Centre névralgique de la capitale égyptienne, la place Tahrir est située la jonction de plusieurs axes importants: la rue Talaat Harb, la rue al-Mogamma et l’avenue at-Tahrir. Elle est située à 200 m du Nil, sur la rive orientale, près du pont Qasr al-Nil.
La place Tahrir est bordée d’édifices assez disparates, tel l’hôtel Nile Hilton, édifié à l’emplacement de l’ancien palais du Nil, la mosquée Omar Makram, où sont célébrées les obsèques nationales, l’immeuble Mogamma, de style soviétique, où travaillent des milliers de fonctionnaires, le musée égyptien, le siège du parti national démocratique (parti du président Moubarak) ou l’université américaine du Caire, de style néo-mauresque. Les rues adjacentes sont bordées d’immeubles de bureau, de boutiques et de cafés. La station de métro Sadate dessert la place.
La place est à l’origine une zone humide, inondée périodiquement par les eaux du Nil, et passablement insalubre. L’aménagement débute au XIXe siècle, sous le régime du khédive Ismaïl Pacha (1830-1895). S’inspirant des villes européennes, il fait édifier des immeubles modernes et percer des rues droites et bordées d’arbres. Au bord du fleuve, il fait édifier le palais du Nil (Qasr-el-Nil) et à l’angle sud-ouest de la place, le palais Ismaïliyey. Lorsque les Anglais imposent leur protectorat en 1882, le palais du Nil devient leur quartier général. Le bâtiment est démoli en 1959[1].
La place porte tout d’abord le nom de place Ismaïlia, du nom d’Ismaïl Pacha. Elle est rebaptisée place de la Libération au moment de la révolution de 1952[1].
Ce pivot de la vie cairote est le cadre de plusieurs manifestations populaires: rassemblement contre la guerre en Irak en 2003, mais aussi point de ralliement durant le mouvement de protestation contre le président Hosni Moubarak au début de l’année 2011[2].
Le 27 janvier 2011, après trois jours de troubles, le siège du PND au pouvoir est incendié. Quelques heures plus tard, des chars de l’armée égyptienne prennent position, sans toutefois ouvrir le feu sur les manifestants. Au cours des jours qui suivent, la place devient l’épicentre de la contestation, et est envahie quotidiennement par des milliers de manifestants. Le 1er février, elle rassemble plusieurs centaines de milliers de protestataires (environ deux millions dans l’ensemble de la capitale[3]). Le lendemain, des partisans du président Moubarak, peut-être noyautés par des policiers en civil et des baltagueyas (agents des basses œuvres du régime)[4], s’attaquent aux manifestants à coups de pierres, de barres de fer et de cocktails Molotov[5], provoquant de véritables scènes de guerre urbaine qui se prolongent toute la nuit.
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