère des Finances, M. Niang Idrissa, et de plusieurs autres responsables du ministère.

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