L'AMI

Les foyers des populations de l’Aftout les plus touchés par les inondations

Les inondations, qui ont frappé la zone de l’Aftout la semaine écoulée, ont causé des dégâts majeurs notamment au niveau des habitations entraînant des dizaines de familles sans abris.
L’aggravation de la situation est le résultat plus de la précarité de ces habitats et de leur localisation sur des bassins versants que du volume même des précipitations enregistrées.
Toutefois, les pluies en question étaient importantes pour avoir entraîné l’effondrement de plusieurs ouvrages d’art le long de la route de l’Espoir et dans la zone de l’Aftout tant en Assaba qu’au Tagant.
C’est pourquoi ces eaux de ruissellement ont emporté tout sur leur passage: constructions, commerces, bétail etc.
Le tableau a été rendu encore plus sombre par le manque de précautions et le non respect des critères de sécurité dans l’esprit des citoyens et l’absence de schémas directeurs dans la plupart des cités et villes de la zone.
D’où le volume élevé des dégâts au niveau des constructions des structures sanitaires, des écoles, des boutiques etc.
Le maire de la commune de Soudoud, relevant de la moughataa de Moudjéria (Tagant) a estimé que les dégâts, qu’ils soient partiels ou entiers, sont de l’ordre de 324 constructions dont 138 dans la commune de Siyassa, parmi lesquelles 31 entièrement détruites et leurs propriétaires devenus sans abris.
Il en est ainsi de 46 constructions sur les 57 existant à Lekrayea qui se sont trouvées exposées à de sérieux préjudices.
S’agissant des boutiques, selon le maire, 15 ont été détruits dans la commune de Siyassa, 3 boulangeries et un centre de santé.
Jour après jour, le bilan des dégâts augmente après l’effondrement de telle ou telle maison délaissée par des occupants après avoir pris conscience du danger que représente la continuité du séjour sous son toit mais néanmoins, le bétail a, lui, fait les frais des effondrements des maisons.
Par ailleurs, les flaques qui augmentent de volume, la pluie aidant, et les eaux de ruissellement, aggravent la situation.
De là, il convient de réfléchir à de nouveaux mécanismes permettant de réhabiliter les zones sinistrées et d’éviter la répétition d’une telle catastrophe dans une zone où il n’existe pas de réseaux d’assainissement ni de lieux d’accueil des sinistrés.
La problématique de l’accueil de ces sinistrés reste posée avec une grande acuité, aggravée par l’augmentation du nombre des voyageurs contraints d’attendre ou faisant face à des pannes ou autre.
Ces voyageurs, en l’absence d’abris, d’aires de stationnement des voitures et de lieux d’accueil (hôtels ou auberges), sont complètement déboussolés.
S’il reste que les medias nationaux et internationaux ont contribué toutefois à faire connaître la situation des populations sinistrées de l’Aftout dans son aspect apparent tout au moins, les autres dimensions du phénomène non visibles au premier abord, n’en sont pas moins existantes. Il en est ainsi des maladies et autres endémies pouvant résulter des eaux souillées. Il en est de même du recul, consécutif à cette catastrophe, prévu au niveau de la production agricole sans compter la hausse prévue des prix des matières entrant dans la construction.
Il appartient en conséquence aux populations de l’Aftout de tirer la leçon pour l’avenir de cette difficile expérience et de rompre à tout jamais avec l’urbanisation anarchique qui ne répond à une aucune logique et qui est préjudiciable pour le futur.

Mohamed Abderrahmane Ould Mohamed Yehdhih

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