Le Wali du Gorgol: «Le festival de Djéol vient dépoussiérer la culture dans la zone et promouvoir le développement local»
Kaédi
A la veille du démarrage officiel du Festival de Djéol, organisé sur initiative personnelle de Son Excellence le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le wali du Gorgol, M. Hmedna Ould Sidebbe s’exprime, pour l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI) sur les enjeux socioculturels, mais surtout économique, d’un festival parti pour être l’un des plus importants organisés de façon périodique en Mauritanie.
AMI : Le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, veut que le Festival de Djéol soit l’expression de la diversité culturelle de la Vallée mais également une opportunité pour impulser le développement local dans la zone. Comment vont les préparatifs de ce festival et quels sont les résultats attendus ?
Le Wali: Les préparatifs du festival de Djéol ont été menés en fonction d’objectifs clairement définis dont celui lié à la mise en valeur du patrimoine historique et culturel de la Vallée, de manière générale, et de la ville de Djéol de manière particulière. Le second objectif, non moins important, est d’impulser, par l’organisation de ce festival, le développement local de la ville par la réalisation ou la réhabilitation d’infrastructures de services publics comme l’eau, l’électricité, l’éducation, la santé, l’agriculture, l’élevage ou encore le financement d’activités génératrices de revenus (AGR) favorisant la création d’opportunités d’emplois et le rehaussement du niveaude vie des citoyens.
Parmi les résultats les plus importants attendus figure en bonne place la volonté de mettre en valeur la diversité culturelle de la zone, ses traditions et coutumes en montrant également leur imbrication et leur affinité avec le patrimoine culturel national commun.
Mais ne perdons pas également de vue que l’organisation du festival est une opportunité pour impulser le développement local de la ville de Djéol à travers l’intervention de tous les secteurs de l’État pour renforcer l’offre de services en eau, électricité, santé, éducation, opportunités d’emplois, financement d’AGR, appui à l’agriculture et à l’élevage, etc.
AMI : La ville de Djéol s’est distinguée, par le passé, par son rayonnement culturel et le fait qu’elle a été le point de départ pour la propagation des enseignements de l’Islam et de la langue arabe dans la zone et même au-delà en arrivant dans des pays ouest-africains. En quoi ce festival peut-il contribuer à raviver cette flamme en rappelant ce rôle et en le réinvestissant dans la construction de notre avenir ?
Le Wali: Effectivement, la zone de la Vallée est riche par sa diversité culturelle et son histoire, particulièrement la ville de Djéol, dont le choix pour abriter ce festival n’est pas fortuit.
Comme c’est connu de tous, Djéol a joué un rôle de premier plan dans le rayonnement culturel de la zone en propageant les enseignements de l’Islam et l’enseignement de la langue arabe et pour son rôle dans la résistance armée et culturelle au colonisateur. On peut citer, à titre d’exemple, la création des écoles Al Valah par l’érudit El Hadj Mahmoud Bâ dont le rôle dans la propagation de l’Islam et de la culture arabe dans la région, et même au-delà en Afrique, est connu – et reconnu – par tous.
Le festival offre ainsi une réelle opportunité pour revisiter cet important patrimoine culturel et cette histoire digne d’éloges et source de fierté non seulement pour les ressortissants de la zone mais pour tous les Mauritaniens qui la considèrent, à juste titre, comme un modèle de résistance pouvant servir de référence aux générations présentes et à venir. C’est aussi sans doute la preuve que la Mauritanie est une, par ce que ses différentes communautés ont en partage et qui est plus précieux, pour l’unité nationale et la cohésion sociale, que ce que les adeptes de la division tentent vainement de promouvoir.
De ce fait, le festival de Djéol peut être considéré comme une noble initiative de valoriser ce passé, le préserver et s’en inspirer, en se servant des nouveaux moyens de communication, pour promouvoir le rôle culturel de la ville de Djéol et, plus globalement, celui du Gorgol et du pays tout entier.
AMI : La zone tire sa grande importance économique de sa vocation agropastorale établie. Quels sont les grands projets actuellement mis en œuvre par l’Etat et quel moyen peut-on utiliser pour mettre la culture au service du développement ?
Le Wali: L’État travaille, depuis l’accession de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à la magistrature suprême, à apporter son appui et à encourager l’agriculture et l’élevage qui sont des piliers essentiels de l’économie locale pouvant aider à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire non seulement dans la zone mais dans tout le pays et mettre un terme à notre dépendance de l’extérieur pour notre sécurité alimentaire. La commune de Djéol et la Vallée de manière générale étant une zone agricole par excellence, le festival va sans doute mettre en avant cette spécificité économique pour la valoriser et la renforcer par l’encadrement des initiatives, le financement des coopératives de femmes et de jeunes et la fourniture des intrants agricoles pour augmenter la production.
AMI : Un dernier mot, Monsieur le Wali, pour clore cet entretien ?
Le Wali: Je remercie l’Agence Mauritanienne d’Information pour l’accompagnement du festival et le rôle d’avant-garde qu’elle joue, au plan national, pour fournir une information rapide et crédible. Je souhaite que se réalisent, dans leur totalité, les objectifs visés par ce festival dont l’idée vient de Son Excellence le président de la République, en considération au passé culturel de la zone qui va au-delà des frontières du pays.