Le Hajj a connu ces dernières années un intérêt croissant de la part de l’État, qui s’est traduit par des réformes progressives visant à organiser cette échéance religieurse annuelle, à améliorer ses mécanismes de gestion, à consolider les principes de gouvernance et de transparence, tout en cherchant à alléger les charges financières et organisationnelles pour le pèlerin, sans compromettre la qualité des services.
Dans ce cadre, l’État a pris cette saison des mesures plus larges, incluant la modernisation des outils réglementaires, le renforcement de la dépendance au numérique, la régulation des parcours de gestion et la révision d’un certain nombre de contrats, en cohérence avec la transformation numérique adoptée au niveau national, et en adéquation avec le parcours électronique global adopté par les autorités saoudiennes pour organiser les affaires du Hajj.
Dans le but de mettre en lumière ces mesures, l’Agence Mauritanienne d’Information a mené une entrevue avec le directeur du Hajj et de la Omra, M. El Weli Taha, qui a passé en revue les principales mesures adoptées par le secteur cette saison, aux plans organisationnel et financiers, visant à garantir une saison de Hajj organisée, basée sur la transparence, et préservant les droits des pèlerins mauritaniens.
Le directeur du Hajj et de la Omra a expliqué que l’une des caractéristiques les plus importantes de la réforme cette saison est l’adoption d’une numérisation complète du parcours du Hajj, en reliant le système numérique à un certain nombre de plateformes nationales, dont la plateforme “Khadamati”, qui permet au pèlerin de consulter ses données personnelles, de compléter les procédures de paiement, de certifier le carnet d’engagements, de télécharger le passeport et le visa, dans le cadre d’un parcours unifié qui réduit la complexité et limite les déplacements.
Il a souligné que la création d’un compte spécial pour le Hajj au Trésor public a permis l’adoption du paiement numérique via les applications nationales agréées, et a consacré le principe d’équité dans le processus de paiement, en mettant fin au monopole de toute entité bancaire privée, en plus de l’annulation des prélèvements bancaires qui étaient auparavant supportés par l’État.
En ce qui concerne la vérification de l’identité, il a indiqué que la liaison de l’application du Hajj avec l’Agence Nationale du Registre de la Population et des Documents Sécurisés a permis d’inclure toutes les données d’identification du pèlerin, y compris le numéro national, les données personnelles, la photo et la bande MRZ, ce qui renforce la fiabilité des informations et réduit les erreurs.
Il a ajouté que la plateforme numérique du Hajj est désormais liée au système de visa, ce qui permet au pèlerin de consulter et de télécharger son visa dès sa délivrance par les autorités saoudiennes compétentes, ce qui s’inscrit dans la nécessité de suivre la numérisation globale adoptée par le Royaume d’Arabie Saoudite dans l’organisation du Hajj, en plus de la simplification des procédures que cela offre.
En ce qui concerne le renforcement de la transparence, M. El Weli Taha a expliqué que le secteur a adopté cette saison l’élargissement du champ d’application du tirage au sort pour inclure le plus grand nombre possible de pèlerins du secteur public, dans une démarche visant à protéger le processus de toute pratique susceptible d’ouvrir la voie aux rumeurs ou aux spéculations, et à protéger l’image du secteur.
Concernant le Hajj du secteur privé, le directeur du Hajj et de la Omra a indiqué que le ministère a travaillé à renforcer sa gouvernance en ouvrant une fenêtre numérique dédiée à l’enregistrement des pèlerins de ce secteur, ce qui permet au ministère d’avoir un accès complet aux identités, aux prix et aux services fournis.
Il a ajouté que ce processus a été renforcé par la signature d’un accord supplémentaire avec l’Union Nationale du Patronat de Mauritanie et la Fédération du Tourisme, qui définit leurs engagements envers les pèlerins sous la supervision du ministère, qui assume la responsabilité de tous les pèlerins mauritaniens sans exception.
Il a expliqué que l’accord réglemente la question des prix, car il n’est pas permis de dépasser le prix fixé pour le secteur privé, sauf en vertu d’un contrat clair indiquant les services spéciaux qui justifient l’augmentation, et que ce contrat, accompagné des données du pèlerin, doit être téléchargé via la plateforme numérique.
Il a également souligné la fixation d’un délai unifié pour les secteurs public et privé pour achever l’enregistrement des pèlerins et télécharger leurs données via le parcours électronique saoudien, soulignant que le dépassement de ce délai par le secteur privé entraîne la récupération des sièges non utilisés, afin d’éviter les spéculations, et que ces sièges seront attribués, selon le critère du mérite, en faveur de la liste d’attente résultant du tirage au sort.
Dans la partie relative aux prix, le directeur du Hajj et de la Omra a expliqué que les efforts se sont concentrés sur la réduction du coût du Hajj sans affecter la qualité des services, en tirant parti du climat de concurrence que les autorités saoudiennes ont permis entre les prestataires de services, ce qui a entraîné une réduction des prix des contrats de services de pèlerinage et de transport sur le terrain.
Il a ajouté que le contrat d’amélioration de la restauration dans les lieux saints a été abandonné, avec l’obligation pour la compagnie de services de pèlerinage, titulaire du contrat de restauration original, d’apporter les améliorations nécessaires en tenant compte du goût mauritanien, ce qui a contribué à économiser des sommes supplémentaires au profit des pèlerins.
En revanche, il a indiqué que la saison actuelle a connu des augmentations générales approuvées par les autorités saoudiennes, incluant l’assurance maladie, la supervision sanitaire et l’emplacement de Mina, en calculant la superficie des couloirs, en plus des augmentations liées aux procédures sanitaires locales, telles que les vaccins et les médicaments transportés. Il a expliqué que les prix du logement et de la subsistance à La Mecque et à Médine sont restés inchangés, en raison de l’expiration du délai légal permettant de résilier ou de réviser ces contrats sans que cela ne soit fait.
Malgré ces augmentations, M. El Wali Taha a souligné que le prix du Hajj cette saison a diminué de 7626,36 nouvelles ouguiyas par rapport à la saison dernière, précisant que si ces augmentations n’avaient pas été enregistrées, la baisse aurait pu atteindre 11612,7 nouvelles ouguiyas.
Il a ajouté que l’État a réalisé des économies financières supplémentaires non incluses dans le barème des prix, notamment les coûts de l’ambulance et du contrat de gestion des déchets médicaux, ainsi que l’annulation des prélèvements bancaires qui étaient auparavant supportés par l’État, grâce à l’ouverture d’un compte spécial pour les pèlerins au Trésor public.
Le directeur du Hajj et de la Omra a conclu que l’ensemble de ces mesures reflète un progrès significatif dans le niveau d’organisation et de préparation, et établit un parcours de Hajj basé sur la gouvernance et la transparence, garantissant une saison organisée, préservant les droits du pèlerin mauritanien et facilitant l’accomplissement de ce rite dans les meilleures conditions possibles.
De son côté, le vice-président de la Fédération du Tourisme chargé du Hajj, M. Ahmed Ely, a expliqué que le secteur privé joue un rôle central dans le processus d’organisation du Hajj, dans le cadre du partenariat existant entre le secteur des Affaires islamiques et l’Union Nationale du Patronat Mauritanien, représentée par la Fédération du Tourisme. Ce partenariat a abouti à l’émergence d’un secteur privé professionnel qui a contribué activement au développement du système de services offerts aux pèlerins.
Il a ajouté que ce partenariat a permis d’améliorer le niveau d’organisation et la qualité des services, conformément aux exigences de l’organisation du Hajj, et de renforcer la contribution du secteur privé à la réussite de cette saison.
Abordant la vision du ministère des Affaires islamiques, le vice-président de la Fédération a expliqué que le secteur privé s’est engagé dans un processus de numérisation des procédures, en créant une fenêtre dédiée sur la plateforme du ministère, ce qui permet au secteur de tutelle de contrôler et de suivre la partie du processus organisée par le secteur privé via la Fédération du Tourisme.
Il a souligné que ce mécanisme renforce la transparence du processus, grâce à l’adoption de contrats clairs qui définissent les engagements des deux parties et précisent le niveau des services convenus, garantissant ainsi la clarté des droits et des devoirs.
Il a ajouté que le secteur privé propose, en plus des niveaux de service minimum et moyen, un certain nombre de forfaits différents qui varient en fonction du niveau des services, offrant ainsi au pèlerin la possibilité de choisir en fonction de ses besoins et de ses capacités.
Dans ce contexte, le vice-président de la Fédération du Tourisme a averti les personnes souhaitant effectuer le Hajj que les délais fixés pour le début des procédures sont sur le point d’expirer, expliquant que les autorités saoudiennes ont fixé la date du 31 janvier comme dernier délai pour la saisie des contrats.
Il a affirmé, en conclusion de son intervention, que les mesures prises au cours de cette saison contribueront, inchallah, à de grands succès au niveau de l’organisation du Hajj et au renforcement de la coordination entre les différents acteurs de ce processus.
Cheikh Bay Ahmedou El Khadim