L'AMI

Des progrès notoires dans la lutte contre le charançon rouge au niveau de l’oasis de Tidjijka

Des cas du charançon rouge ont été constatés dernièrement, au niveau des oasis de Tidjijka, wilaya du Tagant, dont l’apparition serait consécutive à l’acheminement de rejets de zones épidémiques au Moyen-Orient.

Afin de lutter contre ce fléau, le chef du service de la protection des végétaux à la direction de l’agriculture, M. Mohamed Ould Kneit, a indiqué, que compte tenu de la gravité du charançon rouge, dont le premier cas a été déclaré fin décembre dernier, le ministère de l’agriculture a pris des mesures fermes et urgentes à fin de circonscrire le premier foyer de ce fléau et de l’éradiquer avant sa propagation aux autres oasis à l’intérieur et à l’extérieur de la wilaya.

Ces mesures ont porté sur l’envoi d’une mission technique, afin de mettre en place une stratégie dans ce domaine, axée sur l’éradication totale de fléau comme seul moyen de limiter sa propagation, en plus du suivi quotidien de la zone infectée et l’installation d’appâts pour attirer les insectes a-t-il souligné.

Il a indiqué également qu’après 3 mois de l’entrée en vigueur de cette stratégie, 75 palmiers infectés et 38 insectes adultes ont été éliminés, dressant le bilan comme suit : 48 palmiers éliminés au premier mois, 20 palmiers éliminés au second mois et 7 palmiers éliminés troisièmes mois.

”Ce bilan montre l’efficacité des mesures prises et la délimitation du fléau” a-t-il ajouté.

Le Chef de service des vegétaux a affirmé à ce propos que le ministère de l’agriculture a élaboré une stratégie nationale globale pour éradiquer ce fléau sur le plan national,axée sur l’organisation de campagnes de sensibilisation sur ses dangers et sur l’installation d’appâts pour identifier le charançon rouge dans toutes les oasis dans le pays.

Un nouveau produit de lutte contre le fléau a été expérimenté pour la premier fois avec la collaboration de la FAO, appelé l’appât meurtrier, ayant permis de marquer plus de 700 palmiers dans les foyers détectés dans la wilaya du Tagant a-t-il dit, affirmant que les équipes terrestres continuent leur suivi quotidien afin de découvrir de nouveaux cas et de les éliminer.

”Au regard du recul notoire de certains espèces d’insectes capturées depuis le début de l’opération et des effectifs des palmiers présentant les symptômes spécifiques au fléau,il y’a lieu de faire preuve de prudence, de suivi minutieux et de fermeté dans les mesures prises antérieurement ainsi qu’à augmenter le degré de sensibilisation de tous les acteurs, sur tous les niveaux afin d’interdire l’importation de tout palmier de l’étranger et d’intensifier la surveillance pour détecter tout nouveau cas et oeuvrer à l’éliminer immédiatement”, a-i-il noté.

Au sujet des conduites préventives, le département de l’agriculture avait émis en 2014 une circulaire interdisant l’importation de tout palmier de l’étranger et organisait des sessions et ateliers de formation et de sensibilisation au profit de tous les acteurs, pour les inciter à la prudence d’importer le palmier de zones épidémiologiques dans le monde, sans autorisation préalable ainsi qu’à ouvrir des points de surveillance au niveau des zones de passage (El Mina, point 55 km route Nouadhibou-Nouakchott, bac de Rosso, aéroport de Nouakchott) afin veiller sur l’application de cette circulaire.

Il ajoute qu’une seconde circulaire d’ordre régional a été émise au niveau de la wilaya du Tagant, interdisant l’acheminement de rejets des palmiers entre les oasis des wilayas, comme première mesure du genre pour lutter la propagation du fléau.

Le responsable du ministère de l’agriculture a fait remarquer que la protection des végétaux est soumise à la loi n° 42/2000 qui oblige chaque citoyen à présenter une formulaire d’importation de toutes espèces de végétaux aux services techniques spécialisés pour donner un avis technique.

S’agissant du charançon rouge, la circulaire stipule l’obligation d’informer les services de protection des végétaux dans un délai ne dépassant pas 15 jours de l’apparition de tout cas et de l’éliminer sous la supervision des services techniques spécialisés avec la prise en charge de l’agriculteur des frais d’élimination sauf que l’Etat a pris à ce propos en charge les opérations d’élimination et de suivi, en raison de la gravité du fléau.

Le charançon rouge est apparu à la fin du 19ième siècle dans la péninsule indienne et traversé son bercail pour toucher 46 pays en Moyen Orient, en Afrique du Nord, en Europe et dans les deux Amériques.

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