{"id":33105,"date":"2013-10-08T17:16:41","date_gmt":"2013-10-08T17:16:41","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.64.2\/fr\/index.php\/2013\/10\/08\/lutte-contre-le-terrorisme-au-sahella-vigilance-avant-toutpar-ahmed-salem-moctar-salem\/"},"modified":"2022-07-04T04:16:58","modified_gmt":"2022-07-04T04:16:58","slug":"lutte-contre-le-terrorisme-au-sahella-vigilance-avant-toutpar-ahmed-salem-moctar-salem","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ami.mr\/fr\/archives\/33105","title":{"rendered":"Lutte contre le terrorisme au Sahel:La vigilance avant tout\nPar Ahmed Salem Moctar Salem"},"content":{"rendered":"<p>Pris de court par le regain d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Mali, un pays voisin, le Burkina Faso n\u2019avait d\u2019autre choix que d\u2019agir rapidement pour se pr\u00e9munir contre l\u2019ennemi rampant et invisible: le terrorisme. Des mesures rapides et efficaces ont ainsi \u00e9t\u00e9  prises aussi bien pour s\u00e9curiser les fronti\u00e8res que pour contenir le flux massif des populations fuyant la guerre \u00bb. C\u2019est le constat d\u2019une mission d\u2019information sur le terrain, du groupe de journalistes de la Cellule de Communication de l\u2019Unit\u00e9 de Fusion et de Liaison (UFL) issue des pays du Sahel (Mauritanie, Alg\u00e9rie, Mali, Niger, Libye, Burkina Faso, Tchad et Nigeria).<br \/>\nD\u2019Alger, o\u00f9 j\u2019ai directement pris l\u2019avion avec certains de mes coll\u00e8gues \u00e0 destination de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso,  plusieurs images de ce pays sah\u00e9lo-sah\u00e9lien dont la g\u00e9ographie a fait une enclave de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, d\u00e9fil\u00e8rent dans mon esprit tout au long du voyage.<br \/>\nApr\u00e8s quelques heures de vol, fini le suspens et nous voil\u00e0 au c\u0153ur de Ouaga. Il \u00e9tait 6h du matin. La ville commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 timidement \u00e0 reprendre son activit\u00e9 quotidienne. Une pluie aux gouttes fines que la douce brise \u00e9parpillait dans les airs  rafraichissait  timidement  l\u2019atmosph\u00e8re de ce petit matin.  Du coup, cela nous soulagea et la crainte de la chaleur accablante et du soleil ardent s\u2019estompa, petit \u00e0 petit, de nos esprits. Ouaga est en  pleine saison hivernale.<br \/>\nLe Burkina Faso, comme tous les pays voisins du Mali, est expos\u00e9 \u00e0 la menace terroriste. \u00ab Les groupes affili\u00e9s aux r\u00e9seaux terroristes, qui \u00e9voluent dans la zone du Sahel, viennent d\u2019occuper le nord du Mali. Nous nous sommes rendus compte que cette situation est susceptible de se r\u00e9pandre et de fa\u00e7on rapide  vers les pays voisins surtout que nous partageons de longues fronti\u00e8res l avec ce pays \u00bb, a pr\u00e9cis\u00e9 M. J\u00e9r\u00f4me BOUGOUMA, ministre en charge de la S\u00e9curit\u00e9.<br \/>\nM\u00eame si le Burkina est un pays enclav\u00e9 \u00e0 la  superficie exig\u00fce, le risque z\u00e9ro en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019existe pas et des mesures pour parer \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9 doivent \u00eatre prises pour s\u00e9curiser le pays. \u00ab Ce que le Mali a connu a secou\u00e9 le monde et tr\u00e8s vite, nous avons mis en place un groupement de lutte antiterroriste au niveau de l\u2019arm\u00e9e nationale et la police \u00bb, dit le g\u00e9n\u00e9ral Honor\u00e9 Nab\u00e9r\u00e9 TRAORE, chef d\u2019Etat-major g\u00e9n\u00e9ral des Arm\u00e9es.<br \/>\n\u00ab Cela ne suffit pas, mais il fallait agir rapidement car le ph\u00e9nom\u00e8ne est migrant. En plus de ce dispositif, nous avons mis sur pied une coordination avec les pays de la zone pour mieux suivre l\u2019\u00e9volution et contenir toute tentative d\u2019\u00e9vasion \u00bb, poursuit-il.<br \/>\nLes avantages de l\u2019enclavement<br \/>\nBien que le Burkina Faso soit constitu\u00e9 de terrains difficiles, de for\u00eats, d\u2019une partie d\u00e9sertique et qu\u2019il s\u2019\u00e9tend sur une superficie moins vaste, ce pays a l\u2019avantage d\u2019\u00eatre facile \u00e0 s\u00e9curiser et en un temps record.<br \/>\n\u00ab On a un petit territoire certes mais nous avons l\u2019avantage de pouvoir bien le contr\u00f4ler \u00bb, nous confie le ministre en charge de la S\u00e9curit\u00e9. \u00ab Si quelque chose se passe, aussit\u00f4t on est averti et en quelques heures, tout le territoire est boucl\u00e9 \u00bb, assure-t-il avec confiance. Mais cette confiance n\u2018exclue pas, pour le ministre, les craintes que le territoire ne serve de passage pour les \u00e9l\u00e9ments terroristes qui veulent se rendre dans les nouveaux territoires conquis par leurs alli\u00e9s et venir en renfort face \u00e0 la campagne de reconqu\u00eate du nord Mali que la CEDEAO et la France pr\u00e9parent.