{"id":216704,"date":"2023-02-19T12:59:06","date_gmt":"2023-02-19T12:59:06","guid":{"rendered":"https:\/\/ami.mr\/fr\/?p=216704"},"modified":"2023-02-20T14:53:44","modified_gmt":"2023-02-20T14:53:44","slug":"erin-pettigrew-presente-son-livre-evoquer-linvisible-islam-mediation-spirituelle-et-changement-social-au-sahara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ami.mr\/fr\/archives\/216704","title":{"rendered":"Erin Pettigrew pr\u00e9sente son livre \u00ab\u00c9voquer l\u2019invisible: Islam, m\u00e9diation spirituelle et changement social au Sahara"},"content":{"rendered":"<p>La salle de conf\u00e9rence du Conseil r\u00e9gional de Nouakchott a abrit\u00e9, jeudi apr\u00e8s midi, 16 f\u00e9vrier 2023, une c\u00e9r\u00e9monie de pr\u00e9sentation du livre \u00ab\u00ab Evoquer l\u2019invisible : islam, m\u00e9diation spirituelle et changement social \u00bb d\u2019Erin PETTIGREW, parrain\u00e9 par le Centre d\u2019\u00e9tudes et de recherches sur l\u2019ouest saharien (Ceros) et le forum des sociologues (Mauritanie). Apr\u00e8s une pr\u00e9sentation liminaire faite par Zeinabou Mint Mohamedou El K\u00e9bir, Erin PETTIGREW allait laisser libre cours \u00e0 sa verve de chercheuse ayant explor\u00e9 une mine de sources, plus orales qu\u2019\u00e9crites, en Mauritanie et au S\u00e9n\u00e9gal, pour exposer la m\u00e9thodologie suivie et livrer les \u00ab pistes \u00bb emprunt\u00e9es pour arriver \u00e0 ce remarquable opus dont la ligne de d\u00e9marcation entre la litt\u00e9rature scientifique et l\u2019approche anthropologique (ou socioculturelle) \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9ciser.<\/p>\n<p>De prime abord, Erin justifie sa \u00ab s\u00e9duction \u00bb par la Mauritanie en citant, pour les remercier, les hommes et femmes qui ont rendu possible ce travail de recherche, en conseillant et en partageant leurs savoirs sur un sujet aussi passionnant \u2013 et passionn\u00e9 \u2013 que celui du rapport de l\u2019invisible \u00e0 l\u2019islam vu \u00e0 travers la m\u00e9diation spirituelle, commun\u00e9ment appel\u00e9e ici \u00ab lehjab \u00bb et les changements sociaux qui l\u2019ont transform\u00e9e, en tant que pratique cr\u00e9ant de la valeur, \u00e0 partir d\u2019un savoir \u00e9sot\u00e9rique affirmant le d\u00e9part entre le visible et l\u2019invisible mais fondant \u00e9galement leur compl\u00e9mentarit\u00e9 cognitive.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c9voquer l\u2019invisible : Islam, m\u00e9diation spirituelle et changement social au Sahara \u00bb est un livre bas\u00e9 sur la th\u00e8se doctorale d\u2019Erin PETTIGREW qui tient \u00e0 souligner que le rendu livresque, sorti il y a deux semaines \u00e0 peine, \u00ab prend une forme tr\u00e8s diff\u00e9rente de (sa) th\u00e8se et de (son) point de d\u00e9part apr\u00e8s plusieurs \u00e9tapes \u2013 et beaucoup d\u2019ann\u00e9es &#8211; de r\u00e9visions approfondies. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est probablement le charme op\u00e9r\u00e9 par la Mauritanie sur cette ancienne volontaire du Corps de la Paix qui a pass\u00e9 deux ans dans le pays au service de cette organisation humanitaire am\u00e9ricaine, qui l\u2019avait pouss\u00e9e \u00e0 revenir, en tant que chercheuse en 2010, \u00ab voulant trouver un sujet de th\u00e8se \u00bb, comme elle dit. Une qu\u00eate du Graal qui ne sera pas sans peine puisqu\u2019Erin avoue que le sujet qu\u2019elle traite dans sa th\u00e8se, puis dans son livre, n\u2019avait rien \u00e0 voir avec son intention premi\u00e8re : \u00e9crire une histoire de la ville de Chinguetti ! Le d\u00e9clic viendra d\u2019un \u00ab dossier trouv\u00e9 aux archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 Dakar, qui parlait d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019on appelle le \u00ab sell \u00bb ou la \u00ab sellala \u00bb en Mauritanie \u00bb.<\/p>\n<p>Dans ce qui ressemble alors \u00e0 une \u00ab fixation \u00bb, plus qu\u2019\u00e0 la succession d\u2019heureux hasards, Erin \u00e9voque le cheminement d\u2019un processus d\u2019\u00e9criture qui commence par une discussion avec \u00ab l\u2019historien Ahmed Maouloud Ould Eidda \u00e0 CEROS \u00bb sur ces \u00ab sellala \u00bb dont elle n\u2019a jamais entendu parler durant ses deux ann\u00e9es de s\u00e9jour \u00e0 Chinguitti. Une mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion qui l\u2019a conduite \u00e0 comprendre, \u00ab pour la premi\u00e8re fois, le caract\u00e8re r\u00e9pandu de ce ph\u00e9nom\u00e8ne et aussi qu\u2019il \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 des sciences de protection qu\u2019on appelle l\u2019hjab, ici dans le Sahara. \u00bb Cette conversation, reconnait-elle, lui a ouvert des perspectives d\u2019\u00e9tude, en commen\u00e7ant \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 \u00ab la place de ces sciences dans la r\u00e9gion. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019hjab, une science \u00ab r\u00e9serv\u00e9e \u00bb<\/p>\n<p>Evoquer l\u2019invisible &#8211; ou l\u2019invoquer &#8211; c\u2019est d\u2019abord parler de ce \u00ab L\u2019hjab \u00bb que l\u2019on peut assimiler, en fran\u00e7ais, aux \u00ab sciences \u00e9sot\u00e9riques islamiques, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces sciences est limit\u00e9 \u00e0 ceux et par ceux qui cultivent une connaissance du Qur\u2019an et qui ont mis cette connaissance en relation avec un champ de techniques (l\u2019astronomie, la g\u00e9omancie, la num\u00e9rologie, la divination) cens\u00e9es introduire des changements dans le monde temporel \u00bb, pr\u00e9cise Erin PETTIGREW qui ajoute : \u00ab Ces sciences et les d\u00e9tenteurs de leurs secrets font partie d\u2019un syst\u00e8me de pratiques th\u00e9rapeutiques et protectrices qui r\u00e9pondent \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 physique, l\u2019angoisse sociale et les d\u00e9sirs priv\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Dans son \u00e9vocation des demandeurs de L\u2019hjab, Erin insiste sur sa \u00ab captation \u00bb sociale, l\u2019attrait qu\u2019il exerce sur diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de personnes : \u00ab des femmes c\u00e9libataires cherchant l\u2019expertise de ces m\u00e9diateurs afin d\u2019assurer un mariage en temps voulu \u00bb et qui, une fois ce d\u00e9sir exauc\u00e9, \u00ab allaient voir ces experts en demandant des carr\u00e9s num\u00e9rologiques qui garantissent la f\u00e9condit\u00e9 et la fid\u00e9lit\u00e9 des maris. Des guerriers et des \u00e9mirs r\u00e9compensaient ces experts avec des b\u00e9tails et des promesses d\u2019exon\u00e9ration fiscale. Des familles avec un enfant malade ont fait appel \u00e0 ces m\u00e9diateurs spirituels pour diagnostiquer et gu\u00e9rir des maladies provoqu\u00e9es par la jalousie des voisins\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019hjab \u00e9tait alors un instrument de puissance mais \u00e9galement de profit. Ceux qui le pratiquaient \u00ab ont su profiter du prestige et de la peur associ\u00e9s \u00e0 la manipulation de ces textes comme une arme pour terrifier leurs oppresseurs et pour am\u00e9liorer la vie de leurs disciples. \u00bb Il r\u00e9sistera longtemps \u00e0 un \u00ab discours modernisant en Mauritanie (qui) parle souvent de ces sciences comme des superstitions r\u00e9trogrades, utilis\u00e9es dans les milieux ruraux o\u00f9 les gens n\u2019ont pas beaucoup d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation moderne. Et il y a un autre type de discours islamique mondial, mais un discours qui caract\u00e9rise l\u2019hjab comme une innovation bl\u00e2mable &#8211; bida &#8211; et illicite faute de ne pas \u00eatre mentionn\u00e9e dans les sources fondamentales du savoir islamique. On d\u00e9nonce toute technique th\u00e9rapeutique ou protectrice en dehors de la r\u00e9citation du Qur\u2019an \u2013 al-ruqia al-sharia &#8211; ou les pri\u00e8res qui demandaient l\u2019aide de Dieu. C\u2019est un discours r\u00e9formiste qui cherche \u00e0 standardiser la pratique religieuse en d\u00e9non\u00e7ant la l\u00e9gitimit\u00e9 doctrinale de l\u2019hjab. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019hjab, une pratique ancienne<\/p>\n<p>Le retour \u00e0 l\u2019histoire montre que \u00ab ces d\u00e9bats (sur l\u2019invisible) ne sont gu\u00e8re neufs \u00bb. D\u00e9j\u00e0 au 14\u00e8me si\u00e8cle, Ibn Khaldoun, \u00ab d\u00e9non\u00e7ait des pratiques semblables et le jurisconsulte du 15\u00e8me si\u00e8cle al-Maghili a aussi \u00e9crit contre ces pratiques alors que son contemporain al-Suyuti permettait l\u2019utilisation des amulettes dans des circonstances sp\u00e9cifiques. Au Nig\u00e9ria, enfin ce qui est aujourd\u2019hui le Nigeria, le r\u00e9formateur Uthman don Fodio du 19\u00e8me si\u00e8cle, a distingu\u00e9 entre ce qu\u2019il appelait la sorcellerie et les sciences \u00e9sot\u00e9riques licites \u2013 mais le fait que ces d\u00e9bats perdurent montre qu\u2019il y a toujours des gens dans la r\u00e9gion qui persistent \u00e0 revendiquer une connaissance profonde de ces sciences et que d\u2019autres les sollicitent pour leurs effets b\u00e9n\u00e9fiques. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019auteur donne son interpr\u00e9tation d\u2019un tel ph\u00e9nom\u00e8ne en rappelant que les musulmans \u00ab adoptent ou rejettent certaines pratiques divinatoires ou les qualifient de l\u00e9gitimes ou pas, mais malgr\u00e9 cela, ils ne nient pas leur existence. Un principe sous-jacent \u00e0 ces d\u00e9bats est que ces forces invisibles &#8211; le secret des lettres \u2013 et des esprits musulmans et pas musulmans existent \u2026.mais ce qui est important est plut\u00f4t comment on essaie d\u2019avoir acc\u00e8s et comment on manipule et pour quelles raisons. \u00bb<\/p>\n<p>Revenant \u00e0 son projet de recherche, l\u2019auteure parle de sa volont\u00e9, d\u00e8s le d\u00e9part, de se focaliser sur \u00ab l\u2019histoire des esprits invisibles, et la mani\u00e8re dont les habitants du Sahara revendiquent, en entretenant des relations avec les esprits, une place dans la hi\u00e9rarchie sociale et un r\u00f4le politique. \u00bb S\u2019en suit alors une explication savante du mot l\u2019hjab (qui) \u00ab vient de la racine h-j-b en arabe, ce qui veut dire de voiler ou occulter et obscurcir \u00bb. Elle explique que ce terme \u00ab \u00e9voque un objectif spirituel assez bien connu des musulmans soufis de \u00ab lever le voile des sens \u00bb entre les mondes spirituel et temporel, un objectif qu\u2019ils ne peuvent accomplir qu\u2019apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 des \u00e9tudes approfondies et un d\u00e9vouement intensif. \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, ceux qui mettent en pratique \u00ab l\u2019hjab \u00bb, ces \u00ab hajaaba \u00bb, sont ceux qui habitent un espace liminaire, et qui ont acc\u00e8s aux deux mondes gr\u00e2ce \u00e0 leur connaissance profonde des sciences islamiques. Les forces invisibles font donc parties int\u00e9grales de la vie quotidienne de caract\u00e8re politique, sociale et spirituelle et elles se manifestent \u00e0 travers les carr\u00e9s num\u00e9rologiques remplies des pri\u00e8res puissantes, des symboles et des indications de comment utiliser &#8211; ou jadwaal, fuwai\u2019d &#8211; mais on pourrait aussi souligner d\u2019autres pratiques rituelles telles que la visite des saints et de leurs tombeaux pour avoir acc\u00e8s \u00e0 leurs b\u00e9n\u00e9dictions ou baraka, la divination du sable, et aussi la possession et les r\u00eaves. \u00bb<\/p>\n<p>Erin PETTIGREW rappelle que son \u00ab projet de recherche se situe fortement dans cet espace interstitiel entre les mondes divins, des esprits, et mat\u00e9riels, le th\u00e9rapeutique et le biom\u00e9dical, le Maghreb et l\u2019Afrique sous-saharienne \u00bb, qu\u2019elle emprunte aussi aux \u00ab anthropologues Paul Stoller et Vincent Crapanzano l\u2019id\u00e9e que l\u2019historienne doit elle-m\u00eame habiter l\u2019isthme (le barzakh) entre les sph\u00e8res m\u00e9taphysiques et mondaines. \u00bb<\/p>\n<p>Comme motivation profonde, elle explique que l\u2019\u00e9vocation de ces grands noms de la recherche appuie \u00ab l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faut accorder plus de consid\u00e9ration \u00e0 ces mondes d\u2019esprits et de leurs agents dans nos r\u00e9cits et qu\u2019une fa\u00e7on de faire et de prendre au s\u00e9rieux ces forces invisibles dans nos analyses scientifiques. Cela nous encourage comme historiens \u00e0 s\u2019interroger sur ce qu\u2019on qualifie comme \u00ab vrai ou v\u00e9ritable \u00bb et comment on aborde les limites de notre discipline \u00bb, ajoutant que cela lui \u00ab permet \u00e0 mieux comprendre comment les Sahariens s\u2019affrontent \u00e0 l\u2019incertitude de la vie quotidienne et \u00e0 mieux voir comment ils ont contest\u00e9 et r\u00e9sist\u00e9 aux changements importants de l\u2019\u00e9poque. \u00bb Son objectif final r\u00e9alis\u00e9 par la publication de ce livre \u00e9tait \u00ab d\u2019\u00e9crire sur un syst\u00e8me de savoir saharien qui fait face au fonctionnement du monde. \u00bb<\/p>\n<p>Avis de sp\u00e9cialistes<\/p>\n<p>Premier commentateur du livre d\u2019Erin PETTIGREW, Seyid Ould Bah se (re)trouve en terrain connu, parlant de \u00ab discours passionnant \u00bb sur un sujet peu trait\u00e9 de mani\u00e8re scientifique. L\u2019approche socioculturelle s\u00e9rieuse en fait un \u00ab travail anthropologique \u00e9vident, m\u00eame si l\u2019auteure a voulu que son livre ne prenne pas cette dimension, le sacr\u00e9 \u00e9tant \u00ab un sujet \u00e0 controverse. \u00bb<\/p>\n<p>Ce que l\u2019on consid\u00e8re comme des mythes (dans le sacr\u00e9) ont un r\u00f4le fondateur, partant de leur statut de \u00ab symbole \u00bb, souligne Ould Bah qui convoque P. Bourdieu, \u00e0 travers son remarquable travail \u00ab La production de la croyance : contribution \u00e0 une \u00e9conomie des biens symboliques \u00bb, Actes de la recherche en sciences sociales \u00bb, pour dire, que la chercheuse \u00ab nous a montr\u00e9, par l\u2019analyse, la controverse sur les sciences \u00e9sot\u00e9riques \u00bb que, aussi, \u00ab la tradition islamique, la croyance, est charg\u00e9e de rationnel \u00bb et qu\u2019on peut \u00ab \u00e9largir cette vision aux autres religions \u00bb monoth\u00e9istes. Ould Bah reconnait \u00e0 L\u2019hjab, comme Erin PETTIGREW, un r\u00f4le social de \u00ab protection et de traitement \u00bb, \u00ab valeurs \u00bb qui fondent, par la suite, le projet d\u2019Etat et sa l\u00e9gitimit\u00e9. Il pr\u00e9conise cependant \u00e0 l\u2019auteure d\u2019\u00e9largir le corpus et d\u2019expliquer la propagation de L\u2019hjab, alors qu\u2019il est connu que \u00ab la modernit\u00e9 r\u00e9cuse l\u2019invisible \u00bb.<\/p>\n<p>Mohamedou Ould Hdhana, auteur, lui aussi, d\u2019un livre sur la m\u00eame th\u00e9matique de l\u2019invisible et de l\u2019irrationnel, encourage la chercheuse et souligne qu\u2019on ne peut suivre une seule approche pour traiter de ce sujet si complexe. \u00bb Il faut, d\u00e9clare-t-il, des \u00ab croisements \u00bb, des faisceaux qui permettent d\u2019\u00e9clairer cette question qui, selon lui, rel\u00e8ve d\u2019un \u00ab ph\u00e9nom\u00e8ne qui permet aux habitants du Sahara de \u00ab remplir le vide \u00bb, de \u00ab conqu\u00e9rir l\u2019espace avec le symbole et non avec la \u00ab construction \u00bb.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Mohamed Mahmoud Ould Sidi Yahya, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Institut sup\u00e9rieur des \u00e9tudes et recherches islamiques (Iseri) trouve que le livre d\u2019Erin PETTIGREW abordant la question de la fonction et des transformations de L\u2019hjab, comme manifestation de l\u2019invisible, rel\u00e8ve d\u2019une \u00e9tude anthropologue et non de sociologie \u00ab pure \u00bb. Comme offre r\u00e9pondant \u00e0 une forte demande, la pratique, tr\u00e8s r\u00e9pandue, est \u00ab li\u00e9e \u00e0 la peur de l\u2019incertain, m\u00eame chez ceux qui ne croient plus. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est inh\u00e9rent \u00e0 toute soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat autour du livre d\u2019Erin PETTIGREW \u00ab \u00c9voquer l\u2019invisible : Islam, m\u00e9diation spirituelle et changement social au Sahara \u00bb aurait pu continuer sur plusieurs heures, chaque intervenant ayant sa propre \u00ab lecture \u00bb de la probl\u00e9matique pos\u00e9e sur cet invisible \u00ab pr\u00e9sent \u00bb impactant toute la vie sociale. La rationalisation de l\u2019irrationnel, fait remarquer quelqu\u2019un.<\/p>\n<p>Sneiba Mohamed<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La salle de conf\u00e9rence du Conseil r\u00e9gional de Nouakchott a abrit\u00e9, jeudi apr\u00e8s midi, 16 f\u00e9vrier 2023, une c\u00e9r\u00e9monie de pr\u00e9sentation du livre \u00ab\u00ab Evoquer l\u2019invisible : islam, m\u00e9diation spirituelle et changement social \u00bb d\u2019Erin PETTIGREW, parrain\u00e9 par le Centre d\u2019\u00e9tudes et de recherches sur l\u2019ouest saharien (Ceros) et le forum des sociologues (Mauritanie). 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