Le ministère de la santé mène actuellement une campagne contre les médicaments périmés ou non autorisés qui foisonnent sur le marché mauritanien. Cette campagne, qui s’inscrit dans la perspective de la réorganisation du secteur, en rappelle d’autres que le département avait eu à mener dans d’autres périodes.
La campagne actuelle tient à se démarquer des précédentes et à mettre fin aux manifestations du désordre et notamment à la vente des médicaments dans la rue et par des personnes non habilitées puis à interdire sa présence normale sur le marché comme s’il s’agit d’un produit inoffensif.
Le directeur de la pharmacie et du laboratoire au ministère de la santé a résumé la nouvelle politique du département en matière de pharmacie en 3 axes: la soumission de chaque importateur à l’obligation d’avoir une autorisation du ministère de la santé, du laboratoire qui fabrique les médicaments à l’agrément du même ministère et du médicament à l’autorisation du département (de la direction de la pharmacie et du laboratoire) pour chaque opération d’importation afin de s’assurer de l’enregistrement du médicament au niveau
du ministère.
Une commission, qui regroupe les secteurs concernés, a entrepris une campagne contre le commerce illicite des médicaments et constitué des groupes de supervision ayant permis de saisir de grandes quantités de médicaments périmés, une campagne qui se poursuit à travers l’intervention des services de la douane intéressant notamment les produits cosmétiques.
Les sources du ministère de la santé précisent que les produits cosmétiques et les antibiotiques constituent une grande partie des médicaments non autorisés qui envahissent le marché mauritanien, qui s’ajoutent aux autres produits saisis au niveau du commerce situé à l’ombre des arbres près du marché central de Nouakchott (comme le paracétamol, Mebendazole, Viagra, Végebum, Civic, etc.).
Concernant l’harmonisation des prix des médicaments, le directeur de la pharmacie et des laboratoires a indiqué que le ministère a recommandé auprès des laboratoires d’approvisionnement du marché national d’uniformiser les tarifs de vente pour les importateurs mauritaniens ainsi qu’à ceux de leurs collègues des pays voisins et demandé également la suppression des taxes douanières sur les médicaments pour maîtriser les prix.
Il a ajouté que les départements chargés de la santé, du commerce et de l’industrie sont en train d’élaborer un arrêté conjoint qui prenne en compte les mesures antérieures relatives à l’unification des tarifs des médicaments dans notre pays, indiquant que les pouvoirs publics procèderont à la fermeture de plusieurs dépôts pharmaceutiques ne respectant pas la loi.
Pour recueillir l’avis des responsables des pharmacies sur la question des médicaments, le gérant d’un dépôt situé au niveau de Teyarett a relevé une forte demande sur les médicaments antipaludéens, précisant que le prix des médicaments diffère selon le fabricant: (l’antibiotique Bristol fabriqué en France coûte 2.200 UM alors que son équivalent indien Kloska coûte 300 UM). Les deux médicaments sont autorisés sur le marché mais, a-t-il ajouté, la mentalité du citoyen reste handicapée par la liaison entre la qualité et le coût élevé.
Le même gérant a révélé que la plupart des dépôts disposent de cliniques où les malades effectuent des consultations, contrevenant ainsi aux textes en vigueur. Et de souligner que le nombre de pharmaciens en Mauritanie est insuffisant et que toutes les personnes travaillant dans les pharmacies n’ont aucun lien avec le domaine, alors que le pharmacien représente la protection juridique pour l’exercice de l’activité pharmaceutique du point de vue formel".
Pour sa part, le gérant d’une pharmacie voisine du centre hospitalier national indique que la différence entre les prix des médicaments dans les pharmacies situées à côté n’est pas importante, précisant que son dépôt ne vend pas les produits esthétiques où ayant des effets psychotropes et respecte les règles dictées par la direction de la pharmacie et des laboratoires.
Un citoyen El Hassan considère que les prix des médicaments ne sont pas à la portée du citoyen, ajoutant que les pharmacies des structures sanitaires publiques, qui vendaient des médicaments à des prix raisonnables ont disparu.
Il a également souligné que la vente des médicaments sous les arbres et immeubles et même sous le soleil continue de sévir, indiquant qu’il est prêt à les dénoncer.
Il est à noter que les prix des médicaments varient actuellement entre 300 UM et 4200 pour les antipaludéens et entre 200 et 4500 UM pour les antibiotiques.