L'AMI

Ouverture d’un atelier sur la criminalisation et la prévention de la torture

Les travaux d’un atelier sur la criminalisation et la prévention de la torture ont démarré, mercredi à Nouakchott.
Organisée par la commission nationale des droits de l’Homme, en collaboration avec l’ONG suisse de lutte contre la torture, la rencontre a pour but de diagnostiquer et d’analyser les lois incriminant la torture et d’oeuvrer pour la création d’un mécanisme national de prévention de la torture.
Dans un mot prononcé pour la circonstance, M. Mohamed Abdallahi Ould khattra, commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile a indiqué que la Mauritanie a ratifié le protocole facultatif de la convention sur la lutte contre la torture qui est considéré comme une référence internationale en matière de lutte contre ce phénomène.
Il a ajouté que cette ratification “est conforme à l’orientation générale de la politique nationale en matière des droits de l’homme qui a pris un tournant important grâce à la volonté politique sérieuse et à la détermination sincère du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz”.
Il a souligné que cette volonté ” vise à favoriser une rupture totale avec l’époque de l’arbitraire et à ouvrir de nouvelles perspectives devant la liberté d’opinion et d’expression et le droit à la différence, ce qui préservera la dignité humaine et les droits fondamentaux de l’homme”. “C’est ce qui a fait que la Mauritanie est considérée aujourd’hui comme un exemple positif en matière de préservation des libertés publiques et individuelles”, a-t-il conclu.
Pour sa part, le président de la commission nationale des droits de l’homme, M. Bamariam Baba Koita a indiqué que la préservation de la dignité humaine contre la torture, les traitements cruels, inhumains ou dégradants avant d’être formalisée dans des règles éditées par des déclarations et conventions internationales ratifiées par notre pays et reprises par la constitution de 1991, est d’abord et avant tout une des valeurs sacrées de l’Islam dont le respect s’impose aux croyants.
Il a précisé que ” l’atelier du jour va dans le sens de nos convictions collectives les plus ancrées en ce qu’il permettra aux représentants de l’Administration, des institutions, de la société civile et des organisations internationales aujourd’hui réunis à participer à son ancrage”.
Quant à Mme Catherine Dupe Atoki, présidente de la commission africaine des droits de l’homme et des peuples et du comité africain de la prévention de la torture, elle a précisé que cet atelier constitue une preuve que la Mauritanie ne veut pas se limiter aux droits de l’homme les plus urgents mais plutôt et surtout discuter le phénomène de la torture et les traitements dégradants, dans le but de parvenir à un plan d’action destiné à améliorer et à renforcer les mécanismes de prévention et de criminalisation de la torture.
De son côté, Mme Saâdia BELMIR, représentante du comité de lutte contre la torture a rendu hommage au processus positif de lutte contre ce phénomène en Mauritanie et présenté un exposé sur certaines lois et des documents internationaux incriminant la torture.
M. Sylvain Fourcassié, chef de service de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut français de Mauritanie a, enfin, lui, affirmé l’appui de la France aux ONG travaillant pour la prévention et la criminalisation de la torture, à travers l’organisation de séminaires de formation et de plaidoyers en faveur des droits de l’homme.
Il est à noter que cet atelier qui dure deux jours a vu la participation de 60 personnes représentant les services de sécurité et les organisations intervenant dans le domaine des droits de l’homme.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier s’est déroulée en présence des ministres de la justice et des affaires sociales, de l’enfance et de la famille.

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