<br \/>\n\u00ab A l\u2019Est, nous avions une grande crainte que des \u00e9l\u00e9ments de Boko Haram s\u2019infiltrent et traversent vers le Mali. Des patrouilles tout au long de ces fronti\u00e8res  \u00e9taient assur\u00e9es\u00bb, dit-il.<br \/>\nLe grand banditisme et le trafic d\u2019armes et de drogue constituent eux aussi un d\u00e9fi \u00e0 relever. Des efforts dans ce sens ont \u00e9t\u00e9 entrepris dans le cadre d\u2019un plan d\u2019action s\u00e9curitaire.  \u00ab Les plus grands probl\u00e8mes auxquels nous faisons face c\u2019est le grand banditisme, le trafic de drogue et d\u2019armes dans une certaine mesure \u00bb, pr\u00e9cise le colonel Omer BATIONO, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure.<br \/>\nUne salle de gestion de crise est devenue op\u00e9rationnelle. Elle compte les corps des forces arm\u00e9es et de s\u00e9curit\u00e9 et travaille en \u00e9troite collaboration avec les d\u00e9partements concern\u00e9s comme le minist\u00e8re de la Justice et le minist\u00e8re du Transport.<br \/>\n\u00ab Nous avons mis en place un plan s\u00e9curitaire \u00e9largi \u00e0 certains d\u00e9partements autres que les d\u00e9partements s\u00e9curitaires que nous avons jug\u00e9 utile dans le travail que nous faisons. Ce plan est d\u00e9nomm\u00e9 IRA-POLE \u00bb explique BATIONO. <\/p>\n<p>Les r\u00e9fugi\u00e9s dans  un cercle vicieux<br \/>\nParmi les cons\u00e9quences de la crise au Mali, on peut relever le d\u00e9s\u0153uvrement d\u2019une grande partie de la population qui a fui la guerre. Errant de part et d\u2019autre, cette population chercha refuge dans les pays voisins avec des flux variant d\u2019une contr\u00e9e en contr\u00e9e.  Le Burkina a alors accueilli  quelques 30.000 r\u00e9fugi\u00e9s repartis essentiellement entre deux  camps, celui de Goud\u00e9bo dans les r\u00e9gions de Dori et de Sag-nioniogo situ\u00e9 \u00e0 environ une trentaine de kilom\u00e8tres de Ouagadougou.<br \/>\nD\u00e9plac\u00e9s de plusieurs points du pays pour \u00eatre regroup\u00e9s dans des lieux ad\u00e9quats, les refugi\u00e9s ne cachent pas leur amertume et leur \u00abgrande d\u00e9ception\u00bb quant aux conditions de vie  jug\u00e9es  difficiles.<br \/>\n\u00abLe Burkina nous a bien accueilli et nous a ouvert les bras mais le HCR, qui se charge du camp, ne prend  pas en consid\u00e9ration nos probl\u00e8mes. La ration alimentaire ne comporte que du riz, de l\u2019huile et des haricots et en  quantit\u00e9s r\u00e9duites qui ne nous permettent pas de subvenir \u00e0 nos besoins quotidiens\u00bb, affirme Mohamed Ag Mohamed El Maouloud, pr\u00e9sident du groupe de refugi\u00e9s du camp de Sag-nioniogo. \u00abIls ne tiennent pas compte du fait que nous sommes un peuple nomade dont la tradition alimentaire est bas\u00e9e sur la viande et le lait qui sont introuvables ici. Nous ne mangeons pas les haricots alors que le riz a besoin de beaucoup de condiments\u00bb,  explique-t-il.<br \/>\nPour Fatimata Walet Oumar, chanteuse et pr\u00e9sidente de l\u2019Union des Femmes, la souffrance a un autre visage. Son statut de refugi\u00e9e cache une longue histoire d\u2019exil cyclique devenu un cercle vicieux que sa souffrance visible exprime.<br \/>\n\u00ab Il y a des ann\u00e9es lorsque j\u2019\u00e9tais encore enfant, je jouais \u00e0 l\u2019ombre de cet arbre.  Aujourd\u2019hui, je me retrouve dans la m\u00eame situation. Je ne peux pas passer ma vie comme une \u00e9ternelle refugi\u00e9e \u00bb, l\u00e2che-t-elle, les  larmes aux yeux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pris de court par le regain d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Mali, un pays voisin, le Burkina Faso n\u2019avait d\u2019autre choix que d\u2019agir rapidement pour se pr\u00e9munir contre l\u2019ennemi rampant et invisible: le terrorisme. Des mesures<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[62476,62753,63969],"class_list":["post-33105","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","tag-nouakchott","tag-rabani","tag-tribunes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33105","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33105"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33105\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":127924,"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33105\/revisions\/127924"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33105"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33105"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ami.mr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33105"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}