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La saison du pélerinage 1432: Une grande affluence bien accueillie par les agences de voyage

La décision prise par le ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel d’arrêter très tôt l’enregistrement pour le pélerinage dans les vols organisés par l’Etat a suscité un vaste mécontentement au sein des personnes désirant accomplir, cette année, ce devoir religieux.
Ce mécontentement a été rendu plus aigü par la différence qui existe entre les coûts du hajj dans les vols organisés et ceux appliqués par les agences de voyage, coûts qui dépassent les 300 milles ouguiyas par personne.
Ces personnes ne comprennent surtout pas pourquoi l’Etat s’est désintéressé de 50% du nombre prévu des pélerins au profit des agences de voyage. Bon nombre d’entre elles se demandent aussi pourquoi l’Etat n’a pas unifié les coûts du hajj au niveau des vols organisés et des agences de voyage ou tout au moins réduit la différence, surtout estiment-elles, que la question est du ressort des autorités responsables de l’organisation du pélerinage.
Le ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel a justifié, lui, sa décision d’arrêter très tôt l’enregistrement par le fait que l’affluence très grande des pélerins aux vols organisés a conduit à atteindre le quotat fixé pour le département avant le temps imaprti à la fin de l’opération. C’est ce qu’indique Dr Mohamed Salem Ould Abdel Haye Ould Doudou, conseiller chargé du pélerinage au ministère.
Il a ajouté que jusqu’à une date récente, ” la demande était insignifiante, ce qui a amené l’Etat à recourir au cours des dernières années à fermer la porte des visas devant les agences pour pouvoir approcher du quotat qui lui est réservé puis ensuite recourir à la baisse des coûts pour compléter le nombre des pélerins dans le dernier contingent.
Il a estimé que ces deux mesures sont arbitraires vis-à-vis des agences de voyages qui sont des investisseurs nationaux privés, des pélerins et des citoyens en général qui se trouvaient obligés de s’enregistrer dans les vols organisés et empêchés de recourir à d’autres alternatives, ce que leur confèrent les lois en vigueur.
Le conseiller a souligné que “cette situation a causé une mort clinique des agences de voyage et a provoqué une démobilisation des responsables chargés des vols organisés au niveau de tous les secteurs (orientation islamique, affaires étrangères, transports, ect… qui étaient assurés d’avance d’atteindre le nombre de pélerins souhaité, du fait de l’absence de concurrents”, ce qui a conduit, a-t-il dit, à “la précarité des services fournis aux pélerins”.
Il a précisé que pour corriger cette situation, le ministère était obligé de travailler à différents niveaux, à savoir de permettre au citoyen de choisir librement entre le service public dispensé par l’Etat et le service dispensé par le privé représenté par les agences de voyage, et de permettre aux agences de voyage de connaître dès le début le quotat qui leur est réservé et d’entamer les modalités des pélerins qui voyagent par leur biais à temps et sans aucune entrave.
En reponse à la question de savoir pourquoi les agences ne sont pas obligées d’appliquer les coûts de pélerinage fixés par le ministère, le conseiller a indiqué que c’est là une chose impossible qu’aucune loi ou logique ne peut accepter car l’Etat dispense des services sociaux non lucratifs et supporte tous les frais relatifs à ces services et ne prend du pélerin que les frais relatifs à ses dépenses personnels. Par contre, a-t-il dit, le secteur privé à une autre nature qui est totalement légitime à savoir l’investissement, au terme duquel il dispense des services donnés pour lesquels il perçoit des montants déterminés. Son but est donc, a-t-il noté, d’avoir un profit, du reste légitime, conforme à la nature du service et au niveau du risque en jeu pour le capital.
Il a en outre indiqué que le secteur privé ne peut pas appliquer les mêmes prix arrêtés par l’Etat mais il doit par contre dispenser des services de qualité pour que la concurrence soit au niveau des services et non au niveau des coûts.
En reponse à la question de savoir pourquoi le ministère ne laisse pas la porte ouverte devant les personnes désirant accomplir le pélerinage par le biais des vols organisés par l’Etat jusqu’à atteindre le quota fixé pour la Mauritanie, il a indiqué que le hajj est une opération complexe qui exige d’être préparée très tôt. Il a précisé que pour cela l’Etat doit connaître le quota qui lui est reservé et celui qui revient aux agences.
Il a précisé que rien n’empêche n’importe quel Etat de confier le quota qui lui réservé au secteur privé, soulignant que le problème qui se pose est d’ordre pratique, en ce sens que si l’Etat fixe son quota à 2000 pélerins par exemple et qu’il passe les contrats relatifs au transport et à l’hebergement des pélerins sur cette base et qu’il ne trouve en définitive que 1500 pélerins cela représenterait pour lui des pertes de 900 000 ouguiyas pour chaque pélerin, soit au total, une perte de près de 450 millions d’ouguiyas.
C’est pourquoi a dit le conseiller, il est nécessaire d’établir des indicateurs très clairs sur les prévisions, s’agissant du nombre des pélerins et c’est d’ailleurs sur cette base que le ministre a augmenté cette année le nombre des vols qu’il organise et il n’est exclu qu’il augmente, l’année prochaine aussi, le nombre des contingents, sur la base de l’afflence très grande enregistrée cette année.
Mais cela n’exclut pas, a-t-il dit, le quota reservé aux agences de voyage qui sont, a-t-il précisé, un partenaire important qui doit dispenser des services pour une clientèle donnée qui pourrait vouloir accomplir le hajj par exemple, dans une période ne dépassant pas les deux semaines au lieu de quatre semaines comme c’est le cas dans les volms organisés par l’Etat ou qui pourrait vouloir passer par d’autres pays à leur départ de la Mauritanie ou à leur retour au pays.
A la question de savoir si le ministère peut avoir une capacité pour plus de 1800 pélerins, le conseiller a précisé que l’Etat a la capacité d’organiser des vols pour tout le quota si la demande continue sur ce rythme mais que cela ne pourra se faire que d’une manière progressive et sans fermer la porte à ceux qui désirent avoir des services de qualité que devrait leur offrir le secteur privé.
De leur côté, les agences de voyage ont estimé que les services qu’elles présentent et les charges qu’elles supportent les obligent à appliquer des prix supérieurs à ceux arrêtés au niveau des vols organisés par le ministère des affaires islamiques.
Le secrétaire général des agences du hajj et de la oumra, M. Cheikh ould Bdeihiya a précisé que les agence de voyages envoient les pélerins voyageant par leur biais dans des vols internationaux dont les prix sont fixés au préalable et traitent avec des privés pour disponibiliser des lieux d’hebergement pour les pélerins dans les lieux Saints. Elles offrent aussi, a-t-il noté, au pélerin plus d’un choix dans l’itinéraire à suivre au départ comme au retour, soulignant que cela ne peux qu’occasionner des charges supplémentaires que ne supporte pas l’Etat qui loue, a-t-il dit, des avions empruntant une seule ligne et à des moments fixés par les société de transports elles mêmes.
Il a donc estimé, qu’en considération de tous ces facteurs, l’écart qui existe entre les prix appliqués par l’Etat et ceux appliqué par les agences est très résonnable.

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