L’Observatoire National des Droits des Femmes et des Filles organise un colloque intellectuel sur les violences faites aux femmes
Nouakchott
L’Observatoire National des Droits des Femmes et des Filles a organisé jeudi, à son siège, à Nouakchott, un colloque intellectuel sur l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles, dans le cadre de la commémoration par l’organisation des Nations Unies de la Journée internationale pour l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes, qui coïncide avec le 25 novembre de chaque année.
En organisant la rencontre, l’observatoire adresse ainsi un appel au gouvernement pour l’amener à ratifier la loi sur les violences basées sur le genre et à sensibiliser les leaders d’opinion sur le danger de l’impunité des criminels.
La responsable de l’Observatoire national des droits des femmes et des filles, Mme Mehla Ahmed Talebna, a expliqué que l’Observatoire a voulu que ce colloque soit intellectuel et une occasion d’échanger les idées avec des universitaires, des juristes, ulémas et jurisconsultes, des experts, avec la société civile et des responsables d’associations travaillant dans le domaine des droits des femmes.
Dans le même contexte, elle a mis en exergue les manifestations de la violence à l’égard des femmes et des filles sous toutes ses formes, ajoutant que le phénomène grandissant de la violence, qu’elle soit verbale, physique ou morale, est pratiquée par certains au nom de l’éducation, loin de l’islam, de la Charia, du message sacré et de la Sunna du Saint Prophète.
Elle a souligné que les hautes autorités du pays se sont engagées à introduire une loi pénalisant la violence sous toutes ses formes à l’égard des femmes et des filles, espérant que cette loi verra bientôt le jour, notant que les femmes souffrent toujours de certains problèmes dont le manque d’accès à la prise de décision et à l’emploi.
À son tour, le membre du Conseil suprême des fatwas et des recours gracieux, M. Brahim Amar Kelly, a insisté sur l’importance de l’Observatoire national des droits des femmes et des filles et le besoin urgent de le voir jouer pleinement son rôle.
Il a évoqué des exemples de types de violence exercée contre les femmes et les filles, et la position du droit à ce sujet, étayant ses dires par des versets coraniques et des hadiths du Prophète (PSL).
Le secrétaire général de l’Association des Ulémas mauritaniens, M. Cheikh Ould Saleh, a expliqué que l’Islam est venu codifier les droits des femmes et éliminer les types de violences dont elles ont été victimes pendant la Jahiliya, et que toutes les injustices et violences dont sont victimes les femmes n’ont rien à voir avec l’islam, et qu’il existe des questions qui concernent spécifiquement les femmes qui doivent être revues du point de vue de la Chariaa.
Pour sa part, le directeur des Études, de la Législation et de la Coopération au ministère de la Justice, Dr. Haroune Ould Idiedbi, a indiqué que l’arsenal juridique régissant cette question comporte des lacunes et nécessite d’être révisé pour apporter des améliorations, soulignant dans le même contexte le genre de lacunes en cause. Il a relevé que “l’État doit adopter une loi qui pénalise la violence contre les femmes”.
Le symposium a réuni des représentants de l’appareil gouvernemental, du pouvoir législatif, du corps des magistrats, de l’Ordre des Avocats, de l’Association des Ulémas Mauritaniens et du Haut Conseil de la Fatwa et des Recours gracieux.
Pour rappel, l’Observatoire National des Droits des Femmes et des Filles a été institué par décret présidentiel, le 3 novembre 2020, et ses membres sont constitués de représentants des départements ministériels, de l’Ordre National des Médecins, fr l’Ordre National des Avocats, et des représentantes élues par les organisations de défense des droits des femmes.