Un atelier de formation destiné aux producteurs de palmiers des wilayas oasiennes (Tagant, Adrar, Assaba et Hodh) a été lancé lundi dans la ville de Tijikja. Cet atelier est organisé en collaboration entre le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Dans son allocution à cette occasion, le wali du Tagant, M. Ahmedou Mamadou Kelly, a souligné que l’accueil de cet atelier par la wilaya du Tagant revêtait une grande importance compte tenu de la place qu’occupe le palmier dans le système agricole et du rôle essentiel que jouent les oasis sur les plans économique, social et culturel.
Il a ajouté que l’organisation de cet atelier s’inscrit dans la droite ligne des directives de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et notamment de ce qu’il a souligné lors de sa récente visite dans la wilaya, à savoir la nécessité de dynamiser le secteur agricole, de valoriser nos ressources locales et de renforcer le développement dans les zones oasiennes, afin de contribuer à la réalisation d’un développement durable et inclusif.
De leur côté, le vice-président de la région du Tagant, M. Yahiana Ould Ahmed Cheikh, et le maire de la commune de Tidjikja, M. Jidou Ould Manaba, ont salué l’organisation de cet atelier, qui témoigne de la bonne coopération entre notre pays et la FAO, en exprimant le souhait que les résultats de cet atelier se traduisent par un renforcement des compétences des acteurs concernés par le développement de la culture du palmier dans notre pays.
De son côté, le directeur adjoint de la Direction de la protection des végétaux au ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, M. Mohamed Seyidna Ali Saghiri, a indiqué que cet atelier visait à renforcer les capacités des producteurs et des techniciens dans les domaines des bonnes pratiques agricoles, de la surveillance phytosanitaire et de la lutte intégrée contre les prédateurs du palmier, tout en encourageant l’échange d’expériences entre les producteurs, les techniciens et les acteurs institutionnels autour des méthodes de lutte durables et de la préservation des systèmes oasiens, thèmes qui correspondent aux objectifs fixés pour l’atelier.
De son côté, M. Mohamed El Hadi Sidatt, responsable de la production et de la protection des végétaux au bureau régional de la FAO pour l’Afrique du Nord, a souligné que la rencontre n’était pas seulement une session de formation, mais bien une rencontre consacrée à l’avenir des oasis, à la durabilité de la production et à la résilience des communautés locales face aux défis climatiques et phytosanitaires.
Il a ajouté que les oasis en Mauritanie constituent un système agricole et environnemental unique, au sein duquel le palmier dattier occupe une place fondamentale. Les données disponibles indiquent la présence d’environ 2,6 millions de palmiers dattiers en Mauritanie et une production annuelle avoisinant les 24 000 tonnes de dattes.
Il a souligné que l’importance du palmier dattier ne se mesure pas uniquement à sa production : il constitue une source de nourriture et de revenus et contribue à la protection des sols ainsi qu’à la création de conditions propices à la culture des légumes, des céréales et des fourrages au sein du système oasien.
Il a toutefois souligné qu’en contrepartie, ces systèmes sont confrontés à des défis croissants, notamment les prédateurs et les maladies, la faiblesse de certaines pratiques agricoles, le manque d’eau et les changements climatiques. Les expériences passées en Mauritanie, notamment celle de la lutte contre la cochenille rouge du palmier découverte à Tidjikja en 2015, ont montré que la surveillance précoce et la lutte intégrée, avec la participation des producteurs, constituent des éléments essentiels au succès des programmes de protection des palmiers.
L’ouverture de l’atelier a eu lieu en présence du hakem adjoint de la moughataa de Tidjikja, M. Hattar Ahmed Salem El-Keihil, ainsi que des responsables du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire et des commandants des forces de sécurité et de l’armée de la moughataa